Né vers 1851 ; mort à Paris en juin 1911 ; marié, père de deux enfants ; passementier à Saint-Étienne (Loire) ; militant anarchiste et syndicaliste.

Militant actif de la chambre syndicale des passementiers, Régis Faure fut aussi un des anarchistes les plus en vue de la région de Saint-Étienne.
Il participa, comme délégué de la chambre syndicale des passementiers, au 2e congrès de la région de l’Est où il présenta les rapports concernant la femme et l’enseignement. Ce congrès, qui se tint à Saint-Étienne en juin 1881, était réuni conformément aux décisions prises par le congrès national ouvrier qui s’était ouvert à Marseille le 20 octobre 1879 et dont les travaux avaient abouti, entre autres résolutions, à la création d’un Parti des Travailleurs socialistes de France et à la division du pays en six régions.
Régis Faure fut membre de la fédération révolutionnaire de la région de l’Est qui, dès mars 1881, — quelques semaines avant la tenue à Paris du congrès régional du Centre qui marqua la scission entre socialistes et anarchistes — groupa la plupart des anarchistes de la région de l’Est, notamment les sections de Saint-Étienne, de Villefranche, de Roanne et de Lyon.
Il collabora à L’Etendard révolutionnaire, journal anarchiste qui parut à Lyon en 1882.
Le 18 juin 1882, il était, avec Toussaint Bordat, à la tête de la manifestation organisée à La Ricamarie (Loire) à l’occasion de l’anniversaire de la fusillade des mineurs de la Loire qui fit treize morts et des blessés dans la nuit du 16 juin 1869. Les manifestants forcèrent les portes du cimetière que d’accord avec le préfet le maire avait fait fermer. Arrêté quelques jours après, Régis Faure fut condamné à dix jours de prison pour complicité de bris de clôture et violation de sépulture ; un mois de prison fut infligé à Bordat.
Régis Faure fit partie de la délégation qui représenta la fédération révolutionnaire à une réunion anarchiste, de caractère international, organisée sur l’initiative d’Élisée Reclus, à Genève, les 13 et 14 août 1882 — Voir Bordat Toussaint ; les résolutions prises confirmèrent celles du congrès de Londres du 14 juillet 1881, à savoir : séparation la plus nette possible entre le mouvement anarchiste et les partis dits révolutionnaires, autonomie absolue des groupes « dans l’application des moyens qui leur sembleront les plus efficaces » (Le Révolté, 19 août 1882).
Régis Faure fut impliqué dans le procès, dit « Procès des 66 », qui s’ouvrit à Lyon, devant le tribunal correctionnel, le 8 janvier 1883, à la suite des violentes manifestations des mineurs de Montceau-les-Mines, d’août 1882, et des attentats à la bombe perpétrés à Lyon en octobre 1882 (Voir Bordat T.). Il fut condamné le 19 janvier 1883 à quinze mois de prison, 200 francs d’amende et cinq ans de privation des droits civiques ; cette peine fut réduite par arrêt de la cour d’appel de Lyon, le 13 mars 1883, à un an de prison, 100 francs d’amende et cinq ans de privation des droits civiques.
À sa libération en janvier 1884, il fut fêté par les compagnons. Il reprit son activité militante, à la fois syndicaliste, anarchiste, coopératrice. On le trouve mêlé aux luttes anarchistes et syndicales de la région stéphanoise. Il fut arrêté, à titre préventif, la veille du 1er mai 1890, à nouveau arrêté en 1892, à la veille du procès de Ravachol. En 1899, il fut l’un des organisateurs de la grève générale de la passementerie à Saint-Étienne que marquèrent de violents incidents entre la troupe et les manifestants. Coopérateur actif, il anima l’Union des travailleurs, coopérative de consommation créée en 1878.

SOURCES : Arch. Dép. Loire 10 M 2, M 77 à 80, M 107, M 122, 19 M 1, M 6, M 11, M 20, 93 M 52. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883.

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