WOOLF Leonard Sidney

Né le 25 novembre 1880 à Londres ; mort le 14 août 1969 à Rodmell, Sussex ; homme de lettres, fabien.

Léonard Woolf est né dans une famille israélite ; son grand-père paternel était tailleur à Londres et son père avocat ; sa mère, fille de diamantaires, était d’origine hollandaise. Élève à l’école préparatoire de Saint Paul’s School, il obtient une bourse d’études secondaires pour cette célèbre public school londonienne ; il est ensuite admis à Trinity College, Cambridge, où il étudie les lettres classiques. Diplômé en 1903, Woolf prépare alors le concours d’entrée à la fonction publique qu’il réussit en 1904. Il est aussitôt envoyé comme administrateur colonial à Ceylan où il demeure jusqu’en 1911. Revenu en congé en Angleterre, il démissionne en 1912. Comme l’expérience coloniale avait éveillé chez lui un besoin de prendre des responsabilités civiques, il se met à étudier le système social cependant que la misère qu’il découvre alors dans les taudis de l’East End convertit ce libéral au socialisme. C’est dans le mouvement coopérateur qu’il commence par s’engager, car il voit là le meilleur moyen de remplacer le capitalisme. Il collabore aux centres de formation et d’éducation du mouvement et, en 1919, résume ses idées dans un livre intitulé : « La coopération et l’avenir de l’industrie » (Co-operation and the Future of Industry).

En 1912, il avait épousé la fille de Sir Leslie Stephen, Virginia, la célèbre romancière. Avec elle, il fonde une maison d’édition, Hogarth Press, qui tout en ne publiant que des œuvres de qualité, se révèle être un succès commercial.

Au cours de la Première Guerre mondiale, Leonard Woolf, passionné de réconciliation entre les peuples, fonde dans ce but un association en faveur d’une société des nations (League of Nations Association qui deviendra la League of Nations Union) et publie pour la Société fabienne une brochure, International Government (1916), où il soutient l’idée d’une coopération internationale fondée sur le droit afin de prévenir toute nouvelle guerre. Il écrit une autre brochure pour la Société fabienne sur l’impérialisme en Afrique, « Empire et commerce en Afrique » (Empire and Commerce in Africa, 1918). Ces deux contributions lui valent une réputation d’expert, si bien que Sidney Webb* lui demande de venir travailler au parti travailliste, réorganisé en 1918. Arthur Henderson* nomme alors Woolf secrétaire (à titre bénévole) de deux comités d’études, l’un relatif aux problèmes internationaux l’autre aux questions coloniales. Woolf anime pendant vingt ans ces deux comités qui élaborent plusieurs documents de travail et recommandations à l’intention de la direction du Labour Party, en particulier à propos de l’autonomie de l’Inde et des méthodes d’administration et d’exploitation économique en Afrique.

Woolf poursuit parallèlement une carrière remarquée de journaliste. Il avait débuté en collaborant au New Statesman pendant la Première Guerre mondiale, puis en 1922 il entre à la rédaction du Nation où il est chargé de la critique littéraire jusqu’en 1930. A cette date, il participe à la création du Political Quarterly dont il partage la responsabilité de rédacteur en chef avec W.A. Robson jusqu’en 1959 (sauf durant la Seconde Guerre mondiale où il assume seul les fonctions), il est ensuite critique littéraire jusqu’en 1962.

L’activité politique de Woolf ne s’est jamais ralentie. Membre de l’Independent Labour Party, il avait écrit en 1921 une brochure pour le mouvement, « Socialisme et coopération » (Socialism and Co-operation) ; en 1920, il s’était présenté aux élections législatives comme candidat des universités, mais il avait été battu et avait décidé de ne plus se représenter. Il collabore pendant de longues années à la Société fabienne où ses compétences en politique étrangère sont si bien reconnues qu’il préside le bureau fabien des questions internationales. On fait aussi appel à Woolf en matière d’arbitrage administratif et de 1938 à 1955, il siège au Civil Service Whitley Council. En même temps, Leonard Woolf suit avec une attention angoissée l’évolution de la situation internationale et les menaces que celle-ci fait peser sur le destin de millions d’êtres humains. De 1931 à 1953, il publie trois recueils de réflexions que le public accueille d’ailleurs avec indifférence : « Après le déluge, I » (After the Deluge I, 1931), « Après le déluge, II » (After the Deluge II, 1939) et Principia Politica (1953). Enfin, de 1960 à 1969, Woolf raconte en cinq volumes de souvenirs sa vie, ses engagements divers dans le mouvement travailliste, ses activités littéraires, journalistiques. Leonard et Virginia Woolf s’étaient établis pendant la guerre dans leur propriété du Sussex, à Rodmell, au bord de l’Ouse. C’est là que Virginia Woolf se suicide le 28 mars 1941. Sur avis médical, le couple n’avait pas eu d’enfant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75902, notice WOOLF Leonard Sidney, version mise en ligne le 11 janvier 2010, dernière modification le 11 janvier 2010.

ŒUVRE : En plus des ouvrages cités dans le texte, on peut mentionner : Essays on Literature, History and Politics, Londres, 1927. — Imperialism and Civilisation, Londres, 1928. — Barbarians at the Gate (Les Barbares sont à la porte), Londres, 1939. — Sowing (La semence), Londres, 1960. — Growing (Croissance), Londres, 1961. — Beginning Again (Recommencement), Londres, 1964. — The Journey not the Arrivai matters (Seul compte le parcours), Londres, 1969.

BIBLIOGRAPHIE : Who Was Who, 1961-1970. — Dictionary of National Biography, 1961-1970. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. V.

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