Né le 13 décembre 1873 à Motta-Visconti en Lombardie ; guillotiné à Lyon le 15 août 1894 ; ouvrier boulanger ; anarchiste italien.

Santo Caserio. Arch. Préfecture de Police
Jean Maitron, Ravachol et des anarchistes, René Julliard, 1964
Le 28 juin 1894, à Lyon, au cours d’une visite officielle faite à l’occasion de l’Exposition universelle, Sadi Carnot, président de la République, était frappé à mort par un jeune anarchiste italien, Caserio. En portant son coup de poignard, le meurtrier s’était écrié : « Vive la Révolution ! » puis « Vive l’Anarchie ! » Il était aussitôt arrêté.
Caserio Santo Jeronimo était l’avant-dernier d’une famille de cinq enfants. Son père était batelier. D’abord apprenti cordonnier dans son village, le jeune Santo travailla ensuite chez un boulanger de Milan. Il devint anarchiste vers l’âge de dix-huit ans. Accusé d’avoir distribué des tracts antimilitaristes à la porte des casernes, il fut arrêté en avril 1892 ; faute de preuves, il recouvra la liberté. Au printemps de l’année 1893, il quitta Milan pour échapper au service militaire ainsi qu’à une condamnation à huit mois de réclusion pour propagande antimilitariste que prononça contre lui la cour d’appel de Milan. Il gagna la Suisse et séjourna trois mois à Lugano. Puis il passa en France et, le 21 juillet 1893, il arrivait à Lyon où il fréquenta l’anarchiste Sanlaville. De Lyon, il se rendit à Vienne (Isère) où il travailla ; à Cette (Hérault), ensuite, cù il s’embaucha chez un boulanger. C’est dans cette ville que germa dans son esprit l’idée d’accomplir « un grand exploit ». Ayant appris la prochaine visite du président de la République à Lyon, il décida brusquement que ce dernier serait la victime et prit toutes dispositions pour mener à bien son projet. Le 23 juin 1894, dans la matinée, il acheta un poignard chez un armurier de Cette, et l’après-midi gagna Montpellier. De là, par chemin de fer, il se rendit à Vienne et c’est à pied qu’il arriva à Lyon, le 24 juin dans la soirée. Quelques heures plus tard il accomplissait son acte.
Le 2 août, il comparaissait devant la cour d’assises du Rhône. Le procès fut sans histoire. À ses juges, Caserio affirma avoir agi de sa propre initiative. Condamné à mort, il fut guillotiné le 15 août.
Le geste de Caserio allait être le dernier acte marquant de la propagande par le fait.

SOURCES : Arch. Nat. F7/12 511. — Arch. PPo., B a/996. — Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste en France, op. cit. — J. Berthoud, mémoire de maîtrise, Lyon, 1969, sous la direction de M. Gadille (L’attentat contre Carnot et ses rapports avec le mouvement des années 90).

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., B a/996.
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