RENARD Victor

Né à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 8 février 1864 ; mort à Thumeries, près de Lille (Nord) en octobre 1914 pendant l’occupation allemande et en plein bombardement » (L’Information ouvrière et sociale, 13 avril 1919) ; militant socialiste (guesdiste) ; secrétaire de la Fédération du Textile.

Aîné de treize enfants, V. Renard quitta l’école à l’âge de onze ans pour entrer, l’année suivante, dans une filature de Reims (Marne), ville où son père s’était fixé. Dès 1880, il participait à l’action syndicale et, à dix-sept ans, était « percepteur » (trésorier) du syndicat des tisseurs. Mis à l’index, il dut se faire marchand ambulant de bonneterie ; il quitta Reims pour Saint-Quentin (Aisne) en 1887 ou 1888. Toujours marchand ambulant, il poursuivit son action syndicale et politique au service du POF et assura la parution de la Défense des Travailleurs, journal de même titre que celui auquel il avait collaboré dans la Marne. Il fut délégué au congrès international de 1889. En 1891, il se fixa à Fourmies (Nord) où il transféra le siège du journal. Toujours dans la misère, il alla habiter Roubaix en 1894. Deux ans plus tard, enfin, il obtint un emploi stable dans les services de la mairie socialiste de Lille.
De 1890 à la guerre, Renard fut de presque tous les congrès syndicaux tenus sur le plan national : IVe, octobre 1890, à Calais ; VIe, septembre 1894, à Nantes ; XIVe congrès national corporatif — 8e de la CGT — septembre 1904, à Bourges ; XVe, octobre 1906, à Amiens ; XVIe, octobre 1908, à Marseille ; XVIIe, octobre 1910, à Toulouse ; XVIIIe, septembre 1912, au Havre. Militant guesdiste, il participa également aux congrès nationaux du POF puis du PS de France en 1890, 1891, 1892, 1893, 1894, 1899, 1900, 1901, 1902, 1904. Il fut enfin délégué aux congrès socialistes de Japy (1899) et de Wagram (1900) et à plusieurs congrès du Parti socialiste SFIO : Limoges, novembre 1906, Nancy, août 1907, Nîmes, février 1910.
En 1903, au 5e congrès de la Fédération du Textile tenu à Saint-Étienne, Renard fut élu secrétaire de la Fédération. Il fit paraître, le 1er novembre 1903, l’Ouvrier textile et dirigea de nombreuses grèves, dans le Nord, en 1903, 1904, 1909, 1910, dans les Vosges en 1905. Mais c’est surtout par ses interventions au congrès d’Amiens en 1906 que Renard retint l’attention au sein et hors du congrès en déposant un texte demandant que des relations, s’établissent, permanentes ou occasionnelles entre la CGT et le Parti socialiste SFIO. Aux militants dont la majorité prétendait ne pas faire de politique, Renard fit remarquer qu’en préconisant l’antimilitarisme, l’antipatriotisme et l’abstention électorale, ils faisaient de la politique, une politique libertaire et qu’ainsi ils ne respectaient pas les opinions de tous les syndiqués. Sa motion fut repoussée par 736 voix contre 34. Un mois plus tard, au congrès socialiste tenu à Limoges, Renard et son inspirateur, Jules Guesde, furent mis en minorité, à la suite des interventions de Vaillant et de Jaurès qui préconisaient la coopération entre syndicats et Parti et non la subordination des premiers au second selon la thèse guesdiste.
En 1909, Renard adhéra au comité d’union syndicaliste créé par les réformistes et collabora à L’Action ouvrière (1er octobre 1909-15 avril 1910).
Au XVIIIe congrès national corporatif, Le Havre, 16-23 septembre 1912, il proposa à nouveau à la CGT d’établir des liens permanents avec le Parti socialiste, mais la résolution d’Amiens fut confirmée par la quasi-unanimité des délégués qui réaffirmèrent la volonté syndicale d’autonomie et d’indépendance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article84866, notice RENARD Victor, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 8 février 2013.

SOURCES : Compère-Morel, Grand Dictionnaire socialiste, p. 716. — La CGT, op. cit. — G. Lefranc, Le Mouvement syndical sous la 3e République, Paris, 1967, pp. 138-142. — R. Brécy, Le Mouvement syndical en France, op. cit. — H. Dubief, Le Syndicalisme révolutionnaire, Paris, 1969. — Cl. Willard, Les Guesdistes, Paris 1965.

ICONOGRAPHIE : La CGT, op. cit., p. 121. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, op. cit., p. 22.

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