ZILLIACUS Konni

Né le 13 septembre 1894 à Kobe, Japon ; mort le 6 juillet 1967 à Londres ; député travailliste, écrivain.

Konni Zilliacus offre un exemple parfait de ce que Bernard Shaw* appelait une « nationalité composite » : son père, journaliste de renom, était finno-suédois et sa mère était une Américaine d’origine écossaise. De son enfance voyageuse, il retire la maîtrise de plusieurs langues et une optique très internationale. Ses premières années en effet s’étaient passées au Japon, à New York, en Finlande et en Suède, puis pour ses études secondaires, il était venu en Angleterre, dans la public school de Bedales. Étudiant ensuite à l’Université de Yale, il termine premier de sa section en 1915. Il rentre alors en Angleterre pour s’engager dans l’aviation ; mais ses qualités intellectuelles et sa connaissance de plusieurs langues le font recruter comme officier de renseignement. En 1917, il fait partie de la mission militaire du général Knox auprès de l’amiral Koltchak (bien que lui-même fût très hostile aux armées blanches).

Rendu à la vie civile en 1919, Zilliacus adhère au parti travailliste et part pour Genève comme fonctionnaire de la Société des Nations. Là, il est aux premières loges pour assister à l’essor, puis à l’effondrement des espoirs de paix et de désarmement. Lors de la Conférence sur le désarmement, en 1932, Zilliacus est favorable au plan du président Hoover, mais le plan échoue, pour une part en raison d’une fuite provoquée par le Comité des Forges. Par la suite Zilliacus a toujours soutenu que les puissances occidentales avaient une large part de responsabilité dans les origines de la Seconde Guerre mondiale.

Zilliacus rentre en Grande-Bretagne en 1939 et jusqu’en 1945 il occupe un poste au ministère de l’Information. Lors des élections de 1945, au lendemain de la victoire, il est élu député travailliste de Gateshead. Il est un chaud partisan de l’amitié anglo-soviétique mais la guerre froide lui vaut une position de plus en plus difficile. Il persiste pourtant dans ses attitudes procommunistes et entre en conflit ouvert avec la direction du Labour. En avril 1948, il est un des vingt et un députés menacés d’expulsion à la suite du fameux « télégramme à Nenni » (considéré comme un geste de soutien du Parti communiste italien). Zilliacus finira par être exclu du Labour en mai 1949 pour avoir pris la parole lors du Congrès mondial pour la Paix parrainé par les communistes. Il est battu aux élections de 1950 où il se présente comme travailliste indépendant, mais réintégré au sein du Parti en 1952, il emporte le siège de Gorton (Manchester) trois ans plus tard et le conserve jusqu’à sa mort. Il continue de s’opposer à la majorité des travaillistes par ses opinions procommunistes ; de fait, il est moins un crypto-communiste qu’un partisan d’une entente avec le bloc de l’Est pour garantir la paix mondiale.

En dépit de ses brillantes qualités intellectuelles et de sa capacité à analyser les données de la politique internationale, Zilliacus est resté simple député car il n’inspirait pas confiance à la majorité du parti. Séduisant et spirituel, « Zilly » (comme l’appelaient ses familiers), avait une certaine influence personnelle mais c’est surtout par ses écrits (parfois publiés sous divers pseudonymes) et ses discours qu’il a essayé de faire partager ses convictions.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75904, notice ZILLIACUS Konni, version mise en ligne le 11 janvier 2010, dernière modification le 11 janvier 2010.

ŒUVRE : The League of Nation today (La SDN aujourd’hui), Londres, 1923. — The League, the Protocol and the Empire (La SDN, le protocole et l’empire), Londres, 1925. — Between two Wars ? (Entre deux guerres ?), Harmondsworth, 1939. — The Mirror of the Past (L’image du passé), Londres, 1944. — I Choose Peace (Option pour la paix), Harmondsworth, 1949. — Tito of Yugoslavia, Londres, 1952. — A New Birth of Freedom ? World Communism after Stalin (Renaissance de la liberté ? Le communisme mondial après Staline), Londres, 1957…

BIBLIOGRAPHIE : E.J. Meehan, The British Left Wing and Foreign Policy : A Study of the Influence of Ideology (New Brunswick, 1960). — Times, 7 et 13 juillet 1967. — Tribune (article de Philip Noel-Baker), 14 juillet 1967. — New Statesman (article de Mervyn Jones), 14 juillet 1967. — Who Was Who, 1961-1970. — Dictionary of National Biography, 1961-1970. — On peut consulter aussi M. Jenkins, Bevanism, Labour’s High Tide : The Cold War and the Democratic Movement, Nottingham, 1979. — P.M. Williams, Hugh Gaitskell : a political biography, Londres, 1979.

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