Né le 1er mai 1884 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; mort le 21 août 1944, à l’hôpital d’Eaubonne (Seine-et-Oise) ; marié à Louise Kaiser ; père d’un enfant ; condamné à la peine de mort le 28 février 1913 par la cour d’assises de la Seine, peine commuée en celle des travaux forcés à perpétuité ; gracié, il revint en France. Voir Bonnot.

Impliqué dans l’affaire Bonnot, quand Peemans et Caby, employés à la Société générale, le reconnurent comme étant leur agresseur dans l’attentat de la rue Ordener, à Paris, du 21 décembre 1911. Arrêté le 29 février 1912, Dieudonné comparut le 3 février 1913 avec les rescapés de la bande Bonnot, devant la cour d’assises de la Seine. Bien que Garnier d’abord, Bonnot ensuite l’aient innocenté, Caby maintint ses accusations : « Je jure que c’est lui [...] je le jure sur la tête de ma petite fille. C’est vous mon agresseur » (Gazette des Tribunaux, 9 février). En vain, Dieudonné protesta de son innocence ; il fut condamné à la peine de mort. La sentence prononcée, Callemin, qui venait d’être lui-même condamné à la même peine, déclara être, avec Garnier, l’auteur de l’agression contre Caby, Dieudonné ne se trouvant pas rue Ordener. Cette déposition arrivait trop tard. La peine de Dieudonné fut commuée en celle des travaux forcés à perpétuité. Au bagne, il tenta plusieurs fois de s’évader. Il y réussit le 6 décembre 1926 ; il fut gracié après les campagnes d’A. Londres et de Louis Roubaud et s’établit alors décorateur fabricant de meubles dans le faubourg Saint-Antoine et écrivit La Vie des Forçats que préfaça Albert Londres. Les anarchistes du Libertaire lui reprochèrent d’avoir abandonné les thèses anarchistes, et un des leurs, Loréal, rendit compte de l’ouvrage dans un article très critique, du 27 décembre 1930. Deux années plus tôt, en septembre 1928, Dieudonné avait participé au 14e banquet de la revue libertaire du docteur Pierrot, Plus loin.

ŒUVRE : La Vie des Forçats, Paris, 1930, 256 p., Bibl. Nat. 8° Z 22008 (II, 22).

SOURCES : Arch. PPo., B a/1 643. — Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste..., op. cit. — Gazette des Tribunaux, 3, 4, 28 février 1913. — L’En Dehors, n° 112, début juillet 1927. — Le Libertaire, 27 décembre 1930. — Témoignage de son fils Pierre, 21 mai et 4 juin 1969.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., E a/141.
Version imprimable de cet article Version imprimable