USELDINGER Arthur. Pseudonyme : Fred (DBK)

Par Henri Wehenkel

Né le 8 juillet 1904 à Esch-sur-Alzette (Luxembourg), mort le 15 mars 1978 à Esch, chef du Parti communiste luxembourgeois clandestin.

Arthur Useldinger travailla comme employé dans la sidérurgie jusqu’en 1941. Le 6 avril 1940, il épousa Yvonne Hostert, issue d’une famille de militants ouvriers de Differdange.

Après avoir été surtout actif dans le domaine du sport, Useldinger adhéra au PCL en 1932 à la suite du congrès d’Amsterdam. Le Parti décida de l’orienter vers le travail en direction des socialistes et des intellectuels, sans l’exposer par des activités publiques. Il fonda, en juillet 1933, les Amis de l’Union soviétique, avec des personnalités extérieures au Parti.

Membre du comité central de la Libre pensée, Useldinger joua un rôle majeur dans la réalisation du Front populaire luxembourgeois qui se fit contre et en dehors de la direction du Parti ouvrier et des dirigeants syndicaux. La Libre pensée servit de pivot pour rassembler communistes, socialistes unitaires et intellectuels antifascistes.
En tant que responsable des Amis de l’Union soviétique, Useldinger se spécialisa dans la politique étrangère. Il commenta l’actualité internationale dans la Volksstimme, l’organe du PCL, sous le pseudonyme de Fred. Une critique trop positive du Retour d’URSS d’André Gide parue dans l’édition du 12 décembre 1936 déchaîna les foudres du Komintern qui exigea, sans succès, le limogeage d’Useldinger. L’ » auteur » fautif dut seulement écrire un deuxième article, entièrement négatif, qui parut le 6 février 1937.

Les articles d’Useldinger ne donnèrent plus lieu à critique par la suite. En janvier 1940, à l’heure du Pacte germano-soviétique, Useldinger accéda à la direction du Parti. C’est donc lui qui eut la responsabilité de le mener dans la lutte clandestine qui commença avec l’arrestation des dirigeants Bernard et Steichen en septembre 1940. Si le PCL n’entretint à aucun moment des illusions et des équivoques sur les possibilités d’action légale, il resta cependant figé jusqu’en 1941, dans une ligne dure, refusant toute alliance avec la résistance bourgeoise et considérant le gouvernement de Londrescomme un adversaire. À partir du printemps 1941, un conflit opposa Useldinger à Urbany et Kill. Useldinger ne répondit pas à une convocation d’Urbany à venir à Bruxelles et ne voulut rien savoir des tentatives de Kill pour créer un front commun avec d’autres organisations de résistance. Useldinger réussit à échapper aux recherches de la Gestapo lors de la grande rafle du 5 août 1942. La résistance communiste fut reconstituée en 1943 par François Frisch sans lui et sous un nom nouveau (« Alef »).
En septembre 1944, Urbany put reprendre la direction du Parti. Useldinger conquit la mairie d’Esch-sur-Alzette, centre de la région industrielle et deuxième ville du pays. En tant que secrétaire général de l’Association Luxembourg-URSS, il avait la haute main sur la principale organisation-amie et en tant que secrétaire pour l’organisation et la trésorerie du Parti, Useldinger fut plus qu’un éternel second. Il avait au sein du Parti un fief solide et un réseau de militants fidèles à sa personne. La coexistence pacifique entre Urbany et Useldinger tint jusqu’au moment de la retraite d’Urbany. Useldinger ne succéda pas à son vieux rival et allié, il dut céder le pas devant René Urbany, le fils de celui-ci. On lui prêta des sympathies pour l’eurocommunisme, qu’il n’exprima jamais publiquement.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76069, notice USELDINGER Arthur. Pseudonyme : Fred (DBK) par Henri Wehenkel, version mise en ligne le 27 janvier 2010, dernière modification le 15 août 2010.

Par Henri Wehenkel

SOURCES : RGASPI, 495 130 31. — Archives Nationales Luxembourg, Justice 76, dossiers : 41, 52, 202. — Archivsammlung Ernst Schmidt, Essen, 19-249, Dokum. Useldinger. — Centre Jean Kill Luxembourg, Dossiers Biographies et Témoignages. — Centre Jean Kill (ouvr. coll.), Beiträge…, op.cit. — Henri Wehenkel, Der antifaschistische Widerstand…, op. cit.

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