GUIGNAND Joseph

Par Jean Lorcin, Jean-Michel Steiner

Né le 10 janvier 1902 au Chambon-Feugerolles (Loire), mort en octobre 1979 ; demeurant à Saint-Étienne (Loire) ; secrétaire régional adjoint de la Fédération du Sous-Sol de la Loire, délégué mineur élu, président du conseil d’administration de l’Union des Sociétés de Secours minières du Centre.

Fils de Pierre Guignand, journalier, et Annette née Linossier, ménagère, Joseph Guignand ayant grandi dans le climat insurrectionnel que connut la « vallée rouge » au début des années 1910, il fut marqué par le mouvement anarcho-syndicaliste. En 1917, il entra à la mine.

Adhérent à la CGTU depuis sa fondation en 1922, membre du parti communiste depuis 1928 et membre du SRI, il était également délégué mineur suppléant. Après la grève des mineurs de 1928, il fut révoqué et réintégré quelques années plus tard. En 1932, il participa à l’école de la CGTU. V. Fay jugeait son niveau « très faible ». En 1935, il participa au congrès confédéral de la CGTU. Il était délégué, en 1936, mineur au puits Montmartre et militant du syndicat des mineurs de Saint-Étienne (Loire). Le 23 janvier 1936, il dénonça les conditions de travail dans le secteur dont il avait la charge sur le plan de la Sécurité : « ... partant du puits jusque dans leurs chantiers, les ouvriers sont contraints de patauger dans l’eau et la boue... »

Il fut à nouveau candidat en décembre 1938 pour la circonscription de Villiers-le-Treuil.

Mobilisé en septembre 1939, il fut démobilisé comme soutien de famille en mars 1940. Arrêté le 8 juillet 1940 à la suite d’une perquisition.

Il fut interné, comme Marcel Thibaud*, au Centre de Séjour Surveillé de Mons, près d’Arlanc (Puy-de-Dôme), puis à Nexon (Haute-Vienne), avant d’être déporté en Afrique du Nord, au camp de Djelfa (Algérie), puis transféré au camp de Bossuet (Algérie). Il ne fut libéré, comme les autres communistes, que sept mois après le débarquement en Afrique du Nord, sous la pression des députés communistes et de la CGT. Il revint à Saint-Étienne le 21 septembre 1944.

En novembre 1944, il retrouva son poste de délégué mineur et entra au comité fédéral communiste de la Loire.
Secrétaire, puis président de l’Union des Sociétés de secours de la Loire, il bénéficia, le 8 juillet 1947, du succès de la CGT qui obtint 10 sièges sur 12 aux élections à la Sécurité Sociale dans les Mines : délégué titulaire du Puits Montmartre, il fut élu administrateur à la Caisse de secours minière de la Loire par 15 000 mineurs sur 18 000 votants.

On le vit participer, aux côtés de Marcel Thibaud, à la marche sur Saint-Étienne des travailleurs en grève le 30 novembre 1947.

Membre du comité central de la grève des mineurs de novembre 1948, il préconisa la suppression des équipes de sécurité et incita les mineurs à reprendre le Puits Villiers. Il fut arrêté et condamné par le Tribunal correctionnel à 3 mois de prison, 50 000 francs d’amende et 40 000 francs de provision à verser aux Houillères partie civile pour « participation à une manifestation interdite, violences à agents et complicité de destruction d’objet d’utilité publique » le 14 janvier 1949 (Arch. Dép. Loire, 85 W 201. Liste des délégués mineurs condamnés par le Tribunal correctionnel à la suite des grèves de Novembre 1948). A la suite de sa condamnation pour « faits de grève », il fut suspendu administrativement de ses fonctions de délégué mineur par arrêté du 26 novembre 1948 pour trois mois, jusqu’au 26 février 1949, et démissionné « d’office » de ses postes d’administrateur de la Caisse de secours minière de la Loire et de président de l’Union des Caisses de secours du Centre. À nouveau révoqué après la grève de 1948, il mena auprès des mineurs la campagne du PCF contre la CECA (1951-1952).

Retraité, il fut plusieurs fois candidat du PCF : suppléant lors des législatives de 1967, et lors de cantonales à Saint-Bonnet-le-Château et Saint-Jean-Soleymieux.

J. Guignand mourut en octobre 1979. Le 8 octobre, Marcel Outin et Marc Bruyère lui rendirent un hommage public à la Bourse du Travail de Saint-Étienne.
Sa fille Jeannette Guignandà, née le 4 juin 1939, institutrice, adhérente au PCF à partir de 1958 fut membre du comité fédéral à partir de 1964 puis du bureau fédéral en 1968 Elle militait à la section de Saint-Bonnet-le-Château.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76640, notice GUIGNAND Joseph par Jean Lorcin, Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 15 mars 2010, dernière modification le 5 juillet 2010.

Par Jean Lorcin, Jean-Michel Steiner

ŒUVRE : « Les Caisses de secours des Mineurs », Le Cri du Peuple, 2-3 décembre 1944.

SOURCES : RGASPI, 517/1/1313 rapports sur l’école de la CGTU (notes de Sylvain Boulouque). — Arch. du comité national du PCF. — Arch. Dép. Loire, 85 W 198, 85 W 201, 85 W 205, 97 VT 48. — La Tribune Républicaine, 23 janvier 1936, 9 décembre 1938. — Le Cri du Peuple, août 1936, 22 septembre 1944 (« Marcel Thibaud nous revient d’Algérie »). — Le Patriote, 1er décembre 1947, 8 février 1949 (« Parce que les mineurs l’exigent, M. Joseph Guignand restera à son poste à la Sécurité Sociale des Mineurs … malgré que M. Lacoste veuille l’en chasser »). —Thèse de Jean-Michel Steiner.

ICONOGRAPHIE : Le Cri du Peuple, 22 septembre 1944 (« Le retour de Marcel Thibaud »), 2-3 décembre 1944 (J. Guignand, « Les Caisses de secours des Mineurs »).

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