GALOPIN Eugène, Gustave (pseudonyme GALO)

Par Jean Maitron

Né le 23 décembre 1902 à Nevers (Nièvre), mort le 27 octobre 1972 à Paris (XIXe arr.) ; ajusteur ; membre du Comité central du Parti communiste de juin 1926 à mars 1932 et du Bureau politique ; démissionnaire du Parti communiste le 4 février 1936 ; syndicaliste actif à la CGT, puis à la CGTU, à la CGT réunifiée, enfin à la CGT-FO.

Fils de l’ouvrier métallurgiste Eugène Galopin de Nevers (Nièvre), le jeune Galopin, prénommé Eugène comme son père, quitta l’école primaire en juillet 1915, après avoir obtenu le Certificat d’études primaires.

Dès le mois d’août suivant, il commença à travailler, tout d’abord comme apprenti bijoutier-chaînier, puis avec son père à la Maison Meslé, devenue par la suite les Établissements Th. Pilter, fabrique de machines agricoles ; c’est là qu’il fit son apprentissage d’ajusteur et, le 22 mars 1922, il entrait en cette qualité à la Compagnie de construction et d’entretien du matériel de chemins de fer (ateliers de Vauzelles, près de Nevers). Mais Galopin, licencié pour propagande communiste le 24 avril 1925 et dans l’impossibilité de trouver un emploi à Nevers, quitta cette ville au mois de mai, pour Paris.

Dès 1922 en effet, Galopin était entré dans la vie politique en adhérant au groupe des Jeunesses communistes de Nevers dont il devint le secrétaire à la fin de l’année ; à la même époque, il fut élu secrétaire des 6e et 12e Ententes des Jeunesses communistes, qui groupaient les départements de la Nièvre, du Loiret, de l’Yonne, du Cher, de l’Allier et de l’Indre. Au IVe congrès national de la Fédération des jeunesses communistes, en janvier 1925, il était élu membre du comité national puis il entra en mai 1925, alors qu’il était secrétaire de la 4e Entente, au secrétariat administratif national, fonction qu’il exerça jusqu’en 1929. Enfin, au Ve congrès de l’Internationale communiste des jeunes, en septembre 1928, il devint membre du comité exécutif et du secrétariat de cette organisation.

Entre temps, en janvier 1924, Eugène Galopin avait adhéré à la section communiste de Nevers ; en juin 1926, au Ve congrès national tenu à Lille il fut élu membre du Comité central. Appointé par le parti à partir de décembre, il allait remplir des fonctions intéressant les Jeunesses communistes. Désigné en juillet 1928 pour représenter les Jeunesses communistes auprès de l’Internationale communiste des jeunes à Moscou, il fut élu en août membre du comité exécutif de cette Internationale. En décembre de la même année, il fut désigné comme secrétaire administratif des Jeunesses communistes.

Au congrès d’avril 1929, il devint membre du Bureau politique du Parti communiste et appartint au groupe Barbé-Célor-Lozeray. À Moscou, le 6 mars 1929, il épousa Iola Dragot-Ziner née et morte à Paris : 26 juillet 1901-23 octobre 1982 qui sera incinérée. Ils n’auront pas d’enfants.

Galopin fut condamné le 11 mars 1930, par la 13e Chambre, à deux ans de prison et 3 000 F d’amende, en compagnie de Billoux, Courtade, Guyot, Courtois et Mittey, pour provocation de militaires à la désobéissance (édition du Conscrit). Il fut arrêté le 13 juin 1930 et écroué à la Santé. Il fut condamné le 22 juillet à deux ans de prison et 3 000 F d’amende, par la 13e Chambre (opposition au jugement du 11 mars) et la condamnation fut confirmée par la Cour le 4 novembre. Galopin purgea sa peine à Clairvaux, d’où il sortit le 13 juin 1932. Il eut alors à s’expliquer vis-à-vis du Parti sur les rapports entretenus par lui avec le groupe Barbé-Célor. Il fit son autocritique et se vit confirmer dans ses responsabilités politiques et syndicales. Un malaise subsistait néanmoins qui s’aggrava. Par lettre des 3 et 5 janvier 1935, Galopin avise le secrétariat des Métaux de sa décision « d’abandonner au 1er février la fonction permanente » qu’il occupait au secrétariat de la Fédération (le premier secrétaire, chargé spécialement de la région parisienne était Croizat, le second, Galopin lui-même, responsable de la propagande, de l’administration et de la trésorerie). Il estimait ne pouvoir « à lui seul assumer la tâche » à lui confiée et il poursuivait : « un militant, dans l’intérêt de l’organisation, doit avoir le courage de quitter son poste quand il ne peut plus faire face à la situation. C’est mon cas et c’est la raison de mon départ ». Il y avait en réalité beaucoup plus grave et c’est sur le plan politique qu’un an plus tard, le 4 février 1936, le militant allait s’expliquer. À cette date, par lettre adressée au secrétariat du Parti, Eug. Galopin, membre de la cellule d’entreprise 649 du 15e rayon, démissionnait du Parti qui « ne joue plus son rôle d’avant-garde organisée de la classe ouvrière » et « se noie dans le Front populaire ». Il ajoutait : « l’électoralisme refleurit dans le Parti » et « la lutte contre la gauche est menée en paroles. Suivait la liste de nombreux et fondamentaux désaccords avec l’IC et avec l’URSS.

