Né le 28 mars 1892 à la Ferté-Beauharnais (Loir-et-Cher), mort en février 1945 à Dachau ; paysan communiste du Loir-et-Cher.

Fils de paysans, paysan propriétaire de huit hectares, Fernand Herpin participa à la création de la section SFIO du village de la Ferté-Beauharnais en janvier 1920 et il en devint le secrétaire. Il représenta sa section au congrès fédéral de Blois du 12 décembre 1920 qui précéda le congrès de Tours. Il était partisan de la IIIe Internationale ainsi que toute sa section.
Dans le Progrès du 14 janvier 1921, il répliqua au secrétaire général Besnard-Ferron qui, au nom de l’unité, déplorait les décisions du congrès de Tours. Dans son article intitulé « La vraie unité » et signé « le cul terreux Herpin », il déclara, à propos du congrès de Tours : « Ce que je craignais, ce n’était pas de voir le départ des éléments fromagistes, mais de voir notre gauche se laisser aller à de trop graves concessions [...]. J’aurais préféré une rupture plus brutale, plus franche. » Il se distinguait ainsi de la plupart des partisans de la IIIe Internationale du Loir-et-Cher qui restaient très attachés à l’unité du parti.
Par la suite, il apparut comme un militant actif de la Fédération SFIC : ainsi, il fut délégué par le congrès fédéral du 14 janvier 1923 au conseil national du 21 janvier. En 1926, il appartint au comité départemental du Parti. En mars 1927, il publia une série d’articles dans l’hebdomadaire communiste régional Le Travailleur sous le titre : « La Sologne agricole ». Analysant la situation des agriculteurs, il évoquait « le petit paysan travailleur sangsueré de tous côtés » ainsi que « la classe des charretiers et valets, des bonnes et vaque-à-tout, des vachers et des porchers » et il appelait à gagner « toutes ces couches du prolétariat agricole ». Un rapport de police de juin 1932 faisant état de ses activités militantes s’étonnait de ses opinions du fait qu’il était propriétaire des terres qu’il exploitait et concluait : « semble s’être adonné au communisme par snobisme » ; il notait par ailleurs : « a constitué une cellule avec toute la lie des communes voisines ». Il était alors secrétaire de la cellule de La Ferté-Beauharnais qui groupait une dizaine de membres. Voir Ed. Roguet, secrétaire du rayon de Romorantin.
Courant 1934, il organisa des réunions de la CGPT (Confédération générale des paysans travailleurs). En novembre 1934, il présenta sa candidature aux élections municipales complémentaires à la Ferté-Beauharnais, mais il ne fut pas élu. Le 3 novembre 1935, il présida une réunion de militants communistes à Blois qui visait à réorganiser le Parti en Loir-et-Cher, réunion qui fut suivie de la constitution de plusieurs cellules rurales.
En 1939, il se trouva mobilisé avec Bernard Paumier à l’atelier de chargement de Salbris. En septembre 1939, tous les deux prirent l’initiative de plusieurs réunions clandestines avec quelques autres camarades pour faire vivre le Parti devenu illégal. Rentré à la Ferté-Beauharnais, il y fut contacté par Bernard Paumier pour reconstituer le Parti en Loir-et-Cher et fit partie de sa direction clandestine en décembre 1940.
Arrêté en 1941, interné au camp de la Haute-Barde, il fut condamné en 1942, par la justice française à six mois de prison pour propagande communiste : il fut interné à la prison de Blois où il fut employé comme jardinier. À l’expiration de sa peine, il rentra chez lui. Arrêté de nouveau par les Allemands (1942 ou 1943), il fut déporté à Dachau où il mourut en février 1945.

SOURCES : RGASPI, 495 270 4079, autobiographie, La Ferté-Beauharnais, 1938, classé A1. — Arch. Nat., F7/13129, année 1932. — Arch. Dép. Loir-et-Cher, série M. — Témoignages Georges Larcade, Bernard Paumier et Carnets Cyrille Samson. — Le Progrès de Loir-et-Cher et Le Travailleur. — L. Jardel et R. Casas, La Résistance en Loir-et-Cher (Librairie de la Loire). — D. Lemaire, « Les origines du PCF en Loir-et-Cher » (Cahiers du communisme, décembre 1980).

Bibliographie : Bernard Pudal, Claude Pennetier, Le Souffle d’octobre 1917. L’engagement des communistes français, Les éditions de l’Atelier, 2017 : le chapitre 6 lui est consacré.

Didier Lemaire

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