SMITH Herbert

Né le 17 juillet 1862 à Great Preston, Kippax, West Yorkshire ; mort le 16 juin 1938 à Barnsley, South Yorkshire ; dirigeant mineur.

Herbert Smith est né et a passé ses premières années dans l’asile des pauvres (workhouse) de Great Preston ; son père, un mineur, avait été tué dans un accident du travail juste avant sa naissance et sa mère mourut peu de temps après. Le jeune garçon est alors adopté par un ménage d’ouvriers sans enfant qui offre à l’orphelin un foyer heureux et même, pour l’époque, confortable ; il prend le patronyme de ses parents adop-tifs.

Après quelques années à l’école primaire, Smith entre à la mine à dix ans ; très jeune il fait preuve d’intrépidité et d’assurance, qualités typiques du milieu du travail du Yorkshire. Il a la réputation d’un bon ouvrier et d’un bon syndicaliste, mais rien jusqu’à la trentaine ne laisse présager en lui un futur leader ouvrier.

En 1890, Smith est élu membre du comité scolaire de Glass Houghton (où il habite) et c’est son premier engagement dans la vie publique. L’année suivante, il entre au conseil paroissial et au Bureau des Gardiens de l’Assistance publique. De 1896 à 1904, il préside la Bourse du Travail de Castleford. C’est lentement et progressivement que Smith s’affirme, tant dans le monde politique que syndical. Délégué en 1894 de l’Association des mineurs du Yorkshire (Yorkshire Miners’ Association) il s’oriente vers le socialisme. Il avait été fortement impressionné par la grande grève des mineurs et le lock-out de l’année précédente, mais c’est essentiellement la venue à Barnsley de Pete Curran* qui conduit Smith à un engagement militant dans la gauche socialiste. A l’occasion d’une élection partielle, Curran se présente comme candidat de l’Independent Labour Party (ILP), soutenu par Robert Smillie* et Keir Hardie* et mène une rude campagne contre le candidat libéral, un propriétaire de mines, favorable au mouvement des huit heures et soutenu par Ben Pickard* et d’autres mineurs du Yorkshire. C’est lui qui l’emporte largement sur Curran.

En 1906, Smith est élu président de l’Association des mineurs du Yorkshire et dorénavant, il représente le Yorkshire à la Fédération des mineurs de Grande-Bretagne (Miners’ Federation of Great Britain, MFGB). Il va être de plus en plus associé à la vie de la Fédération dont il devient vice-président de 1917 à 1922 ; à cette date, il remplace Robert Smillie au poste de président. Il démissionnera en 1929 car son Association des mineurs du Yorkshire est en complet désaccord avec la majorité de la MFGB sur la question de la durée du travail. Ce sera Tom Richards* qui lui succédera.

Smith s’était acquis, à partir de 1906, une réputation de courage dans tout le pays grâce aux opérations de sauvetage auxquelles il avait pris part lors de plusieurs catastrophes minières. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Smith représente, avec Robert Smillie et Frank Hodges*, la MFGB à la commission Sankey (commission royale d’enquête sur les houillères). Puis tout au long de la grève générale de 1926 et du lock-out qui suivit, il passe pour le leader des mineurs le plus inflexible, alors qu’en fait il avait été à une ou deux reprises sur le point d’accepter un compromis.

Smith n’abandonne jamais l’action syndicale et il meurt à son bureau de Barnsley, âgé de soixante-seize ans. Il avait aussi continué de participer à des opérations de sauvetage et ses concitoyens lui rendirent un fervent hommage lors de ses funérailles qui eurent lieu le jour de la manifestation annuelle des mineurs du Yorkshire. Le cercueil fut porté de Barnsley à Castleford et sur tout le trajet, long de trente-six kilomètres, une foule nombreuse était massée de chaque côté de la route.

On a souvent identifié Smith avec la cause des mineurs. Il a assumé la responsabilité de leader à une époque où le déclin de l’industrie houillère mettait les syndicats de mineurs en position défavorable et il s’est heurté aux tout-puissants propriétaires de mines dont la ténacité égalait la sienne.

Dans les années 1920, les convictions socialistes de Smith s’étaient modérées, et après 1926, il est en conflit constant avec le Parti communiste et avec le mouvement que celui-ci inspire, le « mouvement de la minorité » (National Minority Movement).

Herbert Smith s’était marié en 1885 et avait eu quatre fils et cinq filles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75804, notice SMITH Herbert, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

BIBLIOGRAPHIE : J. Lawson, The Man in the Cap : the Life of Herbert Smith, Londres, 1941. —Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. II.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément