Né le 7 décembre 1862 à Paris, mort en 1920 à Paris ; écrivain, il collabora un temps à des journaux et revues anarchistes.

Plus d’un écrivain ou d’un artiste affichait, au tournant du siècle, une sympathie ouverte pour l’anarchisme. Paul Adam, qui avait été boulangiste puis candidat révisionniste dans l’arrondissement de Nancy, se tourna vers le mouvement anarchiste. Il collabora en 1892 aux Entretiens politiques et littéraires, publiés sous la direction de Francis Viélé-Griffin , à L’En Dehors (1891-1893) de Zo d’Axa. Il était abonné à La Révolte, journal anarchiste que fonda Jean Grave en 1887, et son nom figure sur la liste des collaborateurs des Temps nouveaux (cf. n° 1, 4 mai 1895).
Quand Jean Grave comparut devant les tribunaux, le 24 février 1894, pour son livre La Société mourante et l’Anarchie — qui lui valut prison et amende — Paul Adam vint à la barre, aux côtés d’intellectuels connus comme Élysée Reclus, Octave Mirbeau, Bernard Lazare , apporter au compagnon le témoignage de son admiration.
Il avait glorifié Ravachol , adepte de la propagande par le fait : « Ravachol reste bien le propagateur de la grande idée des religions anciennes qui préconisèrent la recherche de la mort individuelle pour le Bien du monde [...] Il est définitivement le Rénovateur du Sacrifice essentiel [...] Le meurtre de Ravachol ouvrira une Ère ». (Entretiens politiques et littéraires, n° 28, juillet 1892).
Paul Adam s’écarta par la suite des milieux libertaires. Il se présenta à nouveau aux élections, comme candidat socialiste anticollectiviste. Sans succès. « Boulangiste, anarchiste, individualiste, symboliste, réaliste, impressionniste, il a constamment cherché sa voie [...] cela sans y réussir », a écrit de lui Victor Méric en 1909. Son évolution se poursuivit, loin des milieux de gauche et, lors de l’inauguration, le 3 juillet 1931, d’un monument en son honneur, le général Weygand apporta à Paul Adam l’hommage de l’armée française, ce qui fut l’occasion, pour la Révolution prolétarienne, de republier son « Éloge de Ravachol ».

ŒUVRE : Parmi ses œuvres inspirées par le mouvement ouvrier, citons : L’Automne, 1893, pièce écrite en collaboration avec Mourey et qui évoque la lutte des classes et, en 1907, une préface aux Gueules noires d’Émile Morel, illustrées par Steinlen.

SOURCES : Arch. Nat. F7/12 506. — Jean Maitron, Histoire du mouvement anarchiste..., op. cit. — Les Hommes du Jour, n° 90, 9 octobre 1909 (article de Victor Méric). — La Révolution prolétarienne, n° 119, juillet 1931. — Larousse du XXe siècle.

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