Né le 20 mai 1847 au Bois d’Oingt (Rhône) ; ouvrier cordonnier à Lyon (Rhône) ; membre de la Fédération révolutionnaire.

Fils de Jean-Marie Dupoisat, cultivateur vigneron demeurant au Bois-d’Oingt lieu du Bourg et de Claudine Brossette.
Jean-Marie Dupoisat appartint à la Fédération révolutionnaire de la région de l’Est, qui, en mars 1881 — c’est-à-dire quelques semaines avant la tenue à Paris du congrès régional du Centre qui marqua la scission entre socialistes et anarchistes — groupait la plupart des anarchistes de la région de l’Est.
Le 6 juin 1881, il fut signataire du Manifeste des révolutionnaires socialistes lyonnais adressé aux différents congrès régionaux (du Parti ouvrier) dans lequel les anarchistes s’affirmaient adversaires de toute autorité et de toute candidature « réactionnaire, républicaine ou même collectiviste ».
Dupoisat collabora au Droit social, 12 février-23 juillet 1882, puis à l’Étendard révolutionnaire, 30 juillet-15 octobre 1882, qui lui succéda. Il dirigeait alors la section socialiste révolutionnaire de la Guillotière.
Il fut arrêté le 19 novembre 1882, ainsi que de nombreux militants de la Fédération révolutionnaire, et impliqué dans le procès, dit Procès des 66, qui s’ouvrit à Lyon devant le tribunal correctionnel le 8 janvier 1883 à la suite des violentes manifestations des mineurs de Montceau-les-Mines et des attentats à la bombe perpétrés à Lyon en octobre 1882. L’accusation avait classé les prévenus en deux catégories, selon l’importance des charges retenues contre eux (Voir Bordat*). Dupoisat, prévenu de la 1re catégorie, fut condamné, le 19 janvier 1883, à un an de prison, 100 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils, peine réduite en appel le 13 mars 1883 à huit mois de prison, cinquante francs d’amende et cinq ans de privation des droits.
À l’expiration de sa peine, Dupoisat cessa de militer dans les rangs anarchistes.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 4 M 17. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon 1883. — Notes de Gaëlle Charcosset.

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