TRENTA Hyacinthe, Jules, dit TRENTA cadet

Par Maurice Moissonnier

Né le 17 août 1857 à Rives-sur-Fures (Isère) ; mort à Lyon le 31 mars 1897 ; frère de Trenta Joseph ; mécanicien ; militant anarchiste lyonnais.

La famille Trenta, originaire de la province d’Aoste, vint se fixer à Lyon vers 1864, et le père, Pierre Joseph Trenta, mourut à l’Hôtel-Dieu le 3 septembre 1869. Son frère Joseph Trenta fut un actif militant anarchiste.

Les deux frères devinrent l’un et l’autre d’excellents ouvriers, spécialisés dans la fabrication d’instruments de chirurgie et d’instruments vétérinaires, et l’un et l’autre entrèrent en 1881 à la fédération révolutionnaire lyonnaise.

Hyacinthe Trenta fut élu, le 30 juillet 1882, au titre d’ancien « actionnaire » du journal Le Droit social, membre de la commission exécutive chargée à la fois de l’administration du nouveau journal L’Étendard révolutionnaire et de la direction de la fédération révolutionnaire.
Il fit partie des douze compagnons de Lyon, délégués de la fédération révolutionnaire, à une réunion anarchiste de caractère international qui eut lieu à Genève les 13 et 14 août 1882, réunion organisée par la fédération jurassienne sur l’initiative d’Élisée Reclus.

La police l’arrêta le 19 novembre 1882, avec vingt-cinq de ses compagnons de la fédération révolutionnaire, à la suite des violentes manifestations des mineurs de Montceau-les-Mines, d’août 1882, et des attentats à la bombe perpétrés à Lyon, en octobre 1882. Impliqué dans le procès, dit « Procès des 66 » qui s’ouvrit à Lyon, devant le tribunal correctionnel, le 8 janvier 1883, Trenta fut rangé dans la première catégorie des prévenus (Voir Bordat Toussaint). Il fut condamné, le 19 janvier 1883, à un an de prison, 100 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils.

Au moment où il terminait sa peine, sous le coup d’un arrêté d’expulsion il signa, le 14 janvier 1884, l’engagement de se conformer désormais « aux lois et règlements de la République française ». Il obtint l’annulation conditionnelle de son expulsion en partie grâce à l’intervention des professeurs de la Faculté de médecine et de l’école vétérinaire peu soucieux de perdre avec lui un excellent ouvrier capable de mettre au point les appareils délicats dont ils avaient besoin.

Hyacinthe Trenta cessa effectivement tout contact visible avec les anarchistes. Le 14 juillet et lors des visites à Lyon du président de la République il pavoisait ostensiblement et affichait des sentiments républicains bon teint.

Cependant, il s’adonnait de plus en plus à la boisson et ses facultés s’altéraient. En janvier 1897, la police s’inquiéta de nouveau ; n’avait-il pas télégraphié au Libertaire et à Sébastien Faure ? En fait, c’était pour annoncer aux compagnons, dont il se souvenait tout à coup, qu’il avait trouvé le mouvement perpétuel par émotion générale.

Quelques mois après, il mourait en pleine dégénérescence alcoolique.

Marié, il éleva un enfant, fils naturel de sa femme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article86101, notice TRENTA Hyacinthe, Jules, dit TRENTA cadet par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 décembre 2010.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Dép. Rhône 4 M 3 et 4 M 19. — M. Massard, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894, DES, Lyon, 1954. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883.

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