Né vers 1867 ; manouvrier à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) ; condamné en 1885 à dix ans de travaux forcés pour acte terroriste.

Gueslaff fut victime de la provocation de l’ouvrier mineur Brenin, indicateur au service du commissaire de police Thévenin chargé de mettre fin aux agissements d’une organisation secrète désignée communément sous le nom de la Bande noire et qui sévissait dans la région de Montceau-les-Mines. Entrée en action au mois d’août 1882, la bande se livra à une série d’attentats à la dynamite contre des édifices religieux, attentats qui reprirent l’année suivante et se multiplièrent à partir du mois d’août 1884 ; ils étaient dirigés contre les croix, les églises, les maisons des dirigeants des mines. Alors que les actes terroristes de 1882 n’étaient pas le fait d’anarchistes conscients, les dynamiteurs de 1884 envoyaient des adresses au journal anarchiste Le Révolté qu’ils signaient : l’Affamé, la Dynamite, la Suppression des Bourgeois, le Revolver à la main.
Pour découvrir les terroristes, Brenin organisa lui-même un attentat qu’il fit exécuter le 7 novembre par Gueslaff à qui il remit une bombe et un revolver. Pris sur le fait au moment où il déposait une charge de dynamite au domicile d’un marqueur de la compagnie des mines de Blanzy, Gueslaff tira et blessa trois gendarmes. Arrêté et se jugeant trahi, il dénonça les auteurs des précédents attentats.
Le 26 mai 1885, 32 accusés comparurent devant la cour d’assises de Saône-et-Loire. Trois mois plus tôt, le 19 février, le commissaire Thévenin était mort à l’asile d’aliénés de Bourg (Ain) ; il n’avait cessé de répéter dans sa folie : « L’échafaud se dresse devant moi ! Le bourreau vient (...) ma tête va tomber... ».
Mes Laguerre et Millerand défendirent les accusés ; dix furent condamnés : Gueslaff, à dix ans de travaux forcés ; Hériot, ouvrier mineur, à vingt ans de travaux forcés ; Jacob, dit Grandjean, ouvrier mineur, à douze ans de travaux forcés ; Serprix Philibert, manœuvre, à huit ans de travaux forcés ; Brenin Claude à cinq ans de travaux forcés ; Serprix Gilbert, ouvrier mineur, à quatre ans de prison ; Langrand, Lauvernier et Martin à la même peine ; Laugerette, à deux ans de prison. Le journal Le Révolté, 11-17 février 1888, annonça une réduction de peine de quatre ans pour Hériot et Jacob et de deux ans pour Gueslaff et Serprix Ph. En 1898, le journaliste Leyret du journal L’Aurore écrivait : « Il y a encore en Nouvelle-Calédonie trois condamnés politiques graciés il y a trois ou quatre ans, et qui, en dépit de leur grâce, ne pourront jamais rentrer en France : ce sont les ouvriers mineurs Hériot, Jacob et Serpris (sic), tous trois condamnés dans le procès de Montceau-les-Mines » (L’Aurore, 2 janvier 1898).

SOURCES : Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste..., op. cit. — A. Bataille, Causes criminelles et mondaines, 1885. — Gazette des Tribunaux, mai-juin 1885.

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