DUMARTHERAY François, Constant

Né à Collonges (Haute-Savoie) le 27 janvier 1842 ; mort en 1931 ; demeurant à Lyon (jusqu’en 1871) ; militant de l’Internationale.

Dumartheray fut garçon de café, puis représentant de commerce — par la suite plombier à Genève (il se déclara aussi « lampiste » — cf. J. Guillaume, L’Internationale, t. III, p. 111) et classé par la police comme lithographe (Arch. fédérales, Berne, carton 53).

Après la disparition de la plupart des sections lyonnaises, en 1868, une Commission d’initiative fut chargée, fin 1869-début 1870, de la réorganisation de l’Internationale.

Le 13 mars, Dumartheray fut nommé membre de la commission fédérale de quinze militants qui succéda à la commission d’initiative — voir Busque Léo. Il était prévu que cette commission serait renouvelée annuellement en assemblée générale ; deux délégués par corporation adhérente devaient être adjoints aux quinze membres élus (L’Internationale, 23 et 30 janvier, 27 mars 1870 ; Testut, L’Internationale, pp. 170 à 172).

Arrêté au début de mai en raison de son appartenance à l’Internationale, il bénéficia de l’amnistie lors de la proclamation de la République (J. Guillaume, L’Internationale, t. II, p. 30, Arch. PPo., B a/439 et Arch. Mun. Lyon, I 2/55, pièce 80).

Réfugié à Genève, il représenta — avec Alphonse Andignoux, Charles Ostyn et Antoine Perrare — la section genevoise « L’Avenir » au 6e congrès de l’Internationale « antiautoritaire », Genève, 1-6 septembre 1873 (J. Guillaume, L’Internationale, t. III, pp. 109-111). Au cours de la discussion de l’article 2 des statuts ainsi conçu : « Quiconque adopte et défend les principes de l’Association peut en être reçu membre, sous la responsabilité de la section qui l’admettra », Dumartheray proposa que l’article soit rédigé de la façon suivante : « Ne feront partie de l’Internationale que les travailleurs manuels. » J. Guillaume, qui rapporte le fait dans l’Internationale (t. III, p. 124), indique en note : « Cinq ans et demi plus tard, en février 1879, Dumartheray, par une heureuse inconséquence, devait s’associer avec Kropotkine et Herzig, qui n’étaient, ni l’un ni l’autre, des travailleurs manuels, pour fonder à Genève le journal Le Révolté. »

En 1876, Dumartheray assista encore à un congrès de l’AIT « antiautoritaire », le huitième, tenu à Berne du 26 au 29 octobre. Il y fut délégué par le cercle d’Études sociales de Genève et fit partie de la commission chargée d’étudier la deuxième question de l’ordre du jour : De la solidarité dans l’action révolutionnaire (J. Guillaume, l’Internationale, t. IV, pp. 93-94). L’année suivante, il aida à la constitution d’une fédération française dont la commission administrative (L’Avant-Garde, n° 2, 15 juin 1877) était composée de Charles Alerini, Paul Brousse, Dumartheray, Jules Montels, L. Pindy. Le 1er congrès se tint à la Chaux-de-Fonds les 19 et 20 août (compte rendu dans l’Avant-Garde. En novembre, il publia, avec Pierre Jeallot, Hippolyte Ferré, Charles Alerini et Jean-Louis Pindy, un manifeste qui confirmait une première déclaration abstentionniste signée, au nom de la fédération, par Jean-Louis Pindy et répandue en France à la veille des élections du 14 octobre (Bulletin de la fédération jurassienne, n° 45, 11 novembre 1877).

Selon L. Descaves (cf. Philémon..., op. cit., p. 316) Dumartheray demeura en Suisse après l’amnistie. Il vivait à Genève en 1927. « Il va toujours aussi bien que possible, ce doyen de nos idées », écrivait Nettlau à Grave le 20 août de cette année (cf. Archives Jean Grave, IFHS.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75953, notice DUMARTHERAY François, Constant, version mise en ligne le 18 janvier 2010, dernière modification le 18 janvier 2010.

ŒUVRE : Dumartheray figure au nombre des 54 signataires d’une adresse de quatre pages imprimées Au citoyen Garibaldi par les proscrits de la Commune, Genève, 27 janvier 1875 (sans autre indication). Un exemplaire de cette adresse se trouve à l’IFHS (archives Claris). — Aux travailleurs manuels partisans de l’action politique, Genève, avril 1876.

SOURCES : Ci-dessus et Arch. PPo., B a/440. Rapport Testut, 16 avril 1778.

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