HERMANN Pierre, Auguste

Par Michel Aguettaz

Né le 11 février 1912 à Saint-Étienne (Loire), abattu le 17 août 1944 à Lyon (Rhône) ; communiste ; syndicaliste CGT de la SNCF ; résistant.

Stèle commémorative de son frère Émile à La Ravoire

Fils de Victor Hermann, employé aux PTT, aîné de cinq enfants, Pierre Hermann était issu d’une famille ouvrière d’origine alsacienne (les grands-parents avaient fui l’annexion en 1870). L’ambiance familiale était très politisée. Le père, employé aux PTT, fut un syndicaliste engagé et Pierre et ses deux frères militèrent au parti communiste. Son frère Henri Hermann s’engagea même en 1937 dans les Brigades Internationales.
Appelé sous les drapeaux en 1931, Pierre Hermann fut libéré le 8 septembre 1932.

Il se maria dans cette ville le 4 novembre 1933 avec Louise, Marie Fregonese ; Le couple eut quatre enfants : Maurice en 1934, Nicole en 1937, Michèle en 1941 et Jacqueline en 1944. Ils habitaient à la maison Vuilermet, Charrière neuve à Bissy (Savoie), commune rattaché à Chambery en 1961.
Entré au PLM le 15 février 1937, ajusteur SNCF, Pierre fut un des responsables CGT au dépôt de Chambéry.

À partir de l’automne 1940 il fut l’un des réorganisateurs du PC clandestin à Chambéry et travailla également à la mobilisation de la CGT clandestine. Passé aux FTP en mars 1943. Il dut quitter la Savoie à l’automne de cette même année pour échapper à la répression. Il tomba durant le 6 août 1944, emprisonné au fort Montluc de Lyon et fut exécuté,avec quatre autres résistants, en représailles de la mort d’un policier allemand (affaire du garage Corderas) le 17 août 1944 à l’angle de la rue Bachut et de la rue du Bocage dans le 7e arrondissement de Lyon.
Aucune pièce d’identité sur les corps. Une femme du quartier, bravant les interdits, vint faire la toilette des corps qui gisent sur le trottoir. Un seul put être reconnu rapidement, Roger-René Venturini, :maroquinier à Saint-Didier au Mont-d’Or (Rhône). Le 25 août 1945, Louise Hermann, sa femme, put identifier son :mari avec une fiche de contrôle de la police.

Père de quatre enfants, il mourut un mois à peine après son plus jeune frère Émile Hermann, abattu par les Allemands à Chambéry, le 11 juillet 1944, lors d’une mission de ravitaillement pour un maquis FTP.

En 1947, Pierre Hermann fut homologué au grade de lieutenant des Forces Française combattantes (FFC). La mention "Mort pour la France" est apposée sur son acte de décès et le titre d’Interné résistant lui est attribué le 29 avril 1952.
Sa mémoire est honorée au monument aux morts de Bissy-Chambéry (Savoie), près de l’église de Bissy ; sur la stèle des cheminots morts en 1939-1945 en gar de Chambéry ; une stèle au carrefour de la commune de La Ravoire (Savoie) porte le nom de son frère et une plaque commémorative est posée 32 rue Joseph Chapelle à Lyon 8e par les habitants du quatier, sans notifier de noms.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76515, notice HERMANN Pierre, Auguste par Michel Aguettaz, version mise en ligne le 5 mars 2010, dernière modification le 11 février 2019.

Par Michel Aguettaz

Stèle commémorative de son frère Émile à La Ravoire

SOURCES : Notes de Michel Aguettaz. — Site « Guide des recherches SNCF pour la période 39/45 » 118LM110/002. 1 AVCC Caen 21 P570898 et SHD cote GR 29 153. — site internet lyon.monplaisir.free.fr. — AD69, archives Montluc. — Notes de Robert Goujon, IHS CGT Cheminots, Lyon. — État civil.

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