BEAUSOLEIL Clément dit PAUVET et FLORIDOR

Par Jean Maitron, Rolf Dupuy

Né le 11 octobre 1859 à Paris, mort le 10 septembre 1912 à Paris ; tailleur d’habits puis employé ; militant du Syndicat des employés de la Seine (CGT et un temps indépendant) ; anarchiste puis socialiste.

Domicilié à Paris, Clément Beausoleil avait été membre en 1887 du groupe anarchiste "Germinal" avant de passer chez les allemanistes. (Arch. Nat. F7/13053 ).
Il fut le secrétaire du comité provisoire d’action créé en octobre 1895 dans l’attente de l’organisation définitive de la CGT. C’est lui qui, le 4 décembre, fut secrétaire du premier bureau confédéral. Il anima le Syndicat des employés de la Seine qui, en 1895, se sépara de la Chambre syndicale des employés de Paris. Ce syndicat adhéra à l’Union des syndicats de la région parisienne et interdit, de ce fait, à la chambre syndicale d’y trouver sa place, ce qui amena la CGT à refuser les mandats de la Chambre dans le cadre de la Fédération des employés
En 1903, il fut le fondateur des journaux L’Employé de bureau et L’Employé libre dont il était le gérant. Il était alors domicilié 80 rue de Turenne, était veuf et père d’un enfant. Il prit à cette époque une part active à la campagne pour la suppression des bureaux de placements pour laquelle il fit plusieurs conférences en province. Le 30 décembre il fut arrêté avec Bousquet, Laporte (trésorier de la Bourse du Travail) et l’ouvrier boulanger Linon pour "complicité de pillage et dégâts de marchandises ou de propriétés immobilières en réunion ou en bande et bris de clôture" commis lors de la grève des boulangers.
Le 1er avril 1906, un procès verbal lui fut dressé alors qu’il distribuait à la gare de Saint-Germain-les-Fossés les brochures antimilitaristes Le nouveau manuel du soldat et La vache à lait.

. En 1908, fut créé un Syndicat des employés de la région parisienne qui finit par revenir à la Chambre syndicale et à la Fédération des employés en 1913.
Employé, vendeur intéressé aux bénéfices en 1888 puis ouvrier railleur touchant 3 000 F par an, courtier de publicité en 1892, il demanda en 1895 à être appointé comme secrétaire permanent à la Fédération des Bourses du Travail. Après avoir milité à la Fédération des travailleurs socialistes (FTS), il passa au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) qui le présenta aux élections de 1896 dans le quartier des Enfants rouges (Paris, IIIe arr.) où il obtint 2,78 % des voix. Il habitait alors depuis six ans le IIe arr. : d’abord rue Meslay (où il payait un loyer de 350 F par an) puis rue Grenéta (pour 170 F par an).
Beausoleil représenta la Bourse du Travail de Versailles au VIIe congrès de la Fédération nationale des Bourses du Travail (Rennes 21-24 septembre 1898). Deux jours plus tard, il assistait au Xe congrès national corporatif — 4e de la CGT — tenu à Rennes où il présenta un rapport sur le repos hebdomadaire (cf. c. rendu p. 215-240). Il assista également au XIe congrès national corporatif, Paris, septembre 1900, au XIVe, Bourges, septembre 1904, au XVIIe, Toulouse, octobre 1910.
Au congrès de Paris en 1900, Beausoleil intervint sur le problème de la grève générale (cf. c. rendu, p. 111). Il faut, affirma-t-il, aller au-delà des discussions de principe et préparer la révolution. « Jusque-là, dit-il, j’avais dans l’esprit l’horrible vision des révolutions antérieures » et « je ne voulais plus voir les foules affamées se ruer à la porte des bâtiments publics [...] attendant les ordres venus des sous-ventrières élues » (cf. p. 112). Il faut maintenant étudier la mise en route de l’économie après la « victoire » et « préparer les cadres de la société future » (cf. p. 113).
En 1907, Beausoleil fut un des douze signataires de l’affiche « Gouvernement d’assassins » placardée sur les murs de Paris le 23 juin à l’occasion des manifestations houleuses des vignerons du Midi. Le texte de l’affiche, célébrant le geste de fraternisation des soldats du 17e — Voir Gaston Montéhus — valut à ses auteurs de comparaître devant la cour d’assises de la Seine du 20 au 22 février 1908. Tous furent acquittés.

En 1910, il fut élu membre de la commission du journal La Voix du peuple.
Le 10 juin 1911, lors d’une réunion à Montreuil-sous-Bois il fit le procès de la loi sur les retraites ouvrières et engagea les ouvriers à ne pas se faire les complices de cette escroquerie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article77464, notice BEAUSOLEIL Clément dit PAUVET et FLORIDOR par Jean Maitron, Rolf Dupuy, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 11 avril 2016.

Par Jean Maitron, Rolf Dupuy

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053. — Comptes rendus des congrès. — La Bataille syndicaliste, 11 septembre 1912. — Michel Offerlé, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979. — Notes de Rolf Dupuy.

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