Parallèlement à son activité politique et bien au-delà de celle-ci, Galopin mena une action syndicale importante. Dès le 1er juin 1919, il avait donné son adhésion au syndicat CGT des Métaux de Nevers. Après le congrès de la CGT, tenu à Lille en 1921, et la scission syndicale qui en résulta, Galopin participa à la constitution du syndicat unitaire des Métaux et devint membre du Conseil syndical. À son arrivée à Paris en mai 1925, il milita à l’Union syndicale des travailleurs de la Métallurgie-Maréchallerie-Voiture-Aviation (CGTU). Élu à la commission exécutive de la Fédération unitaire des Métaux, à son IVe congrès, décembre 1927, il en devint secrétaire permanent en février 1929 en remplacement d’Alb. Vassart puis il accéda au secrétariat de la CGTU au congrès de septembre de 1929 et il y demeura jusqu’en 1933. En décembre, il fut délégué à la réunion du Conseil central de l’ISR.

Après sa démission du secrétariat des Métaux, 31 mars 1935, Galopin reprit son métier d’ajusteur ; il travailla un temps chez Citroën, puis il entra le 6 septembre 1935 à la Société « la Précision Moderne », Paris XVe arr. Jusqu’à décembre 1938, date à laquelle il dût cesser son travail pour cause de maladie, Galopin assuma le secrétariat de la section syndicale d’usine et les fonctions de délégué du personnel. Il reprit son emploi à la « Précision Moderne » en septembre 1939 ; il était exempté de service armé pour raisons de santé. Il avait été un temps trésorier du cercle syndicaliste « Lutte de classe » constitué en mars 1937.

Au cours de sa vie militante, et indépendamment de la condamnation qu’il subit pour « atteinte à la sûreté de l’État », Galopin fut en butte à plusieurs reprises à des tracasseries policières : perquisitions, poursuites durant la guerre du Maroc (1925-1927). Pendant la Seconde Guerre mondiale, on ne lui connut aucune activité politique. Il fut cependant perquisitionné le 28 février 1940 puis arrêté et interné le 24 septembre 1942, au camp de Pithiviers (Loiret). Il fut libéré quinze jours plus tard, en raison, vraisemblablement, de son mauvais état de santé.

Après la guerre, Galopin reprit son action syndicale. Après la scission de 1947, il participa, en janvier 1948, à la constitution de la section syndicale Force Ouvrière à la « Précision Moderne ». Il remplit les fonctions de délégué du personnel, délégué d’établissement et, pendant un temps, de secrétaire du comité d’établissement.
Le 10 mars 1966, « La Précision Moderne », par suite de compression de personnel, licenciait Eugène Galopin. Pour celui-ci, la véritable cause de ce renvoi était son activité syndicale, activité qu’il avait pourtant abandonnée en juin 1962, pour raisons de santé.
Il s’était marié le 6 mars 1929 à Moscou.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76151, notice GALOPIN Eugène, Gustave (pseudonyme GALO) par Jean Maitron, version mise en ligne le 31 janvier 2010, dernière modification le 31 janvier 2010.

Par Jean Maitron

SOURCES : Arch. Nat. F7/13129 (juillet 1932), F7/13771 (décembre 1930), F7/13783 (4 février 1929). — Arch. Jean Maitron (Batal). — Arch. PPo. 301. — BMP, bobine 324. — Archives d’Eugène Galopin et rencontres de Jean Maitron et Claude Pennetier avec le militant.

ŒUVRE : Collaboration aux Cahiers du Bolchevisme, notamment de 1930 à 1935.

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