Né le 30 novembre 1870 à Paris ; comptable ; militant libertaire.

Avec Zisly et Gravelle, Beylie fit paraître, de 1895 à 1898, une revue mensuelle La Nouvelle Humanité (voir Zisly) qui développait les théories selon lesquelles une nourriture saine et un air pur libéreraient les hommes des servitudes de « l’intérêt, cause des guerres et des luttes économiques » (Le Libertaire, n° 66, 23-30 mars 1901, où sont exposées les grandes lignes d’un programme « naturien »).
En 1902, se constituait une société « pour la création et le développement d’un Milieu libre en France » dont le but unique, selon la feuille-programme pour le lancement de cette société, était le suivant : « Tenter une expérience de communisme libre » (voir Juin). C’est ainsi que naquit, au début de 1903, le Milieu libre de Vaux, situé dans le canton d’Essommes-sur-Marne (Aisne). G. Butaud en était l’animateur. Des difficultés apparurent bientôt et, dès novembre 1903, une attaque en règle était menée contre la colonie par certains milieux anarchistes. Le Libertaire publia un bilan de l’expérience (n° 5, 5-12 décembre 1903) auquel Beylie et Butaud répondirent dans le Bulletin mensuel de décembre 1903 en donnant un « rapport sur dix mois de communisme » qui mettait en valeur les résultats obtenus et s’opposait aux conclusions pessimistes du Libertaire. L’expérience fut cependant liquidée en février 1907.
Beylie fonda, en décembre 1902, avec Paraf-Javal, Libertad, Janvion, Yvetot et autres, la Ligue antimilitariste dont le but était la suppression des armées et qui prit part, en juin 1904, à l’organisation du congrès antimilitariste d’Amsterdam des travaux duquel naquit l’Association Internationale Antimilitariste (AIA).
Il assista avec Monatte, Broutchoux, de Marmande et autres, au congrès anarchiste international d’Amsterdam du 24 au 31 août 1907. Les travaux du congrès aboutirent à la constitution d’un bureau international dont le siège était fixé à Londres et qui cessa de fonctionner à la fin de 1911.
Beylie, inscrit au carnet B, fut mobilisé au 14e régiment d’infanterie territoriale. Après la guerre, il participa au premier congrès anarchiste qui se tint à Paris les 14 et 15 novembre 1920. Au quatrième congrès, 12 et 13 août 1923, qui se tint à Paris également, il fut élu au conseil d’administration du quotidien Le Libertaire auquel il collaborait.
Membre du Comité de Défense sociale, il en devint le secrétaire en 1935 ; ce comité s’occupait du sort des condamnés et proscrits politiques.

ŒUVRE : en collaboration avec Zisly, La Conception libertaire naturienne, Paris, 1901, 16 p. — Le Militarisme. Ses causes, ses conséquences, les moyens de le combattre, brochure éditée par le groupe Germinal de Lyon, 1903, 8 p.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053. — Arch. PPo. 49 et 50. — Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste en France, op. cit.

Jean Maitron

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