HENRY Gustave

Par Yves Lequin

Né à Grenoble (Isère), le 24 janvier 1853 ; mort en 1917 ; ouvrier gantier, puis cordonnier ; militant syndicaliste et socialiste (?) de l’Isère.

G. Henry fut, pendant une vingtaine d’années, une personnalité fort indépendante, plus qu’un dirigeant du mouvement ouvrier à Grenoble (Isère) et dans sa région. Vers 1890, il était considéré comme un « anarchiste-socialiste » (?), spécialiste de la grivèlerie et des provocations à la force publique, pour lesquelles il avait été condamné deux fois ; il militait aussi à la Libre Pensée et conduisit au 1er Mai la délégation ouvrière auprès du conseil municipal. En décembre 1891, il quitta la chambre syndicale de la Ganterie pour fonder une nouvelle organisation qui, elle, admettait les ouvriers italiens ; peu après, il participa aux négociations avec le patronat pour obtenir la libre disposition des rognures de peaux. En mars, il avait assisté à la réunion anniversaire du 18 mars 1871, et c’était un participant assidu des meetings anarchistes ; mais, en octobre 1892, il présida le compte rendu de mandat des délégués grenoblois au congrès du POF.
Plus que d’un changement d’opinion, c’était là le signe d’un éclectisme qui fit de G. Henry un des animateurs de la poussée syndicaliste-révolutionnaire à Grenoble dans les années 1900, où on le retrouve à la tête de toutes les manifestations de rue ; en 1904, il fut délégué au congrès de la Fédération nationale de la ganterie, à Saint-Junien (Vienne). Au début de 1907, il était considéré comme l’un des antimilitaristes et des révolutionnaires les plus dangereux de l’Isère ; il avait d’ailleurs été condamné — quand ? — à six mois de prison pour avoir prôné la propagande par le fait. Il était devenu secrétaire du syndicat des cordonniers, était très lié avec David et Sorrel et, avec eux, participa à la création, en avril 1907, de l’Union des syndicats ouvriers de Grenoble et de l’Isère, refuge des syndicalistes révolutionnaires chassés de la Bourse du Travail ; il était l’un des conférenciers les plus écoutés de l’Université populaire qu’ils avaient fondée et qui constituait le principal organisme de propagande libertaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article81458, notice HENRY Gustave par Yves Lequin, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Yves Lequin

SOURCES et BIBLIOGRAPHIE : Arch. Nat. F7/12 768. — Arch. Dép. Isère, 75 M 3, 75 M 4, 75 M 9, 75 M 36, 75 M 43 et 76 M I. — P. Barral, Le Département de l’Isère sous la Troisième République, Paris, 1962.

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