MONCEAUX Edgard (écrit souvent Edgar), Charles [DARRAS Edgard à la naissance, légitimé par Charles MONCEAUX]. Pseudonyme à l’ELI : DARRAS Pierre (version DBK)

Par Claude Pennetier, René Lemarquis

Né le 18 septembre 1904 à Sucy-en-Brie (Seine-et-Oise), mort le 16 février 1974 à Paris (XVIIIe arr.) ; ouvrier métallurgiste ; militant communiste de Paris ; élève de l’École léniniste internationale (octobre 1931-1932).

Edgar Monceaux est né dans une famille bourgeoise de dirigeants de raffineries de sucre. Son père, bachelier, était ingénieur et directeur dans une usine d’Eppeville (Somme) et sa mère, ouvrière, épousa son père l’année de la naissance d’Edgar après plusieurs années de liaison. Ce père perdit sa situation suite à un procès avec les actionnaires de l’usine. « Réactionnaire » jusqu’à sa mort en 1911, il envoya son fils dans une école religieuse. Après le décès, sa mère le retira de cette école pour le mettre dans une école publique de Saint-Ouen où il obtint son certificat d’études primaires. Il fut ensuite élève une année dans un cours supérieur de l’École Turgot. Il commença à travailler à l’âge de treize ans et, dit « Roudoudoux », pendant deux ans exerça divers métiers : employé de bureau, apprêteur sur étoffe, réassortisseur dans la broderie, vendeur de perles et paillettes, plongeur sur les wagons-restaurants... avant d’entrer dans une fonderie comme manœuvre. Après une année de travail en fonderie il tomba malade pendant cinq mois. Ayant alors appris le métier de noyauteur spécialisé dans les cylindres d’automobile, il travailla à partir de 1919 dans diverses fonderies de la région parisienne jusqu’en 1930, à Paris, chez Renault à Billancourt,, chez Vergne à Pantin…. Il avait été réformé définitivement pour maladie de cœur après un mois de présence à l’armée. Il épousa, vers 1928, Suzanne Vivy (voir Suzanne Monceaux) une fille d’ouvrier métallurgiste qui était alors membre du Parti communiste. Elle-même, vendeuse de magasin puis dactylo, était adhérente en 1929, elle avait gagné un concours d’abonnements de L’Ouvrière et avait passé deux mois en URSS, invitée par le rayon de Léningrad.

Edgar Monceaux adhéra au PC en mars 1929 dans le 3e Rayon recommandé par un camarade de son usine puis il passa au 2e Rayon. Il se disait sympathisant depuis plusieurs années mais “la tactique classe contre classe [lui] paraissait trop [à] gauche”. Depuis juin 1926 il était d’ailleurs membre du Syndicat unitaire des métaux et il fut secrétaire et trésorier de sections syndicales d’usine. Ajusteur à la Fonderie de Charonne dans le XXe arr., en mars 1929, secrétaire d’un comité de grève dans la fonderie lors d’un mouvement qui toucha une centaine d’ouvriers, sa section était passée de 5 à 33 syndiqués en dix mois. Il en fut congédié pour propagande révolutionnaire le 28 janvier 1930. Dans son activité syndicale, il manifesta d’abord « son désaccord sur le rôle dirigeant du parti » mais, toujours discipliné, il combattit les dirigeants « minoritaires » de la section locale des métaux du XXe arr. et reconnut la justesse de la position du PC. Il fut membre du Conseil de la section technique fonderie du Syndicat unitaire des métaux et de la CE de ce syndicat. En avril 1930, il fut désigné par le congrès annuel de l’Union des syndicats de la région parisienne comme secrétaire appointé jusqu’en septembre 1931. Lors de son départ à l’ELI il fut remplacé à ce poste par Marcel Paul*.

Dans le PC Edgar Monceaux fut affecté successivement à trois cellules d’entreprise formées de “rattachées” et à une cellule locale. Il fut chaque fois nommé secrétaire et trésorier de la cellule. Il assista en juillet 1930 à la Conférence régionale de la RP et à plusieurs conférences de Rayon. Il était, par ailleurs, membre du secrétariat d’un comité local du SRI du XXe arr. Il donnait comme garants : Marthe Potosniak*, Henri Raynaud*, Jean-Pierre Timbaud*.

