GANDIBLEUX Juvenal, Henri.

Par José Gotovitch

Né le 1er mars 1900 à Quaregnon (Hainaut), décédé le 14 janvier 1969 à Bruxelles ; secrétaire de la Centrale révolutionnaire des Mineurs, participe au congrès de l’ISR en 1930, membre du comité central, puis du bureau politique du PCB, député 1936-1939.

Second d’une famille de dix enfants, d’un père mineur socialiste et d’une mère ménagère, Juvénal, appelé Henri Gandibleux termine l’école primaire (dans une autre bio, il indique qu’il n’a suivi que trois années d’études) et devient ouvrier verrier à douze ans. Il sera mineur pendant dix ans puis, pendant sept ans, ouvrier du bâtiment. Militant des Jeunes Gardes Socialistes de 1919 à 1921, il sera pendant six ans membre de la gauche du POB, adhérant quelques mois aux Amis de l’Exploité de Jacquemotte, puis au groupe de La Bataille Socialiste, animé par la gauche marxiste du parti socialiste.

Après une éclipse militante due à un travail itinérant, il retrouva la mine et adhéra au PCB en janvier 1928, (dans une autre bio, il indique 1926), seul de sa section de Jemappes (Hainaut) à ne pas suivre les trotskystes. Membre du Comité central du SRI, militant syndical très actif, il intervint au nom de la délégation belge au Ve congrès de l’ISR en 1930 où il plaida pour le maintien de l’opposition syndicale au sein des syndicats réformistes. Conséquence vraisemblable de son militantisme, son parcours de mineur de fond montre une très grande instabilité d’employeurs successifs jusqu’à son licenciement définitif en 1930. Des témoignages indiquent qu’il fut l’objet non seulement de la hargne et du boycott patronal mais aussi de l’hostilité des mutualités et coopératives socialistes. Animateur des grèves des mineurs au Borinage, il fut arrêté à plusieurs reprises et notamment au cours du grand et violent mouvement de 1932. Il fut alors exclu de la Centrale des Mineurs.

Il entra au Comité Central du PCB en même temps qu’il devenait secrétaire de la Centrale Révolutionnaire des Mineurs. Il fut l’une des figures marquante du fameux film Borinage de Storck-Ivens. Figure populaire et emblématique, il fut élu au Bureau Politique à la conférence d’avril 1935 et les élections de mai 1936 en firent un député. Il intervint à la Chambre quatre fois en trois ans ! Manifestement dépassé par ces multiples fonctions, mais aussi déconsidéré par certains aspects de sa vie privée, il fut alors en butte à l’hostilité de certains de ses camarades borains. Malgré des propositions conciliantes de la direction, notamment celle de partir en Espagne quelques mois, le dossier fut examiné par la commission des cadres de l’IC en février 1937 en présence de Berei et Relecom.

Finalement exclu à la suite de son refus de remettre son indemnité parlementaire, Gandibleux devint, la session parlementaire terminée, maître d’hôtel à Bruxelles et passa la guerre sans contacts politiques. De 1946 à 1950, il fut chef du personnel d’un hôtel de la capitale. Réadmis en octobre 1952,- il était alors veilleur de nuit - il se présente aux élections communales à Lasne Chapelle Saint Lambert, mais n’est pas élu. Il fut encore membre du comité fédéral de Bruxelles et officia, de juin 1954 à sa mort, en qualité de concierge du siège central du PCB. Il avait épousé en secondes noces en 1962, Simone Decot (1918-) qui fut militante communiste et assura avec lui la tâche de concierge du parti. Il eut avec elle une fille qui fut membre des JC et ensuite quelque temps membre du PCB.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75741, notice GANDIBLEUX Juvenal, Henri. par José Gotovitch, version mise en ligne le 6 janvier 2010, dernière modification le 2 décembre 2018.

Par José Gotovitch

SOURCES : RGASPI, 495-10a-153 ; fiches ISR Peter Huber. — CARCOB : Microfilms IML : Profintern, Comité central et Bureau politique. — Dossier CCP. Notice (inédite) établie par Igor Vyvey, ULB, 1984.

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