Né le 6 mars 1852 à Sauvigny-les-Bois (Nièvre) ; ouvrier lamineur à Imphy (Nièvre) ; syndicaliste ; libertaire.

Vivant et travaillant d’abord à Imphy (Nièvre), André Barage fut condamné, en février 1879, à un mois de prison par le tribunal de Nevers pour coups et blessures ; il s’établit ensuite à Pamiers (Ariège). Un rapport le concernant soulignait qu’il n’y avait rien à signaler sur sa conduite à Pamiers, mais qu’il y fréquentait les groupes révolutionnaires et qu’il était placé sous surveillance comme anarchiste.
Barage quitta Pamiers à la suite d’un procès qu’il avait intenté à l’usine pour un accident dont il avait été victime et revint à Imphy dans la première quinzaine de novembre 1892. Il chercha alors à recruter pour « l’anarcho-syndicalisme ». Lecteur de La Révolte et de La Réforme sociale (journal du radical Goujat), diffuseur du Père Peinard à Imphy, lié à Paul Bernard, Jean-Baptiste Thuriault, Louis Legros, il était considéré comme le principal militant syndicaliste d’Imphy et il fut l’objet d’une étroite surveillance au cours des années 1893 et 1894. Le 19 février 1894, une perquisition fut opérée chez lui à la requête du ministère de l’Intérieur : une correspondance avec Bernard et Thuriault et des brochures anarchistes furent saisies.
Barage était un des rares anarchistes de la Nièvre tenus pour des « hommes d’action ». Une lettre d’Émile Pouget datée du 20 février 1897 et adressée à un militant en tournée de propagande dans la Nièvre évoque Bonage (sic) d’une usine d’Imphy, qui quelques mois plus tôt a diffusé Le Père Peinard mais a cessé le contact (« refroidi » ? demande Pouget). Le 18 janvier 1904, Barage fut condamné à un jour de prison par le tribunal de simple police de Nevers pour colportage clandestin de journaux (deuxième procès-verbal en moins d’un mois).
Les efforts de Barage dans le domaine syndical ne semblent pas avoir abouti, car un rapport du commissaire de Nevers adressé au préfet, le 18 janvier 1897, n’évoque que des « tentatives » de création d’un syndicat des ouvriers métallurgistes d’Imphy, tentatives ayant échoué jusqu’à cette date ; le même rapport parle d’un Barage devenu « un peu moins turbulent » et, en 1900, on prétend qu’il n’affiche des idées libertaires que lorsqu’il est « pris de boisson », mais on le considère toujours comme dangereux et comme un des rares Nivernais à maintenir sur la liste des anarchistes à surveiller.
Sa femme, (née Picard le 9 avril 1861 à Nevers), et dont le frère fut conseiller municipal de Nevers, était aussi surveillée que lui ; on lui attribuait un caractère violent et exalté, un certain ascendant sur son mari dont elle partageait les idées et elle était considérée comme plus énergique que lui.
Barage était le beau-père du menuisier syndicaliste Louis Legros, de Nevers.

SOURCE : Arch. Dép. Nièvre, série M, Anarchistes, 1892-1905.

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