MORRISON James

Né le 2 juillet 1802 à Newcastle ; mort le 21 août 1835 à Manchester ; disciple d’Owen, syndicaliste.

C’est dans l’atelier de cordonnerie de son père que James Morrison commence à travailler, puis il apprend le métier de peintre en bâtiment, tout en développant des goûts littéraires. Il semble qu’il voyage en Angleterre, travaillant de ville en ville, jusqu’à ce qu’il se fixe à Birmingham au début des années 1830. On lui connaît des opinions radicales et il milite au syndicat de la peinture, branche du Builders’ Union (syndicat des ouvriers du bâtiment) ; il s’engage aussi dans la campagne pour l’abolition du droit de timbre pour la presse. Il s’intéresse à l’éducation populaire et fait de la propagande pour les théories coopératives d’Owen*.

1833 est une année de grande agitation dans le monde ouvrier et de poussée du trade-unionisme. En septembre, Morrison lance le Pioneer, hebdomadaire préconisant un syndicalisme organisé et audacieux. Le journal bénéficie de l’enthousiasme qui entoure l’idée d’une grande organisation syndicale, et au début de 1834, le tirage atteint trente mille numéros. Morrison vient alors éditer le Pioneer à Londres ; bientôt il entre à l’exécutif du syndicat général qui s’est créé sous le nom de Grande union nationale consolidée des métiers (Grand National Consolidated Trades Union) et dont le succès est foudroyant. Cependant, devant la résistance du patronat et la répression gouvernementale, la vague reflue. Si Morrison fait courageusement campagne pour les « martyrs de Tolpuddle », ces six journaliers de Dorchester qui avaient été condamnés à la déportation pour avoir prêté serment dans leur section syndicale, des fissures apparaissent à la tête du mouvement : le disciple s’éloigne du maître, car Owen, qui désapprouve le glissement à gauche de Morrison, continue de prêcher la transformation de la société par des méthodes pacifiques et sans violence. Il reproche en particulier à Morrison de pousser à la lutte des classes et finit par se séparer de lui, en même temps qu’il écarte James E. (Shepherd) Smith, rédacteur en chef de Crisis, le journal owenien, qui tend de plus en plus à reprendre les idées du Pioneer.

À vrai dire ce n’est pas tant ce désaccord qui met fin à la carrière de Morrison, c’est surtout le rapide échec du mouvement syndical. Morrison s’efforce en vain de modifier son journal pour lui donner une plus large audience, Pioneer est condamné et cesse de paraître.

Morrison reprend alors son métier de peintre et meurt subitement à l’âge de trente-trois ans, laissant une veuve et cinq enfants. Après sa mort, sa femme, qui était aussi disciple d’Owen, fait des conférences au service de la cause owenienne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75728, notice MORRISON James, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : La plupart des articles de Morrison ont été publiés dans Pioneer, toutefois il a certainement collaboré anonymement à d’autres publications radicales.

BIBLIOGRAPHIE : W.A. Smith, « Shepherd » Smith the Universalist, Londres, 1892. — J.F.C. Harrison, Robert Owen and the Owenites in Britain and America, Londres, 1969. — J. Saville, « J.E. Smith and the Owenite Movement, 1833-1834 », in S. Pollard & J. Salt eds, Robert Owen : prophet of the poor, Londres, 1971.

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