RENAUD Jean [anarchiste lyonnais]

Né à Lons-le-Saunier (Jura) le 27 novembre 1841 ; anarchiste lyonnais.

Célibataire, J. Renaud vécut avec une femme dont il eut trois enfants. Le 1er novembre 1867, il avait été condamné, par le tribunal correctionnel, à quinze jours de prison pour coups et blessures. En 1882, ancien sous-officier du 70e régiment de ligne, décoré de la médaille militaire (il sera privé du port de cette médaille et rayé des matricules par décret le 9 juillet 1885), il habitait Lyon, appartenait à la fédération révolutionnaire lyonnaise et donnait à son domicile des leçons d’escrime à ses amis politiques. Le 22 octobre 1882, il présidait une réunion à Lyon et déclara que la dynamite se ferait entendre dans la soirée, annonçant ainsi l’attentat de Bellecour commis quelques heures après. Risquant des poursuites judiciaires, il quitta Lyon dans la soirée du 23 octobre et gagna Genève, puis changea fréquemment de résidence. La cour d’assises du Rhône le condamna par défaut, le 6 décembre 1882, à deux ans de prison et 3 000 f d’amende. Impliqué dans le procès, dit « Procès des 66 » qui s’ouvrit à Lyon devant le tribunal correctionnel, le 8 janvier 1883, Renaud fit partie des prévenus de la deuxième catégorie (Voir Bordat Toussaint). Il fut condamné par défaut, le 19 janvier 1883, à cinq ans de prison, 2 000 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils.

Renaud revint à Lyon en 1884 et vécut caché avec sa famille. Mis en éveil par les recherches dont il était l’objet, il se rendit à Marseille où sous un faux nom il prit part à de nombreuses menées révolutionnaires. Soupçonné d’un vol de dynamite, il fut arrêté, transféré à Lyon, jugé le 27 mai 1885 et condamné à dix-huit mois de prison, 100 f d’amende et cinq ans de privation des droits civils. Un décret du 8 janvier 1886 l’ayant gracié du reste de sa peine, il revint à Lyon le 17 janvier 1886 et chercha sans succès du travail.

C’est alors qu’il décida de gagner Paris où il trouva à s’embaucher comme ouvrier métallurgiste à l’usine des Produits chimiques de Saint-Denis où il fit la connaissance de l’ingénieur Paul Reclus, neveu d’Élisée Reclus, en compagnie duquel il gagna Bessèges (Gard) et trouva du travail à la Compagnie des Fonderies et Forges.

Renaud organisa alors la chambre syndicale des Travailleurs réunis de Bessèges, association qui était un véritable groupe anarchiste (Renaud était lui-même correspondant du journal anarchiste Le Révolté), s’étendant aux professions les plus variées : mineurs, vanniers, métallurgistes, commerçants, cordonniers, horlogers, etc. Cela lui valut de nouveaux désagréments et il fut renvoyé de la Compagnie le 17 mai 1886 ; il quitta Bessèges le 28.

Renaud était noté par la police comme très intelligent et agitateur dangereux au tempérament très exalté, s’occupant de politique révolutionnaire ainsi que de mouvements grévistes qu’il cherche à déterminer dans les localités où il passe et où il répand le journal communiste anarchiste Le Révolté. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article84874, notice RENAUD Jean [anarchiste lyonnais], version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 27 mars 2013.

SOURCES : Arch. Dép. Gard, 6 M 1414 (1). — Arch. Dép. Rhône, 4 M 2. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle de la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883.

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