RIGAULT Jacqueline, Marguerite, Mathilde (version DBK)

Par Claude Pennetier

Née le 2 mai 1915 à Beauvais (Oise), morte le 25 décembre 2004 à Eaubonne (Val-d’Oise) ; employée de bureau ; militante communiste ; traductrice et collaboratrice du Komintern ; résistante déportée.

Fille de Marcel Albert Rigault, horloger-bijoutier, et de renée Roger, professeur de musique, deux militants communistes, Jacqueline Rigault fit ses études jusqu’à l’âge de seize ans et obtint le brevet d’enseignement primaire supérieur. En 1927-1928, elle avait accompagné ses parents en URSS où elle apprit le russe. Lors de ce premier séjour en URSS où elle fut membre des pionniers, son professeur de russe lui avait fait lire L’ABC de la politique pour le Komsomol. Elle commença à travailler à seize ans et garda les enfants des « camarades russes de la représentation commerciale à Paris ». Elle fut secrétaire pour différentes associations et syndicats à Paris. Elle entra aux Jeunesses communistes lors des législatives de 1932 puis au Parti communiste en août 1934.

En 1935, elle fut envoyée par le Parti communiste à Moscou pour travailler comme dactylo au Komintern jusqu’au début de l’année 1938. Sa connaissance du russe lui donnait un rôle de premier plan dans le pool des six dactylos françaises.Elle suivit des cours du soir à l’École léniniste internationale de Moscou. Une note conservée dans les archives du Komintern, signée Eisenberger et datée du 15 octobre 1936, vantait ses qualités (sérieuse, studieuse) et concluait : « Pas d’opposition à un travail confidentiel. » C’est sans doute Jacqueline qui signe le 13 avril 1936 la lettre du collectif du secteur “I” (français) de l’École léniniste internationale de Moscou, ses étudiants, ses professeurs et employés, à l’occasion du 10e anniversaire de l’École, et pour remercier la directrice, Klavdia Ivanovna Kirsanova. (RGASPI 531 1 176, 24).

En 1938 et 1939, elle travailla au secrétariat de Maurice Thorez et de l’Humanité.

Après l’interdiction du Parti communiste, elle participa à la confection de publications communistes et à celle de l’Humanité clandestine. Arrêtée, avec sa mère, à Lyon le 14 mars 1941 et condamnée à la prison à perpétuité, elle fut successivement emprisonnée en France avant d’être déportée à Ravensbrück (Allemagne) puis dans un kommando dans les Sudètes, de fin mars au 9 mai 1945.

Après la guerre, elle reprit son emploi au comité central du PCF. En 1948-1950, elle travailla à Bucarest (Roumanie) au Bureau d’information des Partis communistes et ouvriers (Kominform) puis revint auprès du comité central du PCF, particulièrement auprès de Gaston Plissonnier. Entrée à l’Association France-URSS en 1959, elle fut la secrétaire du général Petit (président-délégué pendant trois ans), puis, jusqu’en 1978, la responsable de la documentation. Membre du bureau de l’Amicale de Ravensbrück, puis de sa vice-présidence, elle est l’un des auteurs du livre Les Françaises à Ravensbrück.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76012, notice RIGAULT Jacqueline, Marguerite, Mathilde (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 6 juillet 2015, dernière modification le 6 juillet 2015.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 2132. — Notice par M. Dreyfus et J. Girault, DBMOF. — État civil.

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