REINIER Roger, Élie, Michel

Par Antoine Olivesi

Né le 11 janvier 1903 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 6 août 1973 à Volx (Alpes-de-Haute-Provence) ; employé puis cheminot ; secrétaire du syndicat chrétien des cheminots CFTC (Union provençale).

Son grand-père s’appelait Reynier, mais des transcriptions inexactes transformèrent le nom de son père en Reinier. Fils d’un jardinier et métayer dans diverses banlieues alors rurales de la vallée de l’Huveaune, qui vint habiter le quartier ouvrier de la Capelette, Roger Reinier fit ses études à l’école Saint-Joseph et obtint son certificat d’études primaires puis son brevet élémentaire. Fin 1920, il entra à la Banque Bonnasse et adhéra aussitôt au syndicat chrétien de la Banque. Au cours de son service militaire, il passa en 1924 un examen d’entrée au PLM. Libéré fin 1924, il travailla encore quelque temps à la banque puis entra au PLM, en 1925. La CFTC n’étant pratiquement pas implantée dans le syndicalisme cheminot marseillais de l’époque, il adhéra pendant quelques mois à la CGT.
Mais l’année suivante, le passage à Marseille d’un militant chrétien, Maly, l’incita à adhérer à la Fédération des syndicats professionnels des cheminots de France et des colonies (Union PLM), affiliée à la CFTC. Très rapidement, Roger Reinier devint secrétaire général du syndicat des cheminots de Marseille, puis secrétaire régional, membre du bureau de l’Union PLM et conseiller fédéral. Sur les conseils de l’évêque de Marseille, Roger Reinier élargit son champ d’activité. Il devint président du groupe des cheminots catholiques de La Capelette, quartier voisin de la gare du Prado, puis président de la Fédération des Unions professionnelles catholiques du diocèse de Marseille qui regroupait les cheminots, les fonctionnaires, les postiers, les traminots, les employés de banque et de la police, les infirmières, etc.
À partir de 1926, Roger Reinier participa à toutes les grèves sur le plan local et régional. Il dut faire face à l’hostilité des syndicats unitaires et confédérés avec lesquels il cohabitait à la Bourse du Travail. Roger Reinier participa, sans exception, à tous les congrès d’Unions régionales (dans le cadre des anciens réseaux) et aux congrès nationaux. Il organisa notamment un congrès de l’Union du PLM à Marseille. En 1936, il devint président de l’Union locale des syndicats chrétiens à la Bourse du Travail, accomplissant plusieurs voyages de propagande dans toute la zone du réseau PLM et dans le Midi de la France pour y développer les conceptions chrétiennes du mouvement ouvrier.
Dès 1940, Roger Reinier quitta toutes ses fonctions pour entrer dans la Résistance. Il devint trésorier général du Comité d’entraide des cheminots, collectant et reversant chaque mois une aide aux familles des cheminots emprisonnés ou fusillés. Il s’employait à empêcher le départ des jeunes au STO en les faisant s’embaucher dans ses services ou les faisant travailler à mi-temps. Arrêté par la Gestapo, avec trois collègues, le 24 décembre 1943, il fut interné à la prison Saint-Pierre jusqu’en janvier 1944. Il fut libéré grâce aux pressions de ses supérieurs peu de temps avant la déportation massive des résistants. Rescapé du bombardement meurtrier du 27 mai 1944, il était alors contrôleur technique à la SNCF.
À la Libération, Roger Reinier reprit ses responsabilités syndicales et fut désigné par l’UD au comité de Libération des Bouches-du-Rhône. À ce titre, il participa à la commission régionale d’épuration des cheminots, désignée par la SNCF, ainsi qu’à celle des journalistes, au nom du CDL. Il siégea aussi à la commission départementale de reconstitution des organisations syndicales. Il fut également membre de droit des Cours de justice. Il refusa la médaille de la Résistance. Adhérent du MRP, il fut plusieurs fois candidat à des élections législatives, municipales et au conseil général, en octobre 1945 et en avril 1955. À cette dernière élection, il s’affirma « hostile au capitalisme libéral comme au totalitarisme communiste [...], partisan d’un régime social, économique et politique [...] respectueux des valeurs spirituelles [...] dans la liberté et la justice ». Il ne fut jamais élu, mais, en qualité de suppléant, il fut appelé à remplacer un conseiller municipal de son parti et siégea ainsi à l’Hôtel de ville jusqu’au renouvellement de 1953. De 1948 à 1951, il fut membre du Comité national du MRP et présida pendant cinq ans la Fédération marseillaise de ce mouvement.
Demeuré en liaison avec la CFTC, il prit sa retraite en 1963 avec le rang d’inspecteur honoraire de la SNCF. Roger Reinier était alors président de l’Union régionale des cheminots cadres CFTC. Lors de la fondation de la CFDT, il resta fidèle à la CFTC et poursuivit son action au sein du groupement régional des retraités de cette dernière.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article7986, notice REINIER Roger, Élie, Michel par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 29 décembre 2011.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Dép. Bouches du Rhône, M 2/III/1. — Indicateur marseillais, 1936. — La Paix sociale dans la Justice, organe de l’Union provençale CFTC. — Rens. fournis par le militant.

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