ODGER George

Né en 1813 (?) à Roborough, Devonshire ; mort le 4 mars 1877 à Saint-Giles, Middlesex ; dirigeant syndicaliste.

Fils d’un mineur cornouaillais, George Odger n’a que quelques rudiments d’instruction quand il débute comme cordonnier, mais il complète son éducation par de nombreuses lectures le soir. Il mène une vie itinérante avant de se fixer à Londres où il adhère au syndicat des fabricants de chaussures pour dames (West End Ladies’ Shoemakers’ Society). En 1848, il attire l’attention en dénonçant l’inanité de l’opposition ouvrière au développement des machines. En 1859, au moment du lock-out de l’industrie du bâtiment, son union le délègue pour participer à des réunions intersyndicales et il y est vivement applaudi. Avec d’autres responsables du mouvement ouvrier londonien, il contribue à la création, l’année suivante, de la Bourse du Travail de Londres (London Trades Council), dont il est élu président en 1862, puis à la fin de l’année, secrétaire (à ce poste qu’il gardera dix ans, il succède à George Howell*) ; jusqu’à la veille de sa mort il continuera de faire partie du bureau. Odger appartient au groupe des syndicalistes que les Webb* ont qualifié de « junte » (Applegarth*, Coulson*, Allan* et Guile*) et il déploie son activité dans de nombreux domaines ; en particulier il milite pour le suffrage universel. Sa conviction, en effet, c’est qu’il faut agir sur le plan politique si l’on veut améliorer les conditions de travail et de vie des ouvriers, et ses efforts pour obtenir le droit de vote se situent entre les luttes des chartistes dans les années 1830 et 1840 et l’action ultérieure de l’Independent Labour Party à la fin du siècle pour une représentation des ouvriers au Parlement.

Parmi les ouvriers londoniens, la popularité d’Odger est grande. Non seulement il appartient à la Ligue de la Réforme (Reform League) et cherche à éveiller l’intérêt de ses camarades pour l’action politique, mais il est un partisan convaincu de l’organisation internationale des travailleurs. En 1864, il contribue à la création de la Première Internationale à Londres, ce qui renforce sa renommée. L’année suivante, il joue le rôle principal dans la formation de la section de Greenwich de l’Association internationale des travailleurs. Parallèlement il écrit dans l’hebdomadaire Bee-Hive des articles en faveur du suffrage universel, tandis que l’agitation ouvrière pour la réforme électorale bat son plein en 1866. Après le Reform Act de 1867, Odger continue de militer pour une réforme plus démocratique du suffrage, notamment dans le Labour Representation League (créée en 1869). A cinq reprises, il se présente sans succès aux élections législatives (à Chelsea en 1868, Stafford en 1869, Bristol en 1870 et Southwark en 1870 et 1874). Membre du comité parlementaire du TUC, il assiste régulièrement aux réunions annuelles de la Confédération.

Odger s’est toujours beaucoup intéressé au mouvement ouvrier international et il joue un rôle actif en ce domaine. C’est ainsi qu’il appuie les mouvements démocratiques de Mazzini et Garibaldi et s’associe au comité d’accueil de Garibaldi lorsque le leader italien vient à Londres au printemps de 1864 ; il prend parti pour les Nordistes dans la guerre de Sécession, pour la Pologne lors de l’insurrection de 1863 et pour les droits du peuple irlandais.

Odger était un homme droit qui avait su gagner la confiance des ouvriers et aussi du patronat. À l’encontre de la plupart des chefs syndicalistes de son temps, il a toujours refusé l’alliance avec les classes moyennes. Républicain convaincu, il était également partisan de la nationalisation du sol.

Odger meurt âgé de soixante ans environ, laissant une veuve et trois enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75754, notice ODGER George, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

ŒUVRE : Nombreux articles et brochures sur la réforme agraire, l’accession des ouvriers au Parlement et la république.

BIBLIOGRAPHIE : R. Harrison, Before the Socialists, Londres, 1965. — F.M. Levanthal, Respectable Radical : George Howell and Victorian Working Class Politics, Londres, 1971. — W.H. Fraser, Trade Unions and Society : ne Strugglefor Acceptance, 1850-1880, Londres, 1974.

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