RAMETTE Arthur, Jean-Baptiste. Pseudonyme : DUPUIS, LEO, en 1940 : RUQUET A. [version DBK]

Par Michel Dreyfus

Né le 15 octobre 1897 à Caudry (Nord), mort le 15 décembre 1988 à Seclin (Nord) ; ajusteur-mécanicien-forgeron ; secrétairede la Fédération Nord du PC (1925-1939) ; membre du comité central (1930-1967) et du bureau politique du PCF (1932-1950).

Militant du Parti communiste dès sa fondation, Arthur Ramette prit des responsabilités croissantes dans la Région Nord du PC à partir de 1924, date à laquelle il se lia avec Maurice Thorez. En novembre-décembre 1925, il fit un stage à l’école centrale du Parti à Clichy où il rencontra pour la première fois Dimitri Manouilski, arrivé le 2 décembre à Paris pour réorganiser le Parti.

Devenu un des principaux responsables communistes de la Région du Nord, Arthur Ramette joua un rôle prépondérant durant les grèves qui y éclatèrent en 1931 et au cours desquelles il fit la connaissance d’Eugen Fried et d’Anna Pauker. Siégeant de fait au CC du PC depuis 1930, il fit son entrée officielle au BP du PC en 1932 lors de son 7e congrès. Élu député la même année, il partagea jusqu’en 1939 sa vie entre Paris et le Nord, faisant preuve d’une intense activité dans tous les domaines. Devenu le principal dirigeant de la Région communiste du Nord, il assista à tous les congrès du PC et prit une activité de plus en plus grande sur le plan national. Il semble avoir fait plusieurs voyages à Moscou, dès 1930-1932 et certainement en 1935 où il aurait été délégué du PC auprès de l’IC, mais on ne sait pas pour combien de temps. Puis, les voyages se multiplièrent de 1936 à 1939, Arthur Ramette intervenant alors auprès de l’IC sur un nombre de questions croissantes.

À partir de septembre 1939, Arthur Ramette, kominternien fidèle entre les fidèles, joua un rôle capital dans l’histoire du PC. Eugen Fried* était parti fin août organiser un centre clandestin à Bruxelles. Maurice Thorez, Marcel Gitton* et Raymond Guyot* étaient mobilisés ; la direction du Parti reposa alors sur Jacques Duclos, Benoît Frachon*, Arthur Ramette et Maurice Tréand*. En contact avec Eugen Fried, Arthur Ramette contribua à la mise en place du matériel de propagande du Parti communiste, en particulier la publication à partir du 15 septembre 1939 d’une revue Monde. Il fut le président du Groupe ouvrier et paysan français qui, le 29 septembre, remplaça le PC dissous trois jours plus tôt. Puis avec Florimond Bonte*, il fut le signataire de la lettre envoyée le 1er octobre 1939 au président Herriot, demandant que des pourparlers de paix soient engagés avec Hitler. Cette initiative eut pour conséquence un renforcement de la répression gouvernementale. Avec un agent de liaison, Marinette Laurent, Arthur Ramette assura la liaison entre la direction clandestine du PC (Duclos*, Frachon*) et Maurice Thorez alors mobilisé. Il mit au point l’évasion de Maurice Thorez* le 4 octobre puis participa cinq jours plus tard à Bruges en Belgique à une réunion à laquelle assistèrent également Fried*, Thorez, Duclos*, Dutilleul*, Ceretti* et Tréand* consacrée à l’orientation du Parti ainsi qu’à la situation difficile dans laquelle il se trouvait.

À l’issue de cette réunion, Ramette ne fut pas autorisé à revenir en France pour des raisons de sécurité. Sous un passeport luxembourgeois au nom de Walker, il vécut alors à Bruxelles pendant quelques semaines chez une avocate communiste, au nom de Rosy Holender, avant de déménager à Uccle dans la banlieue de Bruxelles. Jusqu’au début 1940, il participa à la direction du PCF à Bruxelles avec Duclos*, Tréand et Dutilleul*. Porté insoumis le 9 mars 1940, Arthur Ramette fut condamné par contumace le 3 avril 1940 à 5 ans de prison et 5000 F d’amende pour reconstitution de ligue dissoute.

À la suite d’une dernière rencontre avec Jacques Duclos, Arthur Ramette partit le 9 mai 1940 pour Amsterdam où il s’embarqua sur le Molotov ; après avoir voyagé, notamment en compagnie de Raymond Guyot* et Palmiro Togliatti*, il arriva à Leningrad dans la seconde quinzaine de mai 1940 puis à Moscou le 24 mai. Aussitôt, il participa avec Raymond Guyot* à une réunion avec Dimitrov, Manouilski*, Marty* et Stepanov où il mit l’accent sur l’effondrement de la France en se demandant ce que le mouvement communiste allait « faire demain si la France est occupée ». Puis il fut chargé des émissions de radio vers la France ; en juin 1941 après l’agression hitlérienne contre l’URSS, il quitta Moscou pour Oufa (Bachkirie) où il continua d’assurer les émissions de radio vers la France. Revenu à Moscou en mars 1943, il remplaça Marty dans les négociations avec la Légation française tout en poursuivant son travail à la radio jus-qu’en 1944.

Le 21 février 1944, avec Maurice Thorez, il demanda au délégué du Comité français de libération nationale (CFLN) le droit de se rendre à Alger mais ce ne fut qu’en novembre 1944 qu’il put regagner la France. Il reprit immédiatement sa place au bureau politique dont il fut écarté en 1950, au profit de Jeannette Vermeersch. Il siégea au CC jus-qu’en 1967 date à laquelle il eut un grave accident d’automobile ; enfin il dirigea la Fédération du Nord du Parti communiste jusqu’à sa retraite politique en 1973.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76003, notice RAMETTE Arthur, Jean-Baptiste. Pseudonyme : DUPUIS, LEO, en 1940 : RUQUET A. [version DBK] par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 24 janvier 2010, dernière modification le 4 octobre 2010.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : RGASPI, 493 1 627 ; 495 2 164 et 229 ; 495 4 356 ; 495 10 1 ; 495 10 a 5, 7, 15, 17, 18, 19, 34, 35, 49, 50, 54, 102, 103, 104 ; 495 32 61, 80 ; 517 1 167, 1266 et 1903. — Notice par Y. Le Maner, DBMOF, t. 39. — A. Kriegel, S. Courtois, Eugen Fried…, op. cit., notamment p. 354 — P. Broué, Histoire de l’Internationale…, op. cit.

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