LAMBERET Renée [LAMBERET Jeanne, Renée,Yvonne]

Par Jean Maitron

Née le 4 octobre 1901 à Paris (XIIe arr.), morte le 12 mars 1980 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) ; professeur agrégé d’histoire et de géographie ; militante anarchiste.

Son père, conducteur de trains de la compagnie du Paris-Lyon-Méditerranée, d’une famille de libres penseurs, fut affecté très vite au dépôt de Villeneuve-Saint-Georges. Sa mère était une arrière-petite-fille de Pierre Joigneaux, député montagnard sous la Seconde République et agronome de renom. Renée Lamberet entra à l’École normale d’institutrices de Saint-Germain-en-Laye en 1917. Sortie en 1920, elle ne prit pas de poste d’institutrice. Réussissant au baccalauréat en 1922, elle prépara une licence d’histoire à la Sorbonne qu’elle obtint (1925), un diplôme d’études supérieures (1925) et réussit à l’agrégation d’histoire en 1928.

Renée Lamberet, professeur déléguée aux lycées parisiens Victor Duruy et Fénelon en 1926, fut nommée professeur aux lycées de jeunes filles de Valenciennes (Nord) en 1929, d’Amiens (Somme) en 1932 avant d’obtenir un poste qui venait d’être créé au lycée Jules Ferry à Paris en 1936. Affectée en 1940 au lycée Lamartine, elle retrouva le lycée Jules Ferry où elle prit sa retraite en 1966. Les rapports d’inspection la montraient « effacée », « très dévouée » et ayant une « haute valeur morale ».

En 1936, lorsqu’éclata la révolution en Espagne, Renée Lamberet était en Andorre avec ses parents et sa soeur Madeleine Lamberet*. Elle parvint, avec sa sœur, à entrer en Espagne à la Seu d’Urgell, mais n’ayant pas de papiers, elles ne purent rejoindre Barcelone. Elle s’intéressa particulièrement aux collectivisations réalisées par la Confédération nationale du travail durant la guerre d’Espagne (1936-1939) et se consacra aussi à l’aide aux enfants réfugiés des zones de guerre, puis aux vieux militants espagnols en exil. Elle effectua alors plusieurs voyages en Espagne et publia de nombreux reportages, notamment sur les colonies d’enfants réfugiés de Liansa et d’Ajentona. Au cours d’un de ces voyages, elle rencontra Bernardo Pou-Riera, secrétaire à la presse et à la propagande de la CNT, qui devint son compagnon.

En juillet 1938, Maria Rabaté*, dans une annexe du rapport sur le trotskisme destiné au bureau politique du Parti communiste, indiquait que cette militante anarchiste était membre du comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme, de la ligue des femmes et qu’elle collaborait au comité international de l’enfance dont le siège était 38 rue de Châteaudun à Paris.

Sous l’Occupation, Renée Lamberet participa, dans la clandestinité, à la réorganisation de la Fédération anarchiste française ; membre de sa première commission administrative, elle s’occupa du Centre de formation sociale, fut secrétaire aux relations internationales et, à ce titre, membre de la commission d’initiative pour la conférence anarchiste européenne ; cette conférence, la première depuis les événements d’Espagne, se tint en février 1947. Elle fut secrétaire de l’Association internationale des travailleurs en 1953-1954.

Par la suite, habitant toujours à Villeneuve-Saint-Georges, puis retirée à Brunoy (Essonne), Renée Lamberet se consacra à des travaux historiques ce qui avait été noté dans les rapports d’inspection depuis la fin des années 1940. Elle participa, en 1949, à la création de l’Institut français d’histoire sociale et participait régulièrement à ses activités jusqu’à la fin de sa vie. Elle aidait les chercheurs en Histoire sociale grâce à sa documentation dont une partie fut déposée à l’IFHS et au CIRA. Elle avait en préparation un dictionnaire biographique des anarchistes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76025, notice LAMBERET Renée [LAMBERET Jeanne, Renée,Yvonne] par Jean Maitron, version mise en ligne le 24 janvier 2010, dernière modification le 4 avril 2018.

Par Jean Maitron

ŒUVRE : Principales publications : Mouvements ouvriers et socialistes (Chronologie et bibliographie), l’Espagne, collection dirigée par É. Dolléans, Éditions ouvrières, Paris, 1953, 205 p. — La Première Internationale en Espagne (1868-1888), Max Nettlau. Révision des textes... appendices, tableaux et cartes de R. Lamberet, Reidel, Dordrecht, 1969, 683 p., publication de l’Institut international d’histoire sociale, Amsterdam.

SOURCES : Arch. Nat., F17/28721. — RGASPI, 517 1 1884. — Témoignage de l’intéressée. — Le Monde, 22 mars 1980. — Le Réfractaire, avril 1980. — Notes de René Bianco et de Jacques Girault.

ICONOGRAPHIE : Umbral, n° 49, 22 octobre 1938. — Le Réfractaire, avril 1980.

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