GUIDET Henri, Abel

Par Gilles Morin

Né le 29 mars 1912 à Bapaume (Pas-de-Calais), mort le 29 mai 1982 à Bapaume ; professeur d’éducation physique ; résistant ; militant socialiste du Pas-de-Calais ; conseiller général (1945-1979) et maire (1962-1982) de Bapaume ; député du Pas-de-Calais (1967-1968).

Fils d’Abel Guidet, négociant, député radical socialiste de 1937 à 1940, maire et conseiller général de Bapaume, Henri Guidet suivit ses études à Bapaume, puis à Lillers, et débuta dans l’enseignement primaire. Il devint professeur de gymnastique à Abbeville, puis professeur du collège de garçons d’Arras, à partir de 1945. Il termina sa carrière au commissariat de la Jeunesse et des Sports d’Arras, s’occupant plus particulièrement du secteur primaire (coordination et inspection) et des jeunesses ouvrières rurales.

Guidet effectua son service militaire dans les chars. Mobilisé en 1939 comme aspirant au 25e bataillon de chars, il fut fait prisonnier au printemps 1940 mais, après quelques jours, s’évada d’un camp de transit dans la région de Limoges et rejoignit le Pas-de-Calais. Il reprit ses fonctions à Abbeville (Somme), Résistant avec grade de lieutenant, il appartint jusqu’à la Libération au réseau Marco-Polo. Son père, après avoir voté les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain, également résistant, membre des réseaux Pat O’Leary, Comète et Bourgogne, mourut en déportation au camp de Gross-Rosen en novembre 1944.

Dès sa jeunesse, Guidet adhéra au Parti socialiste SFIO. Il est probable qu’il connut dans la Résistance Guy Mollet* qui militait au côté de son père. À son retour à Arras en 1945, il fut élu conseiller général de Bapaume. Cette ascension assurait à la fois la continuité familiale et correspondait par ailleurs à la poussée socialiste dans le département, surtout le fait de jeunes enseignants comme l’a montré Frédéric Sawicki. Il conserva cette fonction durant trente-cinq ans, toujours réélu dès le premier tour. Il fut vice-président du conseil général du 1er février 1952 au 10 décembre 1954, puis du 27 avril 1955 au 8 octobre 1958 et de novembre 1959 à 1967 au moins. Il s’intéressait plus particulièrement aux questions scolaires et sportives.

Conseiller municipal du 26 octobre 1947 à mars 1959, Guidet fut élu maire en 1962 (il était à ce moment-là délégué cantonal de l’Éducation nationale), succédant à M. Verdel qui avait lui-même succédé à son père. Il resta maire jusqu’à son décès et fut président du syndicat intercommunal.

Élu député FGDS de la 2e circonscription du Pas-de-Calais, le 12 mars 1967, Henri Guidet échoua en juin 1968, face au candidat UDR, et refusa ensuite de se représenter. En désaccord avec l’Union de la gauche, élu d’un canton modéré, soucieux selon le préfet de défendre les intérêts de sa ville et peu disposé de se couper d’un électorat proche de la majorité présidentielle, il refusa aux élections municipales de 1977 de conduire une liste d’Union de la gauche, s’excluant ainsi lui-même du PS. Se sentant isolé dans le conseil général, il démissionna de l’assemblée départementale le 22 novembre 1979. Il conserva encore trois années son mandat municipal. Toujours hostile à l’Union de la gauche, il organisa sa succession en poussant Jean-Paul Delevoye, futur responsable RPR, qui lui succéda dans ses mandats locaux.

Faisant abstraction de ses sentiments personnels, H. Guidet organisa le jumelage de Bapaume avec Kapellen en novembre 1974, puis avec la ville de Moers (Allemagne) en 1975, afin de développer l’amitié entre les nouvelles générations. Le 17 janvier 1986, un complexe sportif portant le nom d’Henri Guidet fut inauguré à Moers. À Bapaume, un stade et un pavillon de l’hôpital portaient son nom.

H. Guidet, marié une première fois en mai 1934 à Bapaume, père de deux filles, divorça puis se remaria en juillet 1946 à Paris (XVIIe arr.) avec un professeur de dessin, décédée en 1952 dans un accident de voiture ; il se remaria une troisième fois le 30 octobre 1958 à Bapaume avec Sylviane Caron, institutrice. Il eut cinq enfants de ses divers mariages.

Henri Guidet, titulaire de plusieurs décorations (médaille de la Résistance, médaille commémorative 1939-1945), était aussi chevalier des Palmes académiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76496, notice GUIDET Henri, Abel par Gilles Morin, version mise en ligne le 3 mars 2010, dernière modification le 3 octobre 2010.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cIV/158 ; CAC, 19770359/26, 197800654/77, 19830172/72, 19780654/59, 19890523/11. — Arch. Assemblée nationale, dossier personnel. — Archives de l’OURS dossiers Pas-de-Calais, AGM 118. — J. Derville, La Fédération socialiste SFIO du Pas-de-Calais, 1944-1969, thèse d’études politiques, Paris, FNSP, 1970. — DBMOF, Notice T ? 31. - Le Monde, 31 mai 1982. — Notes communiquées par Mme Sylviane Caron, son épouse. — La voix du Nord, 23 novembre 2007.

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