DENONFOUX Stéphane

Par Maurice Moissonnier

Polisseur sur métaux, 47, rue Louis-Blanc à Lyon (Rhône) ; militant syndicaliste et guesdiste.

Membre actif de la chambre syndicale de l’Union de la Métallurgie, Denonfoux fut délégué, avec Bernard, pour représenter son organisation au congrès constitutif de la Fédération nationale des Syndicats (Lyon 11-16 octobre 1886).
Il fut désigné comme l’un des cinq secrétaires du congrès et y prit la parole deux fois. Le 11, il défendit l’idée d’une Fédération des syndicats : « Nous sommes sous le joug de la coalition des jouisseurs du Capital, faisons donc la coalition des souffrants par le Capital » ; et il réclama l’abolition de la loi Dufaure contre l’Internationale : « Disons entre nous que nous avons tous le même but : l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes ».
Le 14 il intervint en faveur de la journée de huit heures et son exposé s’inspirait nettement des thèses marxistes : loi tendancielle du capitalisme qui réduit le salaire au minimum nécessaire, armée de réserve du Capital, etc., et Engels était nommément cité. La véritable solution, dit-il, « c’est l’application sincère du socialisme, c’est la mise en fonction de la force productive, mais alors au bénéfice de la classe ouvrière ».
L’année suivante, Denonfoux représenta encore les ouvriers en instruments de musique et les plombiers appareilleurs lyonnais au deuxième congrès de la Fédération nationale des Syndicats (Montluçon, octobre 1887). Il intervint les 23, 25, 26 et 28 octobre en faveur de la journée de huit heures et d’une législation des syndicats. Il fit adopter une motion pour l’amnistie des condamnés politiques dans tous les pays.
Son activité sur le plan politique fut moins importante. Il figura cependant parmi les délégués guesdistes au congrès régional de Neuville-sur-Saône (1er mars 1885) au cours duquel la majorité socialiste imposa son programme aux forces de gauche du département du Rhône, ce qui provoqua le départ des radicaux socialistes du congrès d’unification.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article79942, notice DENONFOUX Stéphane par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Nat. F7/12 491 (liste des délégués, Montluçon, 1887 : le nom est orthographié Denonfroux). — Arch. Dép. Rhône, 10 M 864/4. — Compte rendu des congrès syndicaux de 1886 et 1887.

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