DERVIEUX Jean Célestin

Forgeron ; anarchiste lyonnais.

Dervieux fut gérant de l’hebdomadaire anarchiste La Lutte sociale fondé en août 1886. Pour accroître les ressources du journal, les rédacteurs organisèrent une tombola dont les lots principaux étaient un mousqueton, un revolver, un pistolet et un couteau de chasse ; le tirage eut lieu le 26 septembre 1886 ; Dervieux, gérant, fut condamné par le tribunal correctionnel de Lyon, le 8 octobre, à 16 f d’amende pour avoir, sans autorisation, organisé une loterie ; sur appel du ministère public la peine fut élevée à 100 f d’amende et quinze jours de prison. Le journal, qui connaissait déjà des difficultés financières, ne put se relever de ce nouveau coup et cessa de paraître après le sixième numéro daté 2 octobre 1886.
Dervieux fut membre du « Groupe de la Guillotière et des Brotteaux » le plus important des groupes anarchistes lyonnais créés au début de l’année 1890 (Voir Blonde).
Dans le but de remédier à l’éparpillement des groupes anarchistes lyonnais et de rattacher leur « Parti » à un ensemble régional plus vaste, Dervieux et le compagnon Puillet se rendirent à Vienne (Isère), le 5 juillet 1890, sur l’invitation des militants de cette ville ; il s’agissait d’étudier une éventuelle fusion des groupes de Lyon et de Vienne. Les travaux aboutirent à l’élaboration d’un texte que signèrent les vingt-trois délégués présents à Vienne, texte qui indiquait qu’il était fondé une fédération centrale des forces anarchistes locales dont le siège serait à Vienne ; mais cette fédération centrale était mort-née.
Dervieux, Puillet et Hugonnard représentèrent les anarchistes lyonnais à un congrès des groupes anarchistes de la région organisé à Genève par les anarchistes de la ville au mois d’août 1890 en vue de regrouper les anarchistes sur le plan régional. Le congrès décida la création d’une Fédération internationale des revendications prolétariennes. Il en fut de cette fédération comme de la fédération centrale, elle n’eut aucun succès auprès des militants.
Fin avril 1890, Dervieux avait dû fuir en Suisse pour échapper aux arrestations opérées en vue de prévenir de possibles manifestations dans la ville de Lyon, à l’occasion du 1er mai.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article79979, notice DERVIEUX Jean Célestin , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 15 novembre 2011.

SOURCE : M. Massard, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894, DES, Lyon, 1954.

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