DEVILLE Jacques

Né à Fraisse, agglomération de Firminy (Loire) le 17 janvier 1818 ; mort fin octobre ou début novembre 1884 (funérailles le 3 novembre) ; opposant au Second Empire ; militant de l’Internationale à Lyon ; socialiste.

Passementier à Saint-Étienne (Loire), Deville fut arrêté, le 5 mai 1856, pour appartenance à la société secrète les Pères de Famille. Il bénéficia d’un non-lieu. Voir Akermann Claude.

En 1868, Deville quitta Saint-Étienne qu’il habitait alors et vint s’établir à Lyon, impasse Gigodot ; veuf, père de deux enfants, un rapport de police le présente ainsi : « Sobre, économe, très assidu à son travail. »
Il appartenait alors à la Société des ouvriers passementiers à la barre, de Lyon (Rhône), qui adhéra collectivement à l’Internationale le 1er août 1869. Voir Martin L.

La plupart des sections lyonnaises de l’Internationale ayant disparu, Deville fit partie de la commission d’initiative chargée de la réorganisation de l’Internationale à Lyon. Le 25 janvier 1870, il fut désigné avec Bourseau, Beauvoir, Ginet et Vernaz pour s’occuper des questions de propagande (L’Internationale, 23 et 30 janvier 1870, Testut, L’Internationale, pp. 170-171).

Poursuivi, en avril 1870, en raison de son appartenance à l’Internationale, il bénéficia de l’amnistie lors de la proclamation de la République (Arch. PPo., B a/439).

Membre du Comité central du Salut de la France, il fut, le 25 septembre, l’un des signataires de l’Affiche rouge, émanation de ce comité, qui proposait, dans son article 1er, l’abolition de « la machine administrative et gouvernementale de l’État », et dans ses articles V et suivants l’instauration de comités révolutionnaires « qui exerceront tous les pouvoirs sous le contrôle immédiat du peuple ». (J. Guillaume, L’Internationale, t. II, pp. 94-95).

Fin 1872, il s’affilia à la section de la Croix-Rousse clandestinement reconstituée par Boriasse — voir ce nom. Des réunions se tinrent chez lui. Avec Roussel, il était chargé de recueillir les cotisations (10 centimes, puis 25 centimes par semaine).

Arrêté fin 1873, il comparut devant le tribunal correctionnel de Lyon et fut condamné, le 25 avril 1874, à deux ans de prison, 50 f d’amende et cinq ans de privation des droits civiques (affaire dite du Complot de Lyon). voir Camet C.

Après sa libération, Deville appartint à l’équipe fondatrice du « Droit social », société coopérative ouvrière qui s’était fixé pour but de faire paraître un journal d’unité ouvrière (1879) mais, lorsque le journal parut en 1882, la coopérative était passée aux mains des anarchistes.
En 1880, Jacques Deville était co-gérant du quotidien L’Émancipation, « Organe du Parti ouvrier », dirigé par Malon et paraissant à Lyon. Il signa les exemplaires du dépôt légal.
Au moment de sa mort, Deville, débitant de boissons, 3, rue Bodin, à Lyon, appartenait au POF et à la Libre Pensée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75946, notice DEVILLE Jacques, version mise en ligne le 18 janvier 2010, dernière modification le 18 avril 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/822 (dossier vide). — Arch. Dép. Rhône, série U, procès-verbaux du tribunal correctionnel de Lyon, avril 1874. — Arch. Dép. Loire, 10 M 63. — Arch. Mun. Lyon, I 2/55, pièces 27 et 76. — Gazette des Tribunaux, 22-26 avril 1874. — Note de J. Chuzeville.

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