PONSONBY Arthur Augustus William Harry

Né le 16 février 1871 à Windsor, Berkshire ; mort le 23 mars 1945 à Hindhead, Surrey ; pacifiste et socialiste.

Arthur Ponsonby est né dans une famille noble de tradition whig : son père, Sir Henry Ponsonby, était le secrétaire privé de la reine Victoria et sa mère Mary Elizabeth Bulteel la petite-fille de Lord Grey, l’auteur de la réforme électorale de 1832. Page d’honneur de la reine à onze ans, il est deux ans plus tard élève du collège d’Eton, puis, en 1890, de Balliol Collège, Oxford, où ses maîtres Benjamin Jowett et A.L. Smith, exercent sur lui une forte influence. Conformément aux traditions de son milieu il entre dans la diplomatie (1894) et part en poste, d’abord en Turquie puis au Danemark. Appelé au Foreign Office en 1899, il en démissionne dès 1902 car il ne réussit pas à faire admettre ses projets de réforme. Il se tourne alors vers la politique : battu aux élections de 1906 (il s’était présenté comme candidat libéral pour Taunton) il devient secrétaire particulier du Premier ministre libéral Sir Henry Campbell Bannerman, jusqu’à la mort de ce dernier (1908). Il lui succède alors comme député de Stirling Burghs et entame une carrière parlementaire mouvementée.

D’opinions avancées, Ponsonby prétendait étendre les principes démocratiques au domaine des relations internationales. C’est ainsi que l’une de ses premières initiatives aux Communes consiste à s’opposer, en compagnie de Keir Hardie* et Victor Grayson*, à la visite du roi Edouard VII au tsar, geste qui lui vaut d’être exclu des garden-parties royales. Mais il donne bien d’autres marques d’anticonformisme : projet très radical de réforme de la Chambre des Lords (1909), participation à la Société pour le suffrage universel, publication en 1910 d’un livre intitulé « Le chameau et le trou de l’aiguille » (The Camel and the Needle’s Eye) et en 1912 d’un autre livre au titre non moins provocant « Le déclin de l’aristocratie » (The Decline of Aristocracy), le tout assaisonné de dénonciation du luxe et des mondanités de la haute société, si bien qu’on lui reproche de poignarder sa propre classe dans le dos. C’est l’époque où il plaide pour la réduction des dépenses militaires et critique sans relâche la politique de Grey, le ministre des Affaires étrangères, qu’il juge dangereusement prorusse et anti-allemand.

Opposé en 1914 à la déclaration de la guerre, Ponsonby estime que le conflit, résultat de la course aux armements et des manœuvres de la diplomatie secrète, est en réalité sans objet. Dès l’automne 1914, il contribue à créer avec Ramsay MacDonald*, Charles Trevelyan*, Norman Angell* et Edmund Morel* l’Union pour le contrôle démocratique (Union of Democratic Control) et s’efforce d’en faire passer le message tant au Parlement que dans l’opinion. Il attaque l’Église qui soutient la guerre et rejoint le groupe Bryce qu’avait fondé le pacifiste Goldie Dickinson* dans le but de réfléchir aux conditions de la paix et de la réconciliation internationale. Au Parlement, il prend position contre la conscription et en faveur d’un règlement négocié. Mais son pacifisme isole Ponsonby, qui est même exclu par sa section libérale à Stirling. Aux élections législatives de 1919, il est battu comme tous les autres candidats pacifistes. Peu après, il adhère au parti travailliste : loin d’être une conversion soudaine, c’est là l’aboutissement logique de plusieurs années de collaboration avec les travaillistes au sein de l’Union of Démocratic Control et du Club 1917. Revenu au Parlement en 1922, avec d’autres transfuges du parti libéral, Ponsonby contribue à façonner la politique étrangère du Labour. Il est nommé sous-secrétaire d’État au Foreign Office dans le premier gouvernement travailliste de 1924 et, à ce poste, il négocie habilement avec l’URSS, mais les accords conclus seront finalement repoussés par les conservateurs lorsque ceux-ci reviendront au pouvoir.

De 1924 à 1929, Ponsonby durcit ses positions. De plus en plus critique envers la politique de la SDN, il quitte l’UDC et consacre tout son temps au problème du désarmement. La « Lettre pour la paix » qu’il lance recueille cent trente mille signatures d’hommes décidés à refuser de participer à un nouveau conflit. Cette propagande pacifiste s’exprime aussi par plusieurs publications, notamment « C’est le moment » (Now is the Time, 1925) et « Les faussaires à l’œuvre en temps de guerre » (Falsehood in Wartime, 1928). Sur le plan de la politique intérieure, Ponsonby s’en prend au « gradualisme » de MacDonald et il réclame une ligne authentiquement socialiste pour le Labour.

Quand les travaillistes reviennent au gouvernement, il est successivement sous-secrétaire d’État aux Dominions auprès de son ami Sidney Webb* (jusqu’en décembre 1929) et secrétaire parlementaire du ministre des Transports (décembre 1929-août 1931). Déçu par ces postes de second rang, et de plus en plus inquiet de l’évolution des leaders du parti, il accepte d’être élevé à la pairie en 1930. Après la débâcle travailliste de 1931, il devient leader de l’opposition à la Chambre des Lords, mais doit renoncer à ce poste en 1935, car il refuse les sanctions contre l’Italie au nom de son refus de la force. Très sévère pour la SDN, il milite activement au Conseil national pour la paix avec Lord Cecil et Vera Brittain. Désapprouvant l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne, Ponsonby finit par rompre avec son parti en 1940 et il s’associe à Noel-Buxton* pour réclamer des négociations de paix, la réorganisation de la Pologne et de la Tchécoslovaquie sur des bases strictement nationales et l’instauration d’un système de désarmement. De plus en plus isolé, il se retire complètement de la vie politique et meurt en 1946 âgé de soixante-quinze ans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75776, notice PONSONBY Arthur Augustus William Harry, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

ŒUVRE : En plus des écrits cités dans le texte, on peut signaler Democracy and the Control of Foreign Affairs (Démocratie et contrôle des affaires étrangères), Londres, 1912. — Fabehood in Wartime (Londres, 1928), a été traduit et publié à Bruxelles, en 1942, sous le titre Les faussaires à l’œuvre en temps de guerre. — Life Hère and Now (Vivre aujourd’hui), Londres, 1936. — Henry Ponsonby, Londres, 1942.

BIBLIOGRAPHIE : R.W. Lyman, The First Labour Government, 1924, Londres, 1957. — C.A. Cline, Recruits to Labour, Syracuse, 1963. — M. Swartz, The Union of Democratic Control in BritishPoliticsduringthe First World War, Oxford, 1971. —D.MB., 1941-1950. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. VII.

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