CHAUVIN René, Auguste, Jean [député]

Par Justinien Raymond

Né le 23 mars 1860 à Vion (Sarthe), mort à Plaisir (Seine-et-Oise) le 23 avril 1936 ; garçon coiffeur ; militant socialiste ; député de la Seine.

Fils d’un combattant de juin 1848 et d’abord galibot dans les mines de Montperthuis, près de Sables, Chauvin arriva jeune à Paris où il apprit le métier de coiffeur qu’il exerça en qualité de salarié. Après avoir animé une lutte contre les bureaux de placement en 1881, il fut un des fondateurs, en 1882, de la chambre syndicale des ouvriers coiffeurs de Paris. Mis à l’index, il ouvrit un salon artisanal de coiffure et, plus libre, il entra aussi dans l’action socialiste, milita dans l’agglomération parisienne du POF et fut assez en vue pour appartenir au conseil national de ce dernier dès 1893 et à la commission exécutive du PS de F. de 1902 à 1905.

En 1893 il résidait au 79 rue des Archives (Paris, IIIe arr.). Il participa à la plupart des congrès du POF et du PS de F. (sauf ceux de 1901 et 1903), aux congrès des salles Japy (1899) et Wagram (1900), aux congrès internationaux de Londres (1896) et de Paris (1900). Il demeura constamment fidèle au guesdisme, suivit le POF dans le Parti socialiste de France en 1901, puis, en 1905, dans la SFIO.

Il était délégué de la Marne au congrès d’unité à Paris (avril 1905). Du congrès de Chalon-sur-Saône (octobre 1905) au congrès de Limoges (novembre 1906), il appartint à la CAP du Parti socialiste unifié : il refusa le renouvellement de son mandat pour raison de santé. Sa période de grande activité était terminée.

R. Chauvin fut un actif propagandiste et son action ne se limita pas à la région parisienne : il porta la parole socialiste dans maints départements et notamment dans la Sarthe, son pays natal. On fit souvent appel à lui au temps où il était député de la Seine. Il accomplit une seule législature, de 1893 à 1898, comme représentant de la 5e circonscription de Saint-Denis (Puteaux, Nanterre). Il y avait été élu au second tour de scrutin par 5 183 voix sur 13 174 votants ; au premier tour, il avait devancé, avec 3 381 voix, trois autres candidats socialistes qui en recueillirent 1 221, 638 et 361. En 1898, seul candidat socialiste, il rassembla 8 323 suffrages sur 19 954 votants et fut néanmoins battu au second tour avec 9 296 voix sur 18 992 votants. En 1900, il fut tête de liste aux élections municipales de Puteaux.

Il reprit ses activités professionnelles et fonda un Bulletin hebdomadaire des coiffeurs de France, organe d’une agence de vente de fonds de commerce qui cessa de paraître en décembre 1901.

Aux élections législatives de 1902, Chauvin obtint 1 094 voix contre 4 935 à Millerand dans la 1re circonscription du XIIe arr. de Paris. Il continua à militer jusqu’en mars 1914, date à laquelle il quitta le Parti socialiste. De santé délicate, il survécut néanmoins longtemps à la fin de son activité politique.

Il était membre du Parti d’unité prolétarienne (PUP) avant sa mort survenue en 1936.
Sa première épouse, âgée de 27 ans seulement, mourut en juillet 1900. Ses obsèques au cimetière de Vincennes furent l’objet d’une manifestation socialiste relatée par Le Socialiste du 15 juillet 1900. Son fils Jean-René Chauvin issu d’un deuxième mariage fut un militant militant trotskyste actif.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article79000, notice CHAUVIN René, Auguste, Jean [député] par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 5 janvier 2018.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : Sans-Patrie, Paris, 1894.

SOURCES : Arch. Ass. Nat. dossier biographique. — Ch. Vérecque, Dictionnaire du Socialisme, op. cit., pp. 64 et 450. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes III, op. cit. pp. 139 et 143. — Comptes rendus des congrès socialistes. — Cl. Willard, Les Guesdistes, op. cit., p. 612.

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