QUELCH Harry

Né le 30 janvier 1858 à Hungerford, Berkshire ; mort le 17 septembre 1913 à Londres ; journaliste et propagandiste socialiste.

Fils d’un pauvre forgeron, Harry Quelch commence à travailler dès l’âge de dix ans. Quatre ans plus tard, il part pour Londres où, faute de qualification, il va d’un emploi à l’autre. Le plus clair de son instruction, c’est à lui-même qu’il la doit, ce qui ne l’empêche pas d’acquérir une assez vaste culture, puisqu’il lit couramment le français et l’allemand. Peu de temps après son arrivée à Londres, Quelch avait adhéré au club radical de Southwark où il est fortement influencé par F.W. Soutter*, un précurseur de la représentation ouvrière indépendante. Partisan de toutes les causes avancées et devenu républicain, Quelch adhère en 1881 à la Fédération démocratique, puis ne tarde pas à se convertir au socialisme après avoir lu le Capital de Marx en français et l’ouvrage d’Hyndman* England for All.. Son rôle à la Democratic Federation (qui se transforme en 1884 en Social Democratic Federation) grandit, il prend souvent la parole en public et écrit régulièrement dans Justice et dans d’autres publications socialistes. A la fin de 1884 se produit une scission et tandis que William Morris*, Belfort Bax*, Eleanor Marx* quittent la SDF, Quelch demeure aux côtés d’Hyndman. En 1886, il devient le rédacteur en chef de Justice et en 1891, il prend la direction de la nouvelle société d’imprimerie « La presse du XXe siècle » (groupe de typographes exclusivement consacré aux organisations socialistes et syndicalistes et dont les bénéfices servent à soutenir Justice).

Quelch milite aussi avec ardeur dans les trade-unions. Il joue un rôle notable pendant la grande grève des dockers de Londres en 1889. Membre actif du syndicat londonien des compositeurs d’imprimerie, on le trouve aussi à la Bourse du Travail.

En 1900, Quelch est le délégué de la SDF au congrès qui fonde le Comité pour la représentation du travail (Labour Representation Committee). Il y présente la motion célèbre — repoussée par la majorité des délégués — qui réserve le droit de représenter les travailleurs aux partisans déclarés de la lutte des classes et de la propriété collective. Dès l’année suivante, il pousse la SDF à se retirer du LRC et par la suite il combattra toute idée de réaffiliation. Ce qui ne l’empêche pas, à diverses reprises, de participer, mais en tant que délégué syndical, aux congrès annuels du LRC.

Quelch continue de militer jusqu’à la maladie qui devait l’emporter en

1913. De 1904 à 1906, il préside la Bourse du Travail de Londres. Il assiste régulièrement aux congrès socialistes internationaux. Par deux fois, en 1906 et en 1910, il se présente aux élections législatives, mais sans succès, comme candidat SDF. En 1911, il joue un rôle décisif dans la création du British Socialist Party, qui résulte de la fusion de deux courants : d’un côté la majorité de la SDF, de l’autre un certain nombre de sections dissidentes de l’ILP.

Quelch continue de soutenir fidèlement Hyndman jusque dans les situations les plus délicates. Lorsque Hyndman s’écarte peu à peu de la ligne pacifiste et manifeste une germanophobie croissante, Quelch le suit dans cette voie et l’on peut imaginer que s’il avait vécu jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il aurait adopté la même position patriotique que Hyndman.

Sans avoir été une personnalité de premier plan dans le mouvement ouvrier britannique, Quelch, militant honnête et désintéressé, a beaucoup contribué à la propagation du socialisme marxiste, ce qui lui a valu, à sa mort, un hommage vibrant de Lénine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75782, notice QUELCH Harry, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

ŒUVRE et BIBLIOGRAPHIE : Quelch a publié de très nombreux articles de presse et des brochures. On peut lire notamment ses Literary Remains, édités par E. Belfort Bax, Londres, 1914. — Voir aussi, H.W. Lee & E. Archbold, Social-Democracy in Britain, Londres, 1935. — C. Tsuzuki, H.M. Hyndman and British Socialism, Oxford, 1961. — W. Kendall, The Revolutionary Movement in Britain 1900-1921, Londres, 1969. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. VIII.

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