ROBY Roger, Alexandre. Pseudonymes : RÉGOR Louis, LAMBERT Alexandre.

Par Claude Pennetier

Né le 29 octobre 1910 à Limoges (Haute-Vienne) ; ouvrier tôlier ; secrétaire adjoint de la région Loiret-Loir-et-Cher du Parti communiste, puis secrétaire régional (1937-1939).

Le père de Roger Roby qui était cheminot mourut alors qu’il n’avait qu’un an ; sa mère était cuisinière et femme de ménage dans des “maisons bourgeoises”. Il fit ses études primaires dans une école religieuse de six à douze ans et obtint le CEP. En janvier 1923, il fut apprenti serrurier et travailla ensuite comme ouvrier serrurier, tôlier et chaudronnier jusqu’en 1935. Il épousa Louise Catrais, fille d’un cultivateur et d’une ouvrière dans une chocolaterie, qui était tisseuse dans le textile, syndiquée et adhérente en 1934 au Secours Rouge. Pendant son service militaire, en 1931-1932, il devint caporal.

Roger Roby adhéra le 20 mai 1927 aux Jeunesses communistes à Orléans (Loiret) et la même année au Secours rouge international après l’exécution de Sacco et Vanzetti (22 août). Il fut successivement secrétaire de la cellule d’Orléans de la JC en 1929, trésorier régional en 1930 puis secrétaire régional de 1930 à 1934. Il adhéra au PC en janvier 1929 et prit le pseudonyme de Louis Regor et travailla avec René Bailly et André Parsal (voir ces noms). Il était membre de la cellule n° 1 d’Orléans puis devint secrétaire régional adjoint et secrétaire de la section d’Orléans. Il assista à la conférence des secrétaires régionaux en août 1935 (et plus tard en janvier 1937). Il aida à la constitution des cellules d’entreprises à Orléans (cheminots, tabacs, hôpital) et s’orienta vers la liaison avec les usines où il était connu pour y avoir longtemps travaillé. Collaborateur de l’hebdomadaire régional Le Travailleur, il en devint l’un des principaux rédacteurs, traduisant de l’Espéranto des articles soviétiques (il était espérantiste depuis 1935 mais, curieusement, dans son autobiographie du 28 octobre 1937 il ne mentionna pas ce fait alors qu’il fait état de sa connaissance de quelques mots d’espagnol).

Sur le plan syndical, Roger Roby avait adhéré dès janviers 1928 au syndicat unitaire des Métaux et devint secrétaire de la section des jeunes syndiqués CGTU de l’UL d’Orléans. En 1931 il siégeait à la CE de la 29e UR unitaire et devint en 1934 secrétaire du syndicat unitaire des métaux d’Orléans. La même année, il participa à la constitution du Comité orléanais de lutte contre le fascisme et la guerre. Lors des élections municipales de 1935 il fut candidat en 3e position sur la liste du BOP conduite par René Bailly et il obtint 1290 voix.

Roger Roby avait la confiance de la direction nationale du PC puisqu’une autobiographie du 12 juin 1933 fut suivie d’un commentaire favorable (Bon - A suivre - A) d’Eugen Fried, en accord avec Albert Vassart, le 4 juin 1934. Il partit alors en octobre 1935 en URSS pour seize mois à l’École léniniste internationale. Il remplit à son arrivée, le 17, un questionnaire biographique sous le pseudonyme d’Alexandre Lambert. Il signa le 13 avril 1936 la lettre du collectif du secteur “I” (français), ses étudiants, ses professeurs et employés, à l’occasion du 10e anniversaire de l’École, et pour remercier la directrice, Klavdia Ivanovna Kirsanova. (RGASPI 531 1 176, 24). Il était considéré à l’issue de l’école comme « académique : très bon ; politique : bon ; social : bon ; liaison masse : bonne ; défaut : un peu nonchalant. Qualités particulières : organisation, agitateur. » (RGASPI 517 1 1113).

Il lut et étudia “sérieusement” les principaux textes de Marx, Engels, Lénine, Staline. Mais il n’était pas en France au moment des occupations d’usines et il ne put acquérir l’influence que sa participation au mouvement lui aurait assurée. Il revient plusieurs fois sur cette absence qu’il semblait vivement regretter dans son autobiographie d’octobre 1937.
Il était certes au syndicat unifié des métaux mais son action est gênée d’autant plus que la direction est sous le contrôle des ex-confédérés. D’ailleurs il travaillait depuis son retour en janvier 1937 à l’Imprimerie coopérative contrôlée par le PC et se consacrait surtout à l’organisation du parti dont il était secrétaire adjoint de la Région Loiret - Loir-et-Cher puis secrétaire régional succédant à Henri Oudin de la fin 1937 à 1939. Il entreprit un important travail d’organisation qui porta le nombre d’adhérents de 900 en 1936 à 1166 en 1939.

En octobre 1937, Roger Roby fut candidat aux élections au conseil général dans le canton d’Orléans Nord-Est. Opposé au radical Jean Zay, conseiller sortant et ministre de l’Éducation nationale du gouvernement Chautemps, il obtint 321 voix au 1er tour (7,7 % des suffrages exprimés) et se désista en faveur de J. Zay qui fut réélu. En mars 1939, il fut candidat dans le même canton à une élection partielle et obtint 578 voix (16,5 % des suffrages exprimés) ; il se désista à nouveau en faveur du candidat radical.

Mobilisé le 5 septembre 1939 comme caporal-radio au 331e RI, fait prisonnier en mai 1940 dans les environs de Sedan, il demeura en captivité au moins jusqu’en juillet 1942.

De retour à Orléans après la guerre, Roger Roby ne semble plus avoir joué de rôle dans la vie politique locale. Il garda le secret sur sa présence à l’ELI et à un étudiant qui lui demanda dans les années 1990 quel souvenir il gardait de son séjour à Moscou, il répondit sobrement : « Il faisait froid ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76014, notice ROBY Roger, Alexandre. Pseudonymes : RÉGOR Louis, LAMBERT Alexandre. par Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 janvier 2010, dernière modification le 24 janvier 2010.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. PPo. 88. — Arch. Dép. Loiret, 20777-35378a. — BMP, microfilm 10761-62. — Centre confédéral d’Archives CGT. — Arch. PC de la région orléanaise, 1 PA14-18. — Le Travailleur (Loiret), 1929-1939. — L’Antifasciste, juin 1938. — Archives Komintern, RGASPI, Moscou, 495 270 1750 ; autobiographie non reproduite du 12 juin 1933 : jugement de Fried ; questionnaire biographique non reproduit du 17 octobre 1935 à l’arrivée à Moscou ; autobiographie du 28 octobre 1937 (reportées par René Lemarquis).

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