Né le 5 novembre 1849 à Replonges (Ain) ; cordonnier, il habitait, 67, rue de Chartres, à Lyon. Militant anarchiste lyonnais, frère de Dejoux François.

Marié, sans enfants, Louis Dejoux appartint à la Fédération révolutionnaire de la région de l’Est, qui, en mars 1881 — c’est-à-dire quelques semaines avant la tenue à Paris du congrès régional du Centre qui marqua la scission entre socialistes et anarchistes — groupait la plupart des anarchistes de la région de l’Est.
À titre de gérant du Droit social, le premier journal anarchiste fondé à Lyon, il fut condamné en mai 1882, par la cour d’assises du Rhône, à un an de prison et 200 f d’amende pour des articles glorifiant l’acte de Fournier, jeune ouvrier sans travail âgé de dix-neuf ans qui, le 24 mars 1882, avait tiré à Roanne sur le patron Bréchard.
Dejoux représenta la Fédération révolutionnaire à un congrès de la Fédération jurassienne tenu à Lausanne le 4 juin 1882, congrès au cours duquel Élisée Reclus proposa d’organiser à Genève dans le courant du mois d’août une réunion anarchiste de caractère international.
Dejoux s’était déjà réfugié en Suisse quand il fut impliqué dans le procès, dit Procès des 66, qui s’ouvrit à Lyon devant le tribunal correctionnel, le 8 janvier 1883, à la suite des violentes manifestations des mineurs de Montceau-les-Mines d’août 1882 et des attentats à la bombe perpétrés à Lyon en octobre 1882. Selon l’importance des charges retenues contre eux, l’accusation avait classé les prévenus en deux catégories (Voir Bordat). Dejoux, prévenu de la 1re catégorie fut condamné par défaut, le 19 janvier 1883, à deux ans de prison, 1 000 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 4 M 2 et 4 M 3. — Jean Maitron, Histoire du mouvement anarchiste en France, (1880-1914) — M. Massard, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894, DES, Lyon, 1954. — Le procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883.

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