SAUVÉ Émile (fils)

Par Claude Pennetier

Né le 13 janvier 1875 à Sermaises (Loiret), mort le 28 octobre 1958 à Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise) ; cheminot conducteur électricien ; militant socialiste, syndicaliste et coopérateur.

Fils d’Émile Sauvé, mécanicien aux chemins de fer, et frère de Maurice Sauvé, Émile Sauvé, aîné de dix enfants d’un premier lit, reçut une instruction primaire. Il s’engagea dans l’infanterie coloniale et fit ses classes en Indochine à Saïgon. En revenant du service militaire, il entra comme manœuvre au dépôt de Paris de la compagnie Paris-Orléans. Il suivit des cours d’électricité qui lui permirent de devenir conducteur-électricien sur la ligne Orsay-Juvisy.
Comme son père, il fut à la fois socialiste, syndicaliste et coopérateur. Membre du Parti socialiste SFIO depuis 1905, il militait à la Fédération des mécaniciens et chauffeurs dont il devint le secrétaire général avant la grève d’octobre 1910, mouvement qui provoqua sa révocation, puis au Syndicat national des travailleurs des chemins de fer dirigé par Eugène Guérard et Marcel Bidegaray.
Émile Sauvé entra plus tard aux PTT avant d’être réintégré à la Compagnie des chemins de fer d’Orléans en 1916, à l’époque où Marcel Sembat était ministre des Travaux publics. Il avait été un temps secrétaire administratif du Syndicat national des agents des lignes PTT. Militant actif de la 13e section socialiste de Paris, il se présenta aux élections municipales de 1912 dans le quartier de la Salpêtrière et aux élections législatives de 1914 dans la 1re circonscription du XIIIe (Croulebarbe et Salpêtrière).
Pendant les premiers jours de la Première guerre mondiale, Émile Sauvé géra la « Soupe populaire » organisée par l’Union des syndicats de la Seine au 117 boulevard de l’Hôpital. L’armée l’affecta à la défense du camp retranché de Paris à Goussainville (Seine-et-Oise) puis le démobilisa lors de sa réintégration à la compagnie PO en 1916. Il fut envoyé à la manutention des combustibles à Bordeaux (Gironde) et devint secrétaire du syndicat des cheminots de Bordeaux jusqu’à son retour à Paris-Austerlitz en 1919.
Il fut nommé membre du Comité provisoire d’exploitation des grands réseaux le 15 octobre 1919 puis membre du Conseil supérieur des chemins de fer. Conducteur mécanicien, membre de la commission exécutive de l’Union des syndicats du PO, Émile Sauvé dirigea la délégation du syndicat de Périgueux lors de la grève de janvier 1920 et participa à toutes les entrevues avec le directeur du PO et le ministre des Travaux publics. Membre de la commission exécutive et du conseil fédéral de la Fédération nationale des cheminots, il fut désigné comme secrétaire du comité de grève lors du conflit de février 1920, avec Léon Coudun de la Compagnie de l’Est, mais démissionna de ce poste après un désaccord sur l’arbitrage du président du conseil. Il n’eut plus dès lors de fonctions syndicales en dehors de la participation à des délégations pendant la grève de mai. S’il ne fut pas révoqué, il reçut un blâme accompagné d’une sanction financière et d’une rétrogradation de classe dans sa catégorie professionnelle.
Émile Sauvé tirait un bilan très négatif de l’action de Gaston Monmousseau et de ses amis au cours des grèves : « J’attends qu’ils soient libres pour les accuser ouvertement », aurait-il déclaré le 2 août 1920 au congrès du PO. Il fut alors élu secrétaire général de l’Union PO.
Il ne prit pas part aux luttes qui divisèrent la Fédération des cheminots en 1921 entre Fédération Montagne et Fédération Semard. Par la suite, il appartint à la CGT mais s’abstint longtemps de toute participation syndicale active. Il accepta cependant d’être secrétaire administratif de l’Union des syndicats des cheminots des compagnies secondaires.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article8524, notice SAUVÉ Émile (fils) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 janvier 2012.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13602, 13665, 13689. — Annie Kriegel, Aux origines du communisme français, 1914-1920, 2 tomes, Paris, Mouton, 1964. — Renseignements communiqués par Maurice Sauvé.

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