BERTHELOT Pierre, Marie

Né le 10 avril 1878 à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) ; mort à Tours (Indre-et-Loire) le 15 avril 1971 ; ouvrier frappeur aux ateliers du chemin de fer de l’État ; militant syndicaliste.

Fils de petits maraîchers, Pierre Berthelot exerça plusieurs métiers avant d’accomplir son service militaire. C’est en 1903 qu’il entra à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest en qualité de manœuvre. Il commença à militer vers 1907 et fut secrétaire du syndicat CGT de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Révoqué et emprisonné six mois en 1910 pour faits de grève, il bénéficia finalement d’un non-lieu et, fut réintégré en décembre 1911. Employé comme frappeur aux ateliers d’Orléans (Loiret) à partir du 20 juin 1912, il fut secrétaire général de l’UD-CGT du Loiret de 1916 à 1921. Le 28 mai 1917, il avait été l’objet d’une perquisition — on recherchait des tracts antimilitaristes — mais sans résultat. À cette occasion le commissaire spécial d’Orléans rédigea le rapport suivant :
« La vie privée de Berthelot est exempte de reproches ; c’est un ouvrier adroit, ponctuel, sobre, d’une tenue soignée ; ses paroles et ses actes à l’atelier sont empreints d’une correction qui ne s’est jamais démentie.
« Dans les réunions, il est un auditeur froid, très réservé dans ses appréciations ; syndicaliste convaincu, il est intelligent et passe pour très tenace.
« Lorsqu’il prend la parole, il devient violent et n’est plus maître de lui-même ; doué d’une élocution facile, il s’emporte dès les premiers applaudissements et perd toute mesure [...]
« Très assidu, Berthelot assiste à toutes les conférences des syndicats de la région. Il ne se lasse pas de faire de la propagande et ne ménage ni ses paroles ni sa peine.
« Très dévoué à tous ceux qui formulent des revendications, Berthelot est très estimé de toute la population ouvrière.
« En cas de soulèvement, cet individu, inscrit au carnet B, doit être considéré comme très dangereux, étant partisan de l’action directe et de l’insurrection [...] ».
Pierre Berthelot fut à nouveau révoqué des chemins de fer de l’État après les grèves de 1920. Accueilli, après une période où il travailla comme bûcheron, par l’Union départementale de la Manche qui lui offrit un emploi dans sa Maison du Peuple de Cherbourg, il fut proposé et élu, par le congrès de cette organisation du 29 janvier 1922, au poste, nouveau, de permanent secrétaire adjoint à la propagande. Il devait s’atteler à cette tâche durant deux ans, parcourant tout le département, se chargeant du secrétariat du syndicat des métaux, moribond, et représentant plusieurs fois l’Union au comité confédéral national. Le congrès départemental du 27 janvier 1924 l’élut secrétaire général, successeur de Burnouf qui décidait de se consacrer aux activités industrielles de l’Union, désormais statutairement séparées de l’action syndicale. La préparation des élections législatives de 1924 semble avoir requis toute son énergie, sans que se manifeste son éventuelle appartenance à la SFIO. Il publia notamment un appel à voter socialiste dans le numéro du 8 mai 1924 de L’Avenir de la Manche, organe de l’Union départementale.
Réintégré aux chemins de fer de l’État à Tours en 1924 il quitta Cherbourg au début de septembre, laissant l’intérim du secrétariat général de l’Union à Charles Grandguillotte. Secrétaire général du syndicat des cheminots de Tours-État, il devint, en 1930, membre de la CA de l’UD d’Indre-et-Loire. Après la démission de H. Thomas, il fut présenté par son syndicat au secrétariat général de l’UD-CGT, mais fut battu par Marcadon (51 voix contre 43 et 4 abstentions).
Berthelot prit sa retraite en octobre 1934, mais continua à militer d’une part comme secrétaire de la section syndicale des retraités PO et État, d’autre part comme orateur propagandiste de la CGT réunifiée.
Pierre Berthelot s’était marié à Tours le 14 février 1930 avec Marie Joulin

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article863, notice BERTHELOT Pierre, Marie, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 26 janvier 2012.

ŒUVRE : P. Berthelot (y a-t-il identité ?), L’Évangile de l’heure, Publication des Temps nouveaux, n° 54, 1912, 24 p.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13000, F7/13001 et F7/13606, rapport du 5 décembre 1917. — L’Avenir de la Manche. — La Touraine syndicaliste, 1930-1936.

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