RETIÈS Alexandre

Né et mort à Paris : 12 octobre 1852-7 août 1894 ; militant socialiste de Paris ; conseiller municipal.

Fils d’un ouvrier boutonnier, lui-même ouvrier boutonnier en corne, Alexandre Retiès habitait avec sa mère, impasse du Saumon (Paris, XXe arr.) de 1861 à 1887 (il y payait un loyer annuel de 200 F. en 1871). Militant syndical au syndic de la chambre syndicale des boutonnier, il était également militant politique comme membre du comité électoral radical du XXe arr. dont il fut expulsé en 1877 puis comme membre du Comité Trinquet. Il présida de nombreuses réunions publiques dans l’arrondissement et notamment la fameuse réunion de la rue Saint-Blaise le 16 juin 1881 où Gambetta furieux, dominant les ruées des partisans de Retiès, leur lança le fameux : « Esclaves ivres, je vous poursuivrai jusque dans vos repaires... ». Retiès adhéra au PO dès sa constitution et se rangea aux côtés des possibilistes dans la FTSF, lors de la scission de 1882. Il fut membre du Comité national de la FTSF en 1885. Après un échec, en 1884, dans le XXe arr. (Père-Lachaise) où il était opposé à [Édouard Vaillant->24386], il fut élu conseiller municipal de Paris dans le quartier Saint-Fargeau, en 1887 avec 21,56 % puis 33,13 % des voix (il habitait alors 257 av. de la République), et réélu en 1890 (avec 32,69 % puis 42,08 % des voix) et en 1893 (avec 32,88 % puis 39,87 % des voix). Son refus de suivre les allemanistes avait provoqué des remous avec son comité (dirigé par Delurier) qui envoya sa démission en blanc et troubla ses réunions pendant quelques mois. Quelques mois avant sa mort, le président de son nouveau comité (Jubrot) le dénonça également et fomenta une scission dans le groupe du XXe.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article84906, notice RETIÈS Alexandre, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 22 juin 2018.

SOURCES : Bibl. Nat., Notes biographiques..., op. cit. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes III, pp. 163 à 171, passim. — Michel Offerlé, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément