GUILLEVIC Albert

Par Nicolas Kssis, Claude Pennetier

Né le 22 janvier 1884 ; ouvrier maçon ; militant socialiste de la Seine ; coopérateur ; directeur de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).

Mutilé d’une main, Albert Guillevic adhéra aux Jeunesses socialistes en 1901 et, l’année suivante, au Parti socialiste. Albert Guillevic avait été délégué de la Seine aux congrès de la SFIO à Paris (1910) et à Saint-Quentin (1911).

Coopérateur, il appartint à « La Prévoyante » du Pré-Saint-Gervais (Seine).

Sur le plan coopératif, il devint, en 1919, employé du Magasin de Gros (organisation du service du personnel) et il joua un rôle actif en 1921 à la Mutualité générale des coopérateurs. De 1932 à 1934, il fut directeur administratif de la « Maison de Santé » des coopérateurs parisiens, fonction dont il fut révoqué en 1935. Albert Guillevic avait été membre de la commission de propagande l’UDC de Paris.

Militant de la section socialiste du Pré-Saint-Gervais (Seine), Albert Guillevic signa la lettre à la CAP contre l’adhésion à la IIIe Internationale, le 29 juillet 1920, et la motion « pour l’unité internationale » dite motion Blum-Paoli avant le congrès de Tours. Il siégea à la CAP du Parti socialiste SFIO de 1925 à 1933 et à la CA du Populaire en 1925 et 1928 (sur la motion Vie socialiste).

Mais il s’intéressa surtout aux questions sportives et, en 1912, il adhéra à la Fédération socialiste des sports et gymnastique qui s’appela par la suite la Fédération sportive du Travail ; il en fut le trésorier (1920) puis le secrétaire. Il participa activement au départ des minoritaires socialistes en 1923, lors du congrès de Montreuil, et, avec le soutien de Charles Auray*, maire de Pantin, à la création de l’USSGT dont il était secrétaire national en 1934. Il s’investit également dans le sport ouvrier international et fut, en 1934, co-président de l’ISOS. Cet organisme international l’avait délégué au congrès de l’Internationale socialiste ouvrière en 1928. Après l’unité de 1934-1935, il fut le tête de file du courant socialiste au sein de la FSGT dont il fut un des co-président (1935-1939) au côté du communiste Auguste Delaune*. Léo Lagrange*, sous-secrétaire d’État aux loisirs dans le premier ministère Chautemps, l’appela dans son cabinet. En octobre 1939, il vota l’exclusion des ex-FST de la commission exécutive et se retrouva de ce fait seul à la direction nationale de la FSGT. Il conserva ses responsabilités pendant l’Occupation et dirigea l’USGT qui prenait la succession de la FSGT après acceptation de la charte du sport de Vichy. A la Libération, les dossiers d’épuration réalisés par Charles Le Mansois le classèrent parmi les « collaborateurs » et entraînèrent son départ.

La République libre, journal des amis de Paul Faure*, annonça son décès en octobre 1956.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87170, notice GUILLEVIC Albert par Nicolas Kssis, Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 mars 2010, dernière modification le 31 mars 2010.

Par Nicolas Kssis, Claude Pennetier

SOURCES : Le Travailleur parisien, juillet-septembre 1930. — L’Humanité. — La Vie socialiste. — République libre, n° 368, 26 octobre 1956. — Congrès socialistes nationaux. — Le Populaire, 1930-1934. — Sport, 1934-1939. — Franz Vandermissen, Le Sport ouvrier, Bruxelles, L’Églantine, 1929, 55 p. — Léon Strauss, « Le Sport travailliste français durant l’entre deux-guerres », in Les origines du sport ouvrier en Europe, L’Harmattan, 1994, 310 p. — Arch. FSGT. — Compère-Morel*, Grand Dictionnaire du socialisme, p. 364.

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