QUESTERBERT Edmond, Emile

Par Louis Botella

Né le 22 décembre 1922 à Etel (Morbihan), mort le 29 septembre 2001 à Guérande (Loire-Atlantique) ; commis trafic puis contrôleur ; secrétaire de la Section technique nationale Exploitation de la Fédération FO des cheminots (1956-1960) ; secrétaire fédéral puis secrétaire général adjoint puis secrétaire fédéral (1969-1977) ; membre du conseil d’administration de la SNCF (1974-1977) ; représentant de la confédération CGT-FO au Conseil économique et social (1969-1974) ; militant socialiste.

Edmond Questerbert était le fils d’un douanier. Commis trafic en gare de Paris-Batignolles, il fut responsable, en 1951, de la Section technique locale Exploitation du syndicat de Paris-Ouest-Rive droite. Secrétaire du secteur de Paris-Ouest en 1952, en remplacement de Camille Le Tulzo, il participa aux congrès de l’Union Ouest en avril 1952 à Nantes et en mai 1954 à Toulouse. Au cours du dernier congrès, il fut élu membre du conseil national. Lors du congrès fédéral de 1954 à Toulouse, couplé avec les congrès des unions, il intervint à la tribune pour souligner l’importance de la formation syndicale et la faiblesse des cotisations syndicales. En novembre 1954, lors de la conférence nationale Exploitation, il fut élu membre du comité technique national Exploitation en sa qualité de secrétaire de la branche régionale Ouest.
Le 6 mars 1956, le bureau fédéral lui demanda d’assurer l’intérim de Georges Wasselin, alors secrétaire général de la Section technique nationale Exploitation, élu secrétaire général de l’Union Nord. En octobre 1957, la conférence nationale le reconduisit dans cette tâche et il en fut de même en avril 1960. Mais en août de la même année, à la suite de la réussite d’un examen, il fut nommé contrôleur adjoint (agent de maîtrise) et contraint, suite au changement de filière imposé, d’abandonner sa fonction de secrétaire général à Serge Peinaud, son adjoint et responsable de la branche Sud-Ouest.
Lors du congrès de l’Union Ouest, tenu en juin 1956 à la veille du congrès fédéral à Mulhouse, il fut élu secrétaire de cette union, mandat qui sera renouvelé en avril 1958 à Saintes. Le 20 décembre 1956, le bureau fédéral mit en place un certain nombre de secrétaires régionaux chargés de coordonner les activités de plusieurs secteurs. Edmond Questerbert fut désigné à Nantes pour s’occuper des secteurs du Mans, de Nantes et de Rennes. Il fut remplacé le 26 juin 1959 par René Aubin. En sa qualité de secrétaire général de la Section technique nationale (STN) Exploitation, il siégea au bureau fédéral dès avril 1956 et le mois suivant, il attaqua, dans cette instance, André Lafond pour son appartenance au Comité de salut et de renouveau de l’Algérie nouvelle.
Lors du congrès confédéral d’octobre 1956, Edmond Questerbert vota en faveur de la motion minoritaire sur l’Algérie, qui réclama la libre détermination du peuple algérien à disposer de lui-même, un cessez-le-feu et des négociations rapides entre la France et les nationalistes algériens.
Les 15 et 16 septembre 1958, il fut mis sur la sellette, ainsi que Roger Bodeau et Henri Pradal, pour avoir pris publiquement position, lors du référendum de septembre 1958, sur la nouvelle constitution en laissant suivre son nom du qualificatif « militant syndicaliste FO ». Un communiqué fut publié : « Les membres du bureau fédéral regrettent cette position à caractère nettement politique, qui risque de semer le trouble dans un certain nombre de syndicats. »
En avril 1959, il fut élu secrétaire fédéral par le conseil national, en remplacement d’André Lafond, démis de ses fonctions en raison de son comportement lors des événements de 1958 en Algérie. Lors de la nouvelle répartition des tâches, effectuée le 25 septembre 1959 par le bureau fédéral, il eut en charge les secteurs suivants : STN Exploitation et STN Agents des trains, auxiliaires, habillement du personnel, la rédaction du Mémento syndicaliste (publication interne destinée aux militants). L’année suivante, il fut chargé de la coordination de l’ensemble des STN.
Il fut réélu au poste de secrétaire fédéral lors du congrès de juin 1961 à Puteaux et lors du congrès de juin 1967 à Issy-les-Moulineaux. Lors du congrès fédéral de décembre 1969 à Montrouge, il accéda au poste de secrétaire général adjoint, créé lors de ces assises. Afin de permettre d’assurer une bonne transition entre les générations, il abandonna ce mandat, lors du congrès d’avril 1976 également tenu à Montrouge, au profit de Daniel Iarovay et resta secrétaire fédéral jusqu’à son départ à la retraite en 1977. Il représenta sa fédération au conseil d’administration de la SNCF de 1974 à 1977 et représenta la confédération FO au Conseil économique et social de septembre 1969 à août 1974.
Il fut un membre actif de la SFIO qu’il quitta en 1959 pour adhérer dans un premier temps au Parti socialiste autonome (PSA) puis en 1960 au Parti socialiste unifié (PSU). Il adhéra par la suite au PS. Il fut chevalier dans l’Ordre national du Mérite.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article7841, notice QUESTERBERT Edmond, Emile par Louis Botella, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 8 mai 2012.

Par Louis Botella

SOURCES : Arch. Fédération CGT-FO des cheminots. — Arch. CHT, fonds CGT-FO 165. — Le Rail syndicaliste, 1958-2001. — Comptes rendus des congrès confédéraux de 1954 à 1969. —Renseignements communiqués par Louis Buonaccorsi. — Notes de Marie-Louise Goergen et de Noël Mazet.— Etat civil.

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