GENSOLLEN Paul [GENSOLLEN Charles, Marie, Paul]

Par Jacques Girault

Né le 22 novembre 1868 à Solliès-Pont (Var), mort le 5 mai 1944 à Cabasse (Var) ; avocat ; maire « rouge » d’Hyères (Var) 1914-1919, 1924-1928 ; conseiller général du canton d’Hyères (1923-1928).

Gensollen appartenait à une vieille famille républicaine du Var. Son père, Charles, Michel, Gensollen, médecin, avait été maire de Solliès-Pont et conseiller général de 1886 à 1900. Il avait été président de l’assemblée départementale. Son frère Jules Gensollen*, licencié en droit et propriétaire, avait été conseiller général de Solliès-Pont de 1903 à 1910, date à laquelle il était socialiste SFIO. Gensollen, avocat à Toulon, puis à Hyères, assurait au début du siècle la présidence du syndicat pour la défense des intérêts agricoles de la région du littoral et devenait vice-président de la section de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Il conduisit la liste « de la Représentation proportionnelle et d’intérêt local » aux élections municipales d’Hyères. Le 5 mai 1912, il obtint 929 voix sur 3 164 inscrits et était élu, le dimanche suivant, avec 1 094 voix. Il devint premier adjoint et la préfecture le classait alors comme « radical-socialiste ». À la suite de la démission du maire, et de nouvelles élections, il devint maire le 15 février 1914. Un rapport de police signalait alors qu’il était très modéré. Deux mois plus tard, il faisait partie du comité électoral du candidat SFIO Renaudel. Après la guerre, les autres conseillers radicaux socialistes l’abandonnèrent. Il constitua une liste avec la section SFIO. Il obtint, le 30 novembre 1919, 882 voix sur 3 535 inscrits. En 1922, il fit partie du comité cantonal qui présenta les mutins de la Mer Noire, Alquier et Marty, pour le conseil général. Le 14 octobre 1923, il briguait comme « candidat du congrès des gauches » la succession au conseil général de Marty qui avait été invalidé. Il fut élu avec 1 416 voix sur 5 165 inscrits. Une crise affectait la municipalité d’Hyères et le 25 janvier 1924, un décret de dissolution était pris par le préfet. Il conduisait alors pour l’élection du 24 février 1924 la liste du « Bloc des gauches et d’intérêt local ». Non élu au premier tour, il l’emporta le 2 mars 1924 et redevint maire de la ville. Membre de la commission électorale de la liste rouge pour les élections législatives il faisait partie de la commission exécutive du comité général varois pour l’élection rouge.

En 1925, il conduisait la liste du « Cartel des gauches et d’intérêt local » aux élections municipales. Il obtint le 3 mai, 1 308 voix sur 3 537 et fut élu en avant-dernière position, le dimanche suivant avec 1 476 voix. Il conserva son poste de maire.

Il fut question de sa candidature aux élections législatives de 1928. La presse socialiste SFIO essaya de l’en dissuader : il « ne cédera pas aux instances de ses amis et soutiendra la candidature socialiste » affirmait le Réveil du Var, le 10 novembre 1927. Néanmoins il maintint sa candidature comme « républicain socialiste cartelliste » et obtint le 22 avril 1928, 1 109 voix sur 14 142 inscrits et se désista pour le socialiste SFIO. Dans sa ville d’Hyères, il n’obtenait que 498 voix, loin derrière le candidat de droite et le candidat SFIO. Il annonça sa démission du poste de maire le 2 juin 1928 et de conseiller municipal prétextant l’« attitude hostile » d’une fraction qui était en fait la SFIO. Il ne se représenta pas pour le conseil général.

Lors des élections municipales de 1935, Gensollen constitua une « liste républicaine de défense des intérêts hyérois ». Il arrivait au premier tour le 5 mai en huitième position. Gensollen n’avait pas manifesté l’intention de se retirer pour le deuxième tour. Mais la liste de droite ne se représenta pas ; et des bulletins pour une liste « Palen-Gensollen », c’est-à-dire une alliance avec la droite, avaient été imprimés et furent l’objet d’un recours devant le conseil de préfecture. Gensollen obtint personnellement 773 voix et porta plainte en justice. Dans sa lettre au Conseil d’État, il protestait contre cette « manœuvre frauduleuse ». Aussi, finalement, le Conseil d’État annula-t-il cette élection en novembre 1935.

Pour les élections municipales du 19 janvier 1936, il dirigea une « liste du Front populaire et de défense des intérêts hyérois ». Outre ses amis personnels, en faisaient partie divers socialistes SFIO. Le président du comité était Charles Faucher*, ancien candidat SFIO, au conseil général en 1910, et le secrétaire était Louis Gaud* futur conseiller général SFIO d’Hyères, à la Libération. Le 19 janvier 1936, il obtenait 481 voix sur 4 568 inscrits. Après la victoire de la droite au deuxième tour, il entama un nouveau recours en Conseil d’État. L’annulation fut à nouveau prononcée en juillet 1937. Gensollen, cette fois, se contenta de soutenir la liste de gauche.

Il était membre du bureau de la section d’Hyères du Parti radical socialiste, au début de 1938.

Gensollen, sans héritier, légua à la ville d’Hyères le domaine de la Bastide Blanche qui en devint propriétaire au décès de sa veuve en 1962.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76228, notice GENSOLLEN Paul [GENSOLLEN Charles, Marie, Paul] par Jacques Girault, version mise en ligne le 7 février 2010, dernière modification le 25 juillet 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 5.260, 2 M 7.24.2, 2 M 7.28.2, 2 M 7.30.2, 2 M 7.31.1, 2 M 7.35.2, 3 Z 2.12, 3 Z 2.17. 4 M 59.2. — Presse locale. — Renseignements fournis par la mairie d’Hyères.

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