PHILLIPS Morgan Walter

Né le 12 juin 1902 à Aberdare, Mid-Glamorganshire, pays de Galles ; mort le 15 janvier 1963 à Londres ; dirigeant travailliste.

Fils de mineur, Morgan Phillips quitte l’école à douze ans pour entrer à la mine où il travaille en surface. Très tôt il commence à s’intéresser aux affaires publiques et à vingt et un ans il est élu secrétaire de la section de Bargoed du parti travailliste ; l’année suivante, en 1924, il préside la section locale de la Fédération des mineurs de Sud-Galles (South Wales Miners’ Federation), et en 1926, il part pour Londres comme boursier du collège ouvrier, le London Labour College. Ces deux ans d’études le détournent du syndicalisme au profit de la politique où il va faire carrière. De 1928 à 1930, on le trouve agent et secrétaire de la section travailliste de West Fulham, puis de celle de Whitechapel. De 1934 à 1937, il fait partie du conseil municipal de Fulham dont il préside la commission des Finances, et où il acquiert une solide expérience de gestion locale.

C’est en 1937 qu’il entre à l’état-major national du Labour ; d’abord chargé de la propagande, il occupe ensuite diverses fonctions administratives ; enfin, en 1944, il succède à J.S. Middleton* au poste de secrétaire général du parti travailliste. Dans cette fonction de haute responsabilité, il fait preuve de grandes qualités de gestionnaire. Il était de règle que le secrétaire général se consacre exclusivement aux tâches administratives et n’ait aucune ambition parlementaire. Cette conception de son rôle satisfait pleinement Phillips qui s’acquitte avec efficacité de sa double tâche : assurer la bonne marche du parti et faire connaître les orientations décidées par la direction.

A partir de 1944, Phillips participe à de nombreuses rencontres internationales et il contribue activement à restaurer l’Internationale socialiste, dont il est président de 1951 à 1957.

C’est en 1955 que Phillips envisage de quitter le secrétariat pour entrer au Parlement, d’autant que ses relations avec Hugh Gaitskell*, le nouveau leader du Labour, ne sont pas des meilleures. Mais alors qu’il cherchait une circonscription sûre, un grave accident de santé survenu en août 1960 interrompt son activité et la section travailliste du Nord-Est du Derby-shire lui préfère finalement un autre candidat. Mal rétabli, Phillips démissionne de son poste de secrétaire général en décembre 1961 et meurt peu après dans sa soixante et unième année. Tenant d’un socialisme modéré, son influence, exercée en coulisse, sur l’appareil du Labour et sur les orientations du parti, a été considérable.

Phillips s’était marié en 1930 et il avait eu un fils et une fille ; cette dernière, Groyneth Dunwoody, a été député travailliste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75769, notice PHILLIPS Morgan Walter, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

BIBLIOGRAPHIE : M. Harrison, Trade Unions and the Labour Party since 1945, Londres, 1960. — D.N. Pritt, The Labour Government, 1945-1951, Londres, 1963. — B. Donoughue et G.W. Jones, Herbert Morrison : Portrait of a Politician, Londres, 1973. — P.M. Williams, Hugh Gaitskell : apolitical biography, Londres, 1979. — Who Was Who, 1961-1970. — Dictionary of National Biography, 1961-1970..

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