ALART Étienne

Par Miquèl Ruquet

Né le 5 août 1883 à Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales), mort sûrement en Espagne à une date inconnue, anarchiste et antimilitariste.

Étienne Alart est né le 5 août 1883 à Ille-sur-Têt dans une famille d’agriculteurs, Jules Alart (né en 1844) et Marie Bès (née en 1849). Célibataire, il exerça à Ille la profession de cultivateur avant de partir à Paris en 1911. Jusqu’à cette date, il ne manifesta pas d’idées antimilitaristes puisqu’il accomplit son service militaire au 12e RI (Perpignan et ensuite Tarbes, Hautes-Pyrénées), à partir du 27 juillet 1907) du 16 novembre 1904 au 14 septembre 1907. Il fut même promu caporal le 6 novembre 1905.

À Paris, où il résida selon le feuillet matricule du 13 novembre 1911 au mois de juillet 1914, il travailla sur divers chantiers et fait plusieurs métiers. C’est alors qu’il entra en contact avec le mouvement anarchiste dont il adopta les idées. Comme le signalaient les gendarmes d’Ille en 1917, « affilié à toutes les bandes noires, il était devenu un ennemi des plus irréductibles de la société ». Fin juillet 1914, il quitta Paris pour Ille d’où il partit, la veille de la mobilisation, se réfugier à Figueres (Province de Gérone, Espagne). Il fut un des rares anarchistes à être allé au bout de ses idées antimilitaristes. L’armée le déclare insoumis le 4 octobre 1914 et il n’était rayé qu’en 1936 à l’âge de cinquante-trois ans, ce qui signifie qu’il n’était pas revenu en France avant cette date, du moins sous son identité.
Au début de la guerre, il vécut à Figueres avec un autre anarchiste d’Ille, Michel Vidalou (maréchal-ferrant né le 26 septembre 1884 à Ille), insoumis comme lui. Il continua d’échanger du courrier avec sa mère qui selon les gendarmes partageait les idées d’Étienne, surtout après la mort au combat d’un autre fils. Il inquièta les autorités françaises car il reçut de l’argent de Paris. Son domicile était ainsi perquisitionné par la police espagnole à la demande du commissaire spécial de Cerbère en octobre 1914. La vie fut difficile à Figueres par manque de travail. Alart adopta alors les pratiques des anarchistes illégalistes, la « récupération », c’est-à-dire le vol. Il fut incarcéré à Figueres en juillet 1916, pour un vol d’avoine, acte qu’il avait accompli avec un déserteur originaire de Foix. Après janvier 1917, plus aucun document ne mentionna sa présence dans l’Ampourdan. De même, la date et le lieu de son décès demeuraient inconnus.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76465, notice ALART Étienne par Miquèl Ruquet, version mise en ligne le 28 février 2010, dernière modification le 28 février 2010.

Par Miquèl Ruquet

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, 1 M 621 : rapport du commissaire spécial de Cerbère au préfet le 11 juillet 1916 ; 4 M 148 : rapport du commissaire spécial de Cerbère au préfet le 8 septembre 1914 ; 1 R 465 : registre matricule de la classe 1903, matricule n° 484 ; 1 R 471 : registre matricule de la classe 1904 (pour Vidalou) ; 2 R 227 : renseignements de la gendarmerie d’Ille sur Étienne Alart (7 janvier 1917) ; 2 R 227 : courrier du général Ferré, commandant la 16e Région militaire, au préfet le 16 mars 1916 ; 5 Mi 252 : registre d’état-civil de la commune d’Ille-sur-Têt (année 1883).