Né le 30 novembre 1892 à Gudas (Ariège), mort le 23 juillet 1981 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ; homme d’équipe puis chef de train à Toulouse (Haute-Garonne) ; membre de la direction de la Fédération CGT des cheminots (1944-1953) ; militant communiste.

Né dans une famille d’ouvriers agricoles en viticulture, fils d’une fille de service, "fille mère", André Séguy fut élévé par sa mère et son beau-père, ouvrier agricole qu’il aima comme son père. Il reçut une instruction primaire et travailla comme « viticulteur » avant d’entrer au chemin de fer. Il participa en 1907 aux manifestations des vignerons du Languedoc. Il vécut à Comigne (Aude) jusqu’à sa mobilisation le 2 septembre 1914, qui ne prit fin qu’en 1919. Il entra alors à la Compagnie du Midi à Toulouse comme homme d’équipe à l’essai et fut commissionné un an plus tard. Il accéda au grade de wagonnier en avril 1924, à celui de conducteur en mars 1927, puis fut nommé chef de train en 1937, grade qu’il occupait lorsqu’il prit sa retraite en septembre 1950.
André Séguy avait participé aux grèves de février et mai 1920 et avait été sanctionné. Révolté par son expérience de la guerre, il avait donné son adhésion au Parti socialiste, et sans doute à l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), et s’était déclaré favorable à la IIIe Internationale. Il avait rejoint le Parti communiste aussitôt après le congrès de Tours.
Les cheminots formaient la seule corporation ouvrière toulousaine où la CGTU disposât d’une audience supérieure à celle de la CGT. Le commissaire spécial de la ville constatait en mai 1929 que le syndicat unitaire du Réseau Midi « compte de jeunes militants qui font preuve, dans tous les compartiments de la lutte syndicale, de connaissances et de bon sens ». André Séguy en était alors le trésorier adjoint.
André Séguy fut candidat communiste aux élections municipales du 5 mai 1929 à Toulouse puis aux élections législatives de mai 1932, dans la circonscription de Villefranche-de-Lauragais, où l’implantation communiste était inexistante. Aussi son score se limita à vingt-cinq voix (0,19 % des inscrits). Le PC le présenta aux élections cantonales d’octobre 1934, à Toulouse-Ouest.
À l’époque du Front populaire, Séguy eut des responsabilités nationales dans la Fédération CGT des cheminots et représenta son syndicat à la commission permanente des quarante heures. Il était secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Toulouse aux côtés de Raoul Bourrel, qui était secrétaire général dans le bureau élu en 1937. En 1940, il devint secrétaire de secteur des cheminots de la CGT illégale ; il sera sans doute remplacé dans cette tâche par Joseph Dumont, peut-être après février 1944 quand il partira pour Limoges.
Pendant l’Occupation, il resta en contact permanent avec la direction communiste régionale clandestine. Il siégea au bureau de l’Union départementale CGT. Après l’arrestation de son fils Georges Séguy le 3 février 1944, il passa dans l’illégalité et fut chargé de reconstituer la direction communiste à Limoges. Son travail concernait les départements Haute-Vienne, Creuse, Dordogne, Corrèze et Cantal. À la Libération, la CGT lui demanda de rester quelque temps en Haute-Vienne pour mettre en place l’Union départementale. Il revint à Toulouse le 10 octobre 1944.
La Fédération CGT des cheminots l’invita aussitôt à prendre le secrétariat de la Section technique nationale (STN) Agents des trains, qu’il représenta au bureau fédéral de 1945 à 1951. Il fut ensuite secrétaire de la Fédération des retraités et membre du bureau fédéral de 1951 à 1953, puis membre du bureau national de la Fédération des retraités jusqu’en 1961 ou 1963. De 1955 à 1960, il représenta les retraités au bureau de secteur de Toulouse. Très attaché à l’unité, il termina son intervention devant le congrès de décembre 1953 par un vibrant plaidoyer : « Il faudra faire beaucoup d’efforts et pour que ces efforts se concrétisent par une victoire, alors je vous en prie, essayez de réaliser au maximum l’unité totale de la classe ouvrière. »
André Séguy siégea au bureau national de l’Amicale des vétérans du Parti communiste à partir de 1958. Marié en novembre 1920 avec Gabrielle Moulouga, sans profession, il avait trois enfants : Alice née le 5 octobre 1921, Denise née le 8 juin 1923, qui épousera Roland Foucard, secrétaire général de l’UD-CGT du Val-de-Marne, et Georges né le 16 mars 1927. Ces deux derniers, Georges Séguy surtout, eurent d’importantes responsabilités syndicales et politiques. Denise fut maire adjoint de Champigny et Georges, secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, secrétaire général de la CGT et membre du bureau politique du Parti communiste français.

SOURCES : Arch. Nat., F7/12679 et 12986. — Arch. SNCF de Béziers. — Archives de la Fédération CGT des cheminots : déclaration d’André Séguy pseudonyme « Hector », précisant qu’il a été responsable du secteur de Toulouse sous le contrôle de la CGT illégale. — Registres du secteur et du syndicat CGT de Toulouse. — La Voix des travailleurs, 1932-1934. La Tribune des cheminots. — Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez, 1er mai 1966. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Georges Séguy, Lutter, Stock, 1975. — Notes diverses. — Témoignage écrit d’André Séguy. — Christian Langeois, Georges Séguy. Syndicaliste du XXe siècle, Les Éditions de l’Atelier, 2018.

Marie-Louise Goergen, Jean Maitron et Claude Pennetier

Version imprimable de cet article Version imprimable