BONNET Félicien

Né à Saint-Marcellin (Isère) le 1er septembre 1845 ; fils naturel de Victorine, Mélanie Bonnet ; marié ; ouvrier menuisier, il habitait 12, montée Saint-Barthélemy à Lyon (Rhône) ; militant anarchiste.

Après l’écrasement de la Commune et la réaction sociale qui s’ensuivit, Bonnet milita parmi les républicains lyonnais du Comité central, puis au sein de l’Alliance des radicaux socialistes. Il ne semble pas y avoir trouvé beaucoup de satisfactions et, le 4 février 1882, lors d’une réunion tenue salle de l’Élysée à Lyon, il expliquera que, par dégoût, il s’est converti aux idées abstentionnistes et anarchistes.
Bonnet avait adhéré à la fédération révolutionnaire de la région de l’Est, qui, en mars 1881 — c’est-à-dire quelques semaines avant la tenue à Paris du congrès régional du Centre qui, dans le Parti ouvrier, marqua la scission entre socialistes et anarchistes — groupait la plupart des anarchistes de la région de l’Est. Il fut successivement membre du conseil d’administration du Droit social, journal ouvrier d’union dont les anarchistes parvinrent à se rendre maîtres, et de la commission exécutive de la fédération qui assuma en même temps la direction du journal l’Etendard révolutionnaire. Il présida le 10 juin 1882 la réunion au cours de laquelle fut organisée la manifestation qui, à la Ricamarie, dégénéra en incidents et au cours de laquelle Bordat fut arrêté et condamné.
Arrêté le 19 novembre 1882, avec vingt-cinq de ses compagnons, à la suite des violentes manifestations des mineurs de Montceau-les-Mines d’août 1882 et des attentats à la bombe perpétrés à Lyon en octobre 1882, il fut impliqué dans le procès, dit Procès des 66, qui s’ouvrit à Lyon, devant le tribunal correctionnel le 8 janvier 1883. Bonnet fut classé dans la deuxième catégorie des prévenus (Voir Bordat Toussaint). Le tribunal le condamna, le 19 janvier 1883, à quinze mois de prison, 200 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils. Cette peine fut réduite, le 13 mars 1883, par arrêt de la cour d’appel de Lyon, à un an de prison, 100 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils.
Après avoir purgé sa peine, Bonnet semble avoir relâché son action militante jusqu’en 1891, date à laquelle il s’efforça de créer un groupe anarchiste et de trouver un lieu de réunion dans le faubourg de Vaise. Le 22 avril 1892, cette reprise d’activité lui valut une perquisition au cours de laquelle la police ne découvrit chez lui que quatre-vingt-deux tracts intitulés La Grève des électeurs, dix numéros de La Révolte, quatre numéros du Père Peinard, quatorze brochures et l’ouvrage de Pierre Kropotkine, Paroles d’un révolté.
À la suite de cette nouvelle tracasserie, il est à peu près certain que Bonnet abandonna toute activité militante. C’est ce que constatait le commissaire spécial qui, le 31 décembre 1896, ordonnait sa radiation des listes d’anarchistes soumis à surveillance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article78005, notice BONNET Félicien , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône 4 M 19 bis. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la Cour d’Appel de Lyon, Lyon 1883 — M. Massard, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894, DES, Lyon, 1954.

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