SMART Thomas Rayner

Né en 1772 près de Loughborough, Leicestershire ; mort le 11 novembre 1847 à Leicester ; chartiste.

Issu d’une famille ouvrière et orphelin de père très jeune, Thomas Smart s’instruit seul et apprend peu à peu le latin, l’italien, le français, l’espagnol et les mathématiques. Il publie des poèmes dans les journaux locaux et se fait remarquer par le marquis d’Hastings, qui lui procure un poste de contrôleur des impôts qu’il occupe pendant dix-sept ans. Au bout de ce temps ses positions radicales lui valent d’être licencié et il s’établit comme maître d’école. Pour améliorer son revenu, il exécute aussi des dessins pour des architectes et confectionne des machines.

Lorsque naît le chartisme, la réputation de radical de Thomas Smart est déjà établie et il prend la parole lors de la première réunion à Loughborough en 1838. L’année suivante, Loughborough le délègue à la Convention nationale et au cours de son séjour londonien, il fait de fréquentes interventions dans les réunions publiques de la capitale.

Smart continue de jouer un rôle important dans l’histoire du chartisme quand la Convention se déplace à Birmingham, il fait partie du comité des sept créé pour statuer sur le projet d’un arrêt de travail d’un mois en août 1839, le « mois sacré ». Ce comité, qui se réunit dans un café du Strand, refuse le sacred month, alléguant que les ouvriers ne sont pas prêts pour une pareille action. Smart retourne alors à Loughborough où il continue de militer en faveur du chartisme. Il s’oppose à la Ligue pour l’abolition des lois sur les blés (Anti-Corn Law League) ; il considère, comme bien d’autres chartistes, que le machinisme est plus dangereux pour les ouvriers que les lois sur les blés et il craint, dans ces conditions, que le pain à bon marché serve à maintenir de bas salaires.

En 1840, Smart est le délégué de Leicester à la réunion de Manchester qui donne naissance à l’Assemblée nationale pour la Charte et il est un des cosignataires du Manifeste, daté du 20 juillet 1840, qui annonce la création de l’Association.

L’année suivante, une scission s’opère parmi les chartistes de Leicester ; Smart rejoint Thomas Cooper* et la fraction majoritaire qui constituent la brigade « shakespearienne » des chartistes de Leicester. En 1842, il s’établit à Leicester, puis peu après à Markfield, à huit miles de Leicester. En 1845, il a soixante-treize ans et vit dans la pauvreté, secouru par le fonds des « Anciens patriotes ».

Jusqu’à sa mort, Smart reste fidèle au radicalisme ; en 1846, il envoie des poèmes pour le livre de chansons chartistes projeté par Thomas Cooper. La même année, quand Cooper rompt avec O’Connor*, Smart contribue à la création d’une section de partisans d’O’Connor à Leicester. Il meurt à l’âge de soixante-quinze ans, avant la dernière grande vague chartiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75802, notice SMART Thomas Rayner, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

BIBLIOGRAPHIE : R.J. Conklin, Thomas Cooper, the Chartist, Manille, 1935. — A.T. Pat-terson, Radical Leicester, Leicester, 1954. — Chartist Studies, A. Briggs ed., Londres, 1959. — J. Epstein, The Lion of Freedom : Feargus O’Connor and the Chartist Movement, 1832-1842, Londres, 1982.

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