Désigné pour suivre les cours de l’École léniniste internationale, Edgar Monceaux arriva à Moscou le 1er octobre 1931 et signa sous le pseudo de Pierre Darras un questionnaire biographique. Il demanda une aide pour subvenir aux besoins de sa mère paralysée et hospitalisée et de sa femme malade incapable de travailler.

Le comité de la région parisienne donnait à son départ l’appréciation suivante : « militant communiste dans les syndicats Est susceptible de se renforcer considérablement. Attitude bonne envers la politique du parti. Manque d’énergie politique. À besoin d’éducation théorique. Bon agitateur syndical. Assidu, dévoué à l’organisation. À besoin de développer son imitative. »

Il appartenait au deuxième contingent pour l’école léniniste internationale d’un an, fort de 22 militants . Voici la liste avec les commentaires du Komintern après l’école : Holmières René, base, Région Pyrénées ; Dourdin Gaston, base, région Paris-Nord ; Zellner Émile, secrétaire du sous-rayon de Vitry ; Billat Paul, secrétaire de la région des Alpes ; Monceaux Edgard, (secrétaire du sous-rayon d’Ivry, barré), base ; Moine André, membre du BR, région des Pyrénées ; Herbs Michel, responsable du travail syndical de la région troyenne ; Martinan, membre du secrétariat de la région Est ; Jolly Robert, base ; Gillot Auguste, région Paris-Sud ; Furmeyer, base, région Alsace-Lorraine ; Galatry Émile, secrétariat région Nord-Est ; Capitaine Thérèse, secrétariat rayon de Boulogne ; Desrumeaux Martha, instructeur du CC ; Havez Auguste, mairie de Vitry, agit-prop région Paris-Sud ; Boualem, section coloniale ; Bouchafa Salah, section coloniale, 20e UR ; Albert, nègre ; Dalmas Albert, base, région Paris-Ville, renvoyé de l’École ; Paumard Jean, base région Paris-Ouest, renvoyé de l’École ; Ignacy Jany, pol. bord (illisible) ; Kuhn Guillaume, secrétariat SRI Alsace-Lorraine.

Monceaux fut jugé positivement par Auguste Havez* (« intelligent, très sérieux, travaille bien, peut être un bon instructeur” ») et Barbé (« très intelligent, le type parfait de l’ouvrier intellectuel »). Mais tous deux emploient le terme de « dilettante » (et même « amateur » par Barbé qui met en doute la caractéristique de « bon agitateur syndical » car « il n’a rien de l’homme de masses »). On doute par ailleurs de son esprit de sacrifice et on précise qu’il travaille « académiquement » plus que politiquement.

Bouquiniste sur les quais de la Seine, non loin de l’Hôtel de Ville, Edgar Monceaux dirigea après la Libération le CDLP. Lorsqu’il cessa cette activité, il tenta « un retour à la terre » dans le Lot qui, faute d’expérience, fut un échec. Il revint à Paris et occupa un stand de livres d’occasion et de gravures au marché aux Puces jusqu’à sa mort. Il s’était marié le 4 mars 1959 à Paris (VIIe arr.) avec Raymonde Baudry.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75842, notice MONCEAUX Edgard (écrit souvent Edgar), Charles [DARRAS Edgard à la naissance, légitimé par Charles MONCEAUX]. Pseudonyme à l'ELI : DARRAS Pierre (version DBK) par Claude Pennetier, René Lemarquis, version mise en ligne le 8 janvier 2010, dernière modification le 8 janvier 2010.

Par Claude Pennetier, René Lemarquis

SOURCE : RGASPI, Moscou, 495 270 8508 ; 517 1 998. — Arch. Nat. F7/13771. — Arch. PPo. 315. — Notes de Jacques Girault et de Sylvain Boulouque. — Notes de Robert Brécy. — État civil de Sucy-en-Brie.